Les Lowell Mill Girls

10 août 1817

 

               F.C.Lowell

Francis Cabot Lowell était étendu sur son lit, agonisant. Il savait que dans quelques jours, ou quelques heures peut-être, la vie s’éteindrait en lui. Il trouvait cela particulièrement injuste car il n’avait que 42 ans et encore tant de projets qui n’aboutiraient pas, ou du moins, pas réellement comme il le souhaitait. Comment quitter ce monde sans avoir peur pour le devenir de l’entreprise qu’il avait créée, comment être sûr que ses associés, les Boston Associates, perpétuent leur vision commune de la Boston Manufacturing Compagny?  F.C. Lowell avait tant oeuvré pour améliorer l’industrie textile mais aussi les conditions de ses ouvrières qu’il redoutait de partir si jeune sans avoir eu suffisamment de temps pour savourer le succès de sa conception de l’industrie textile. Il avait mis au point un processus de fabrication efficace qu’il voulait différent de celui de Grande-Bretagne, très dur vis-à-vis du monde ouvrier. Ayant une grande foi dans les habitants de Nouvelle-Angleterre, il avait fait construire un premier moulin à côté de la rivière Charles, à Waltham, dans le Massachusetts, trois ans plus tôt. Le système Waltham-Lowell était révolutionnaire et sans précédent, combinant dans un même lieu la filature et le tissage des textiles, ce qui permettait une réelle efficacité.

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Quant aux Lowell Mill Girls, ses ouvrières,  il avait tenu à les payer en espèces régulièrement toutes les semaines.  Il avait refusé d’embaucher des enfants mais uniquement des jeunes femmes de 15 à 35 ans, célibataires et  logées dans des dortoirs appartenant à l’entreprise. Il se chargeait de leur offrir des opportunités éducatives au travers de cours mais aussi de services religieux. Ces jeunes femmes, également appelées les filles du moulin, étaient encouragées à s’instruire et à poursuivre des activités intellectuelles. Elles avaient accès à des bibliothèques et avaient assisté à des conférences gratuites de Ralph Waldo Emerson*, mais aussi de John Quincy Adams,  6ème président des Etats-Unis, qui promouvait l’éducation. Francis Cabot Lowell, de tout le peu de force qu’il possédait encore, espérait qu’il n’avait pas fait tout cela en vain.

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La Boston Manufacturing Company, vers 1815, Wikipédia

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Lorsque son épouse rentra dans la chambre quelques instants plus tard  et vint caresser sa main, il tourna faiblement son regard vers elle puis poussa un dernier soupir avant de s’éteindre.

 

 

29 juillet 2019

Bibliothèque de Lowell

Georgia parcourait les allées de la bibliothèque de Lowell depuis quelques  minutes, cherchant un livre qui retranscrirait bien la vie des filles du moulin. La bibliothécaire s’approcha d’elle et lui proposa son aide, une aide si précieuse car elle lui mit entre les mains une copie du journal de Virginie Cooper, Lowell Mill Girl née en 1793 et qui avait travaillé durant plusieurs décennies pour la manufacture, d’abord en tant qu’ouvrière puis en tant que surveillante dans les dortoirs. Cette femme avait toujours été appréciée par la direction pour son adaptation et sa diplomatie et elle accepta l’opportunité de rester au sein de la Boston Manufacturing Compagny, après de nombreuses années de travail à l’usine, en tant que matrone désormais.

S’installant dans un fauteuil confortable  près d’une fenêtre pour feuilleter le livre quelques instants, Georgia plongea dans le journal de Virginie sans voir le temps s’égrener rapidement.

 

« Cher journal,                                                                                                                                                            14 décembre 1816

Voilà plus de deux ans que je travaille au moulin et déjà 3 ans que papa est mort. Je suis satisfaite d’avoir trouvé cet emploi car chaque mois, je peux donner un peu d’argent à maman pour que ma soeur et mon frère mangent à leur faim. Je ne crois pas m’être sacrifiée en venant travailler ici. Cela a permis à maman, aidée aux travaux des champs par Lucie et Tom, de garder la ferme après la mort de notre père. Quant à moi, j’ai pu apprendre à lire et à écrire et lorsque j’ai une demi-journée  de repos, je rentre à la ferme pour aider et enseigner l’alphabet et le calcul à toute la famille, même à ma mère, qui s’y entend mieux aujourd’hui pour gérer le budget. Maintenant qu’elle sait compter, maman ne se laisse plus avoir par Mme Harrison quand elle va dans sa boutique pour lui proposer les produits de notre ferme. Ce travail a changé nos vies car sans lui, nous serions certainement tombés dans la misère. Malgré l’aide des voisins, maman n’aurait pas pu tenir très longtemps ainsi. Il faut reconnaître qu’ici, nous sommes mieux payées que dans d’autres usines et quand M. Lowell vient nous inspecter, il est toujours gentil et souriant, un homme bon.

Mon amie de toujours Susan m’a rejointe pour travailler au moulin et je me suis entendue avec mes camarades pour qu’elle soit dans la même chambrée que la mienne. Nous passons de bons moments le soir dans nos dortoirs, d’autant que Susan est une conteuse incroyable. Dès que la matrone a le dos tourné, elle nous raconte des histoires qui nous font frissonner avant de nous endormir et nous cachons nos cris d’épouvante sous nos couvertures pour ne pas nous faire surprendre par la surveillante après 22h. »

« Cher journal,                                                                                                                                      11 août 1817

Notre si bon M.Lowell  est mort d’une pneumonie hier. Nous sommes toutes stupéfaites et inquiètes de notre devenir… »

 

à mardi prochain pour la suite…

Natacha Ramora

                              

 

* Ralph Waldo Emerson : essayiste, philosophe et poète, chef de file du mouvement transcendantaliste  (mouvement littéraire, spirituel, culturel et philosophique qui a émergé aux États-Unis, en Nouvelle-Angleterre, dans la première moitié du XIXe siècle. Une des croyances fondamentales des transcendantalistes était la bonté inhérente des humains et de la nature. Ils croyaient aussi que la société et ses institutions — particulièrement les institutions religieuses et les partis politiques — corrompaient la pureté de l’humain, et qu’une véritable communauté ne pouvait être formée qu’à partir d’individus autonomes et indépendants – source Wikipédia).

 

 

Lowell, Massachusetts, The New England Quilt Museum

Lors de mon dernier voyage aux USA, il y aura bientôt quatre ans, nous avons séjourné quelques jours en Nouvelle-Angleterre, Etat que j’avais très envie de connaître et qui ne m’a pas déçue. Sur les conseils de Murielle Duval, qui tenait le blog « Les fils de soie », nous nous sommes rendus à Lowell, dans le Massachusetts où il y avait un beau musée de quilts. Nous avons donc  visité le New England Quilt Museum, géré par une petite équipe sympathique de dames, probablement toutes quilteuses et souhaitant faire vivre leur héritage de ville industrielle spécialisée dans le textile.

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Nous avons pu admirer quelques beaux ouvrages dont une collection éphémère mettant en scène des présidents américains célèbres. C’était une époque où un certain milliardaire geek n’était pas encore à la Maison blanche.

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Après cette petite petite visite, nous allions reprendre l’interstate  495 en direction de Old Orchard Beach quand un imposant  bâtiment à la sortie de Lowell a attiré mon attention, il s’agissait de L’ American Textile History Museum. J’avais certainement mal compris ce que m’avait expliqué Murielle.

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American Textile History Museum. Source : Facebook

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Il était hélas trop tard pour faire marche arrière, mais ma curiosité était piquée et lorsque je suis rentrée en France, j’ai entamé quelques recherches pour savoir que représentait ce Museum. C’est un infime pan de l’histoire industrielle du textile américain que j’ai découvert grâce à ma prospection et notamment l’histoire des Lowell Mill Girls ou les filles du moulin, des ouvrières du textile qui se battirent courageusement pour leurs droits dans une époque où la voix de la femme n’était pas entendue. 

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Mill girls at Lowell, weebly.com

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En 1814, l’entrepreneur Françis Cabot Lowell créa la Boston Manufacturing Compagny et installa son usine textile sur la Charles River à Waltham – Massachusetts- avec un concept innovant car, pour la première fois, le coton brut était transformé en vêtement dans un seul et même bâtiment.  La manufacture fut ainsi la première usine textile intégrée aux Etats-Unis.

Francis Cabot Lowell n’eut malheureusement pas le temps de profiter de ce succès puisqu’il mourut 3 ans plus tard. Bien que discriminatoire et paternaliste par rapport aux normes actuelles, F.C. Lowell était pourtant considéré comme révolutionnaire à son époque. Désirant vous préparer un article retraçant l’histoire et le quotidien des filles du moulin, je me suis dit que ce serait plus agréable de le faire de manière ludique. De plus, comme vous avez eu l’air d’apprécier, pour la majorité d’entre vous, ma nouvelle postée il y a quelques semaines « L’homme au feutre vert », c’est sous forme de nouvelles que je souhaite vous parler des Lowell Mills girls et du devenir de cette manufacture. Mes trois ou quatre prochains articles à venir, publiés chaque semaine à partir du 7 juillet, évoqueront donc leur histoire, un genre de saga de l’été en quelque sorte. J’espère que cette façon originale de vous parler textile et revendications vous plaira.

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A très bientôt donc et prenez bien soin de vous et de vos proches,

N@tacha Ramora

La vie reprend son cours…

Il y a quelques semaines, je vous montrais quelques ouvrages terminés ainsi que mes encours.  J’avoue que je n’ai pas beaucoup avancé, très occupée tout d’abord par la fabrication de masques, comme nombre d’entre vous, mais aussi par la vie qui reprend ses droits. Mais malgré tout, j’ai pu terminer ma housse de machine à coudre et j’en suis plutôt contente car le rendu est joli, même si la qualité de la photo est très moche et je m’en excuse.  J’ai suivi les explications du livre de Sabine Ptitboutdfil.

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et donc, le tissu au style amérindien ci-dessous, que j’ai matelassé au préalable :

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est devenu cette jolie housse de machine à coudre :

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J’espère que chacune et chacun de vous aura pu reprendre une vie à peu près normale. Pour ma part, hormis, le fait de mettre un masque lorsque je vais faire des courses et de devoir trouver des solutions pour ma fille cadette qui n’a cours que deux jours par semaine, j’avoue que ce vilain virus qui a fait tant de dégâts occupe moins mon esprit. Même si j’ai dû remettre à plus tard beaucoup de mes projets, j’ai eu la chance de ne pas avoir de proche atteint par la maladie et il vrai que là où je vis, nous ressentons moins les effets de nombreuses règles à respecter : peu de transports en commun et des centres commerciaux à échelle humaine où le port du masque reste obligatoire, bien sûr.

Pourtant, cette parenthèse confinée a laissé des traces en chacun de nous et il ne nous faudra pas perdre de vue cet épisode pour en tirer les enseignements, tout comme les méfaits mais aussi les bienfaits pour la planète.

Je vous souhaite à tous de reprendre le cours de vos vies le plus normalement possible, même si je me doute bien que pour certains, les choses ne seront plus jamais comme avant.

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Prenez soin de vous,

à très vite.

N@tacha Ramora

 

 

 

Quiche à la roquette et au jambon cru pour fêter le déconfinement!

 

Le temps du déconfinement est enfin là et chacun et chacune de nous reprend peu à peu  le cours de sa vie. Pourtant, il nous faut éviter désormais et  jusqu’à nouvel ordre, les embrassades et les poignées de main. Malgré cette distanciation sociale, on sent que par chez nous, les gens sont heureux de pouvoir sortir à nouveau longuement pour de grandes balades.

Mercredi dernier, j’ai profité d’une accalmie entre deux averses pour aller faire une longue promenade à vélo le long de la Saône et, chose rare, les gens se saluaient et se souriaient, échangeaient parfois quelques mots, tout à leur bonheur de pouvoir flâner longuement. J’espère que ce changement bénéfique durera dans le temps, savoir apprécier la douceur du quotidien. Nombre d’entre nous allons pouvoir revoir nos proches, ceux qui habitent à moins de 100 kms. Je vous souhaite donc de belles retrouvailles et, tout en respectant les gestes barrières, de profiter pleinement de toutes ces personnes qui vont ont manqué. Je vous propose une petite recette printanière voire estivale à déguster avec vos proches retrouvés.

 

Quiche à la roquette et au jambon cru

Ingrédients

– 1 pâte feuilletée

– 200 g de roquette

– 50 g de beurre

– 2 échalotes

– 150 g de jambon cru

– 60 g de parmesan (ou 100 g fromage chèvre frais)

– 2 dl de crème fraîche

– 2 dl de lait

– 2 oeufs

– Sel, poivre

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Préchauffez le four à 210 °C pendant 10 minutes. Coupez grossièrement la roquette. Faites revenir dans le beurre les échalotes coupées finement. Ajoutez la roquette en veillant à ne pas la cuire entièrement pour la garder croquante.

Déroulez la pâte feuilletée dans un moule avec sa feuille de cuisson. Piquez le fond à la fourchette. Découpez le jambon cru en larges rubans. Disposez le mélange de roquette et d’échalotes puis le jambon sur le fond de tarte. Saupoudrez de parmesan ou rajoutez le fromage de chèvre selon goût.

Mélangez la crème fraîche, les oeufs et le lait. Salez, poivrez.

Versez la préparation sur la pâte, enfournez pendant 25 à 30 minutes à 210 ° (th7).

Régalez-vous !

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Tout comme vous, je vais reprendre le cours de ma vie et, par conséquent, le rythme du blog, les premiers et troisièmes mardis du mois.

A bientôt pour un nouvel article, en attendant, prenez bien soin de vous!

 

N@tacha Ramora

« L’homme au feutre vert » , suite

Je compris très vite que Léonie n’était pas une vieille dame qui perdait la tête, elle me parut au contraire très lucide. Mes questions s’enchaînèrent rapidement et elle répondit à chacune d’elles avec précision. C’est ainsi que j’appris le drame qui se déroula, dix ans plus tôt, chez les premiers propriétaires de la maison, une couple d’une soixante d’années à l’époque, Babette et Pierre.

Babette venait de déclarer quelques temps plus tôt un alzheimer et avec son époux, ils avaient mis en place peu à peu des solutions pour parer à sa mémoire défaillante. Mais jamais ils n’envisagèrent de vendre la maison et c’est ce qui causa leur perte. Un jour que Pierre avait dû s’absenter pour une course urgente, il oublia de verrouiller la baie vitrée donnant accès à la terrasse. Lorsqu’il rentra une heure plus tard, le drame s’était produit. Il trouva sa femme flottant au bord de la rive, morte noyée. Il ne sut jamais ce qu’il s’était réellement passé, elle avait probablement été prise de panique lors d’une perte de mémoire et avait glissé dans le petit escalier de bois menant à la berge. Pierre ne se remit jamais de cette tragédie. Il mourut quelques années plus tard d’une crise cardiaque tandis qu’il péchait sur le lac qui lui avait ôté la vie de sa femme, habillé de son imperméable, de ses grandes bottes et de son chapeau de feutre vert. Léonie m’expliqua que le pauvre homme se sentait responsable de cet accident, qu’il n’aurait jamais dû laisser sa femme seule et elle me certifia avoir déjà vu son fantôme errer près de la rive. Selon elle, la solution était effectivement de faire venir un professionnel pour chasser à tout jamais ce revenant et elle m’indiqua une personne qui pourrait me donner une bonne adresse. J’appris également que la maison était restée inhabitée quelques années avant d’être rachetée pour les propriétaires auprès de qui nous l’avions acquise. Ces derniers avaient cherché à vendre dès les premières manifestations paranormales. Elle termina en me serrant dans ses bras et en me disant que tout finirait par rentrer dans l’ordre.

Je rentrais chez moi très bouleversée par ses propos et j’expliquais tout à Samuel qui hésitait entre douter de Léonie ou croire en son récit. Nous laissâmes encore passer quelques jours avant de nous décider à chercher de l’aide auprès d’un chasseur de fantômes. Il arriva par une matinée de fin d’automne ensoleillée et nous fûmes surprit de voir que malgré son nom à consonance occidentale, il s’agissait en fait d’un chamane amérindien à la chevelure noir de jais et au nez busqué. Il nous demanda de le laisser seul puis il fit brûler de la sauge séchée et procéda à des incantations tandis que nous partîmes nous promener afin de nous changer les idées. A la fin de cette étrange séance, le chamane nous assura que le travail était terminé et que l’esprit avait désormais quitté les lieux. Nous le remerciâmes chaleureusement pour son aide et nous sentîmes soulagés de cette intervention. Toutefois, les premiers jours, nous étions attentifs à tous phénomènes inhabituels. Mais plus rien ne vint pertuber la quiétude de notre maison sur le lac et peu à peu, nous oubliâmes cet épisode déconcertant. La vie reprit son cours et je me rendis régulièrement chez Léonie pour prendre un thé ou demander quelques boutures.

Aux beaux jours, je revins m’installer avec plaisir sur ma terrasse avec ma tasse de café fumante et je contemplais le lac dont rien ne venait troubler le calme. La belle saison s’écoula paisiblement apportant les joies de la baignade et des repas pris à la lueur des étoiles et des chants de grillons, toute la famille ayant retrouvé le chemin de la maison. Lorsque l’été toucha à sa fin, chacun repartit vers sa vie citadine tandis que Samuel et moi retrouvions un calme appréciable. Je prenais le temps de m’allonger sur un transat certains après-midis pour lire un moment alors que les prémices de l’automne s’annonçaient. Un jour que je levais les yeux de mon bouquin pour faire une pause dans un chapitre haletant afin de scruter le lac, je le vis à nouveau, l’homme au feutre vert, il m’observait d’un air malveillant…

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The end…

 

« L’homme au feutre vert »

Avant-propos : Pour cette semaine, je vous avais promis un moment d’évasion, un temps en dehors de l’actualité et de nos tissus et bobines.

Depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours aimé écrire et j’ai parfois tenté d’envoyer des nouvelles chez des éditeurs, sans succès. J’ai composé ce texte-ci, l’an dernier,  afin de participer aux concours de nouvelles de mon centre de formation par correspondance en journalisme (le CNFDI). Il n’a pas gagné le prix convoité mais je me suis beaucoup amusée en l’écrivant. Le thème était libre, le seul impératif étant de commencer par ces mots là : » A cet instant, je sus que cette journée ne serait plus jamais comme les autres… ». Et vous, qu’auriez vous imaginé comme thème avec cette simple phrasee serai curieuse de connaître vos idées respectives en commentaire.

Je tiens à remercier mes amies et correctrices d’un jour : Marie Drevet, Corinne Arribat ainsi que ma maman, Michèle Mondet.

Bonne lecture !

L’homme au

feutre vert

A cet instant, je sus que cette journée ne serait plus jamais comme les autres. Rien ne me parut suspect pourtant. Comme d’habitude, dès le réveil, je dégustais mon premier café et admirais par la baie vitrée que j’entrouvis légèrement, le lever de soleil. La journée s’annonçait belle, le ciel était clair et la température serait probablement clémente. Ce matin-là je n’avais pas allumé la télé pour laisser tourner les infos en boucle, je préférais profiter de la douceur de l’instant. Tout le monde avait déserté la maison, mon mari était parti en déplacement pour encore quelques jours et notre petite dernière avait rejoint son université et sa résidence étudiante pour plusieurs semaines. Je sortis un instant sur la terrasse en bois qui surplombait le lac avec ma tasse de café fumante et j’admirais l’eau calme et les arbres qui revêtaient peu à peu leur manteau automnal. Rien ne pouvait troubler cet instant de sérénité et un échassier vint se poser sur l’étendue ondoyante.

C’est alors que je l’aperçus pour la première fois, cet homme habillé de vert kaki de la tête au pied : un long imperméable, de grandes bottes et un chapeau de feutre. Il se tenait sur l’autre rive et m’observait avec insistance. Je me sentis mal à l’aise et je remontais le col de mon pull châle tandis qu’une sensation de froid m’envahissait. Pour conjurer ce sentiment, je lui adressai un signe amical de la main, il n’y répondit pas et disparut dans les sous-bois. Je restais interdite quelques secondes puis je rentrais en refermant la porte coulissante derrière moi. Je passais dans la chambre où je fis mon lit bien net avec foison d’oreillers douillets, comme j’aimais le retrouver le soir et je déposais mes vêtements prêts. Je pris une douche brûlante et revint dans la chambre pour m’habiller, enveloppée dans ma serviette de bains. L’épisode de l’inconnu du lac m’était déjà sorti de l’esprit et j’étais à nouveau sereine. En rentrant dans la pièce, je trouvais mes habits en désordre, comme si quelqu’un avait fouillé dans mes affaires. Le sentiment de malaise me reprit, j’avais du mal à analyser ce qu’il se passait et je refusais de laisser s’insinuer en moi les vieilles croyances de ma voisine Léonie que tout le monde pensait pertubée.

Lorsque Samuel et moi avions visité la maison pour la première fois il y a quelques mois, nous avions eu un vrai coup de cœur, lui pour son aspect moderne et moi pour son agencement : une grande pièce à vivre s’ouvrant sur une terrasse en bois dominant le lac si paisible. Malgré l’insistance de l’agent immobilier, nous avons attendu quelques jours avant de signer le compromis. Nous souhaitions d’abord découvrir l’environnement et faire la connaissance des voisins. Nous étions à la recherche d’un lieu calme, sans nuisance sonore et proche de la nature mais avec des commerces à proximité, cependant il s’agissait pour nous d’un second achat et ne voulions pas nous tromper.

La maison voisine la plus près de la nôtre se trouvait à 500 mètres et il s’agissait d’une vieille dame qui ne nous importunerait probablement pas. Nous allâmes à sa rencontre et la trouvâmes accroupie dans son jardin en train de replanter des fleurs et de parler toute seule. Lorsqu’elle nous aperçut, elle se reprit et s’approcha de nous. Elle devait se douter que nous envisagions d’acheter la maison d’à côté et se trouvait prête à répondre à nos questions, questions qu’elle anticipa souvent. Elle ne mit pas longtemps, après avoir vanté la beauté de la bâtisse et la gentillesse des propriétaires actuels, de nous expliquer pourquoi ils souhaitaient vendre rapidement. Elle nous parla des phénomènes curieux qui se produisaient chaque automne, des objets soigneusement rangés et retrouvés à terre quelques instants plus tard, des bruits suspects tels des chuchotements dans la maison silencieuse, des lampes qui se rallumaient comme par enchantement après avoir été éteintes. Samuel et moi échangeâmes un regard discret, il ne faisait aucun doute que cette vieille dame n’avait pas toute sa tête et avait un côté attendrissant. Nous ne la prîmes donc pas au sérieux et après des échanges bienveillants avec elle et un tour de reconnaissance dans le centre-ville quelques kilomètres plus loin, nous décidions d’acheter la maison.

Rien d’anormal ne se passa ensuite et cette histoire ne devint pour nous qu’une hallucination de vieille femme. Mais à présent que je venais de constater le désordre dans mes vêtements, tout me revint en mémoire et je sus à cet instant là que cette journée ne serait plus jamais comme les autres car elle serait empreinte d’une angoisse qui allait faire son chemin dans les heures et les jours qui suivraient. Je partis travailler en fermant à double tour non sans avoir vérifié que toutes les portes et fenêtres étaient verrouillées. En chemin, je me demandai comment aborder le sujet avec Samuel, il penserait probablement que je plaisantais et ne me prendrait pas au sérieux. Il me faudrait attendre une nouvelle manifestation. Prise par mon travail toute la journée, je me concentrais sur mes missions. La soirée fut agréable car Samuel rentra tôt et alluma un feu de cheminée, la fraîcheur du soir tombant peu à peu sur le lac ; puis il nous prépara un bon repas et je jugeai que le moment était mal choisi. L’occasion se présenta quelques jours plus tard et mon mari ne put que se rendre à l’évidence. Nous nous baladions autour du lac lorsque nous aperçûmes l’homme au feutre vert sur une rive, le temps que nous échangions un regard mon époux et moi, l’homme avait disparu. Je sentis Samuel un peu surprit mais il ne dit rien. De retour à la maison, nous trouvâmes toutes les lumières allumées et le son de la radio poussé à fond. Comme nous étions sortis ensemble de chez nous et avait lui-même fermé la porte à clé derrière nous, il ne pût que reconnaître l’existence de phénomènes particuliers que nous n’osions pas encore qualifier de paranormaux. Il ne décrocha plus un mot durant de longues heures et s’enferma dans son mutisme et sa réflexion. Je le laissais tranquille, je savais qu’il reviendrait vers moi pour que nous trouvions une solution ensemble.

Dans les jours qui suivirent, il y eut de nombreuses manifestations : notre vieille collection de 33 tours éparpillée sur l’étagère, la porte du congélateur ouverte, la télé allumée sur une chaîne pour enfants ou encore la chambre de notre fille entièrement chamboulée alors que je l’avais moi-même rangée après son départ. Tous ces événements nous obligèrent à nous rendre à l’évidence et à parler enfin ouvertement de ce qu’il se passait dans notre si belle bâtisse, elle était bel et bien hantée ! Nous commençâmes à nous documenter sur le sujet, le but étant de trouver une solution pour faire partir cet habitant dérangeant. Il nous fallait donc comprendre ce qu’il avait pu se passer dans cette maison puis trouver une personne capable de nous débarrasser de ce fantôme. Il était délicat d’interroger les villageois sur les précédents propriétaires sans attirer l’attention alors que nous aimions tant la discrétion. C’est ainsi que je décidais de retourner voir Léonie pour tenter de saisir les évènements déclencheurs de ces phénomènes déroutants. Comme la première fois, elle était accroupie auprès d’un massif fleuri en train de jardiner. Elle releva la tête en entendant mes pas sur le gravier et ne fut nullement surprise de me voir. Je perçus même un petit sourire narquois passer furtivement sur son visage tandis que j’engageais la conversation sur un ton badin:

« – Bonjour Léonie, vos dahlias sont superbes pour la saison !

– Ho ! Mais c’est ma nouvelle voisine ! Bonjour ma petite, je vous demande pardon, je ne me  souviens plus de votre prénom, me répondit-elle d’un air interrogatif.

– Je me nomme Rachel.

– Oui en effet, cela me revient à présent. Je m’excuse, parfois ma mémoire me joue de vilains tours. Alors Rachel, êtes-vous bien installée ?

– Eh bien oui…enfin…je veux dire…dans l’ensemble oui…

– Je vois ! Vous m’avez l’air bien hésitante. Il est revenu n’est-ce pas ?

– Qui donc ?

– L’homme au chapeau vert voyons ! » me rétorqua-t’elle. Je restais abasourdie par ses propos. Elle l’avait donc vu elle aussi, je n’étais pas la seule à connaître son existence.

« -Venez prendre un thé Rachel, je pense que nous devons parler vous et moi ». Je compris très vite que Léonie n’était pas une vieille dame qui perdait la tête, elle me parut au contraire très lucide. Mes questions s’enchaînèrent rapidement et elle répondit à chacune d’elles avec précision. C’est ainsi que j’appris le drame qui se déroula, dix ans plus tôt, chez les premiers propriétaires de la maison, une couple d’une soixante d’années à l’époque, Babette et Pierre.

A suivre….
mardi prochain 😉
Natacha Ramora

 

 

Remplacer le manque d’élastique et un peu d’humour

Lors de mon dernier article ainsi qu’en communiquant  avec mes copines de patch, je me suis rendue compte qu’encore nombre d’entre vous ne connaissait pas l’astuce qui circule sur internet pour remplacer le manque flagrant d’élastiques qui se fait se sentir sur la confection de masques. Je la remets donc une nouvelle fois ici pour celles d’entre vous qui l’auraient loupé la dernière fois.

Voici une formidable astuce vue sur le net que je partage avec vous si vous ne l’avez pas encore. Récupérez une vieille paire de collants, découpez chaque jambe en de nombreux tronçons et étirez-les pour en faire des élastiques! Le tour est joué!

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Lors du déconfinement, il serait bien que chacun puisse avoir son masque pour tenter d’enrayer cette horrible pandémie. Beaucoup de couturières et de quilteuses s’activent, souvent bénévolement,  pour fournir des masques en tissu pour dépanner leurs proches,  les communes, les C.H.U. C’est là aussi un très bel élan de solidarité et je crois que nous pouvons également applaudir toutes ces initiatives qui voient le jour.

Mais il y a ceux qui n’ont pas la chance d’avoir autour d’eux une personne suffisamment habile de ses mains pour en confectionner et, pris dans cette vilaine panique que déclenche le Covid-19, certains rivalisent d’ingéniosité, ou d’humour, pour en trouver des très originaux, pas toujours efficaces malheureusement. Tentons de sourire de la situation et redoublons d’efforts pour faire bénéficier nos proches de nos talents 😉

 

 

Photo La dépèche.fr

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Photo : Twiter  

« Initialement conçu pour l’observation des fonds marins, le masque Easybreath de Decathlon a fait irruption, depuis quelques semaines, dans la panoplie de certaines équipes de soignants pour contourner la pénurie de masque de protection ». Source : Sud-Ouest.fr

 

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Source Twitter

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Source : Twitter

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Source : Twitter

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Source : Twitter Espagne

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« Face à l’épidémie de coronavirus et ses dérives, l’artiste germano-namibien basé à Londres, Max Siedentopf, a créé une série de masques à la fois insolite et provocatrice. Légume, sac de course, sous-vêtement… Tous ces objets du quotidien remplacent les habituels masques de protection médicaux. » , source : Le petit journal.com

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Je vous donne rendez-vous mardi prochain pour un petit moment d’évasion.

Prenez soin de vous,

N@tacha Ramora.

Cuisine confinement avec vos enfants : Gaufres salées tomates/mozza

Le confinement va durer encore presque un mois,  il nous faut continuer de prendre notre mal en patience et occuper nos enfants et parfois nos petits enfants!

Aujourd’hui je vous propose donc une recette originale qui ravira les petits gourmands et qui est sympathique à réaliser avec vos bambins! Prêts?  A vos fourneaux messieurs-dames!

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Ingrédients :

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– un appareil à gaufres,

– 2 pâtes feuilletées pour 4 gaufres,

– sauce tomate (de préférence faite maison 😉 ),

– 2 boules de mozzarella,

– basilic (facultatif).

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Selon la puissance de votre appareil à gaufres, il sera peut-être nécessaire de les remettre quelques minutes au four pour terminer la cuisson, ce qui est le cas chez nous.

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préparation

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Faites préchauffer votre appareil à gaufres ainsi que votre four à 180° (chaleur tournante). Déroulez vos pâtes feuilletées et dans chacune d’elles, découpez 2 grands rectangles qui s’adaptent à la largeur de votre appareil. Réservez vos chutes de pâtes pour une autre utilisation (des minis chaussons aux pommes par exemple).

Placez un rectangle de pâte dans votre appareil, recouvrez de sauce tomates, de mozzarella, éventuellement de basilic selon goût et enfin, d’un second rectangle de pâte. Faites cuire votre gaufre le temps nécessaire et repassez au four si besoin!

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Etalez votre 1er rectangle de pâte et recouvrez de sauce tomates et de mozza

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Etendre votre second rectangle de pâte par-dessus

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Refermez votre appareil et ôtez le reste de pâte qui dépasse

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Remettez au four quelques instants si besoin

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Dégustez! Idéal avec une bonne salade verte!

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Régalez-vous !

 

 

astuce du jour

Comme nombreuses d’entre vous,  je confectionne des masques en tissu pour mes proches mais je manque d’élastique, introuvable  chez moi aussi. Voici une formidable astuce vue sur le net que je partage avec vous si vous ne l’avez pas encore. Récupérez une vieille paire de collants, découpez chaque jambe en de nombreux tronçons et étirez-les pour en faire des élastiques! Le tour est joué!

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Prenez soin de vous

et à mardi prochain.

 

N@tacha Ramora

Les encours, les ouvrages terminés et ceux à venir….

Cette année, voilà exactement 10 ans que j’ai débuté le patchwork, en poussant, par un beau samedi de printemps, la porte de l’Atelier des abécédaires au 34 rue des Remparts d’Ainay. J’y ai appris les bases de l’appliqué, mon premier choix pour débuter, détournant gentiment les conseils de notre professeur émérite, Jacqueline Morel, qui me conseillait d’apprendre d’abord le Piécé. Je garde d’elle un souvenir ému, sa simplicité et nos discussions toutes ensembles des petits tracas du quotidien. Je n’avais pas compris à l’époque, étant totalement novice, que j’avais face à moi une grande dame du patchwork!

 

Aujourd’hui, alors que nous sommes tous confinés chez nous, je suis profondément heureuse d’avoir pour passion le patchwork car, contrairement à d’autres personnes, je ne m’ennuie pas, toujours un ouvrage en cours! Un peu de ménage, de cuisine, de lecture, de confection de masques pour mes proches et beaucoup de patch, cela rythme bien mes journées les semaines où je n’ai pas ma cadette. Je sais que, comme moi, vous travaillez beaucoup sur vos ouvrages actuellement et certaines d’entre vous suivent assidûment des challenges pour rester en contact, de beaux défis qui font du bien!

 

De mon côté, j’avance rapidement et cela me réjouit, je tâche de continuer à voir les bonnes choses malgré le chaos qui règne dehors. Voici les tous les ouvrages confectionnés  ou en cours, certains terminés pendant la longue pause de mon blog ou durant le confinement.

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les ouvrages terminés

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rag quilt

Cadeau de Noël pour ma nièce Mathilde, Rag quilt (ici plié en deux) confectionné et quilté entièrement à la machine, une jeune femme heureuse !

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jelly rolls

Le couvre-lit de ma fille ainée Fanette, débuté il y a deux ans avec des Jellys Rolls Batiks, terminé pendant le confinement

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Le quilting avec du coton perlé : soleil central (difficile de le distinguer sur la photo hélas) et des dizaines d’étoiles entre chaque rayon

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L’aide précieuse de copines du club de patch pour la mise en sandwich, Laetitia (debout) et Chantal (assise)

 

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Réparation  de fortune des mes rideaux

J’ai une petite minette qui adore se suspendre à mes rideaux dès qu’une mouche vient la narguer à la fenêtre. J’ai trouvé une astuce pour ne pas avoir à remplacé mes rideaux tous les 6 mois….

 

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les encours

 

confection d’une housse

de machine à coudre

Modèle pris dans le livre « Un petit bout de fil » de la créatrice Sabine P’tit Bout de fil et les tissus choisis

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Matelassage à la machine en cours

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Matelassage et confort approuvés par Melle Nessie, « Déchiqueteuse de rideaux »

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l’ouvrage du club à confectionner

selon nos envies

Ouvrage issu du magazine « Les nouvelles » de France Patchwork

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Mon propre choix de tissu, fond noir et couleurs flashys pour un ouvrage moderne.

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les ouvrages à venir

 

Dès les encours terminés, je me lancerai dans le modèle en couverture que j’espère transformer en nappe de pique-nique à enrouler et lier comme une rabane….

 

 

De quoi occuper encore ces longues heures

de confinement !

Bon patch à toutes!

N@tacha

 

« The Negro Motorist Green Book »

 

« The flag is bleeding », Quilt de Faith Ringgold, 1967

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Etats-Unis : période de 1876 à 1965, Lois Jim Crow :

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Alabama : « Il est illégal de diriger un restaurant ou autre lieu servant de la nourriture où des personnes blanches et colorées sont servies dans la même pièce à moins que ces personnes ne soient séparées par une cloison pleine ».

Colorado : « Tous les spectacles de cirque et de tente doivent fournir des entrées séparées pour les clients blancs et noirs ». 

Floride : Métissage – « Les mariages avec un nègre, un mûlatre ou toute autre personne avec un huitième de sang nègre seront punis. Sanction : emprisonnement à dix ans ou une amende maximale de 1 000 dollars. »

Louisiane : « Les installations publiques pour adultes,  y compris les restaurants, les hôtels, les boîtes de nuit et les cimetières seront strictement séparées entre race blanche et noire, tout comme les installations publiques pour enfants telles que les parcs d’attraction, les aires de jeux et les écoles. »

Terrifiant n’est-ce pas? Révoltant également! Les adjectifs ne manqueraient pas pour évoquer cette période tristement célèbre des Etats-Unis, une époque où les gens de couleur n’étaient pas  ou peu considérés et bien malmenés. Les noirs n’étaient pas autorisés à fréquenter la plupart des  commerces, hôtels, restaurants et  nombreux autres lieux. Certaines villes pratiquaient même un couvre-feu vis-à-vis d’eux.

Malgré la pauvreté et la discrimination, une classe moyenne commença à émerger. Pour  celle-ci, l’achat d’une voiture permettait de ne pas être victime de ségrégation dans les transports en commun.  Car ces personnes avaient envie de vivre comme tout le monde, bien évidemment! Travailler, danser, se réunir dans un restaurant autour d’un bon repas, aller chez le coiffeur…

Mais comment pouvoir faire ces choses si simples sans se faire rejeter, souvent violemment, par les blancs? Comment vivre une vie normale sans être victime de racisme?

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.Victor Hugo Green a l’idée de concevoir un guide destiné à cette classe sociale émergente qui désire voyager à travers les Etats-Unis pour l’agrément ou professionnellement.

 

Né en 1892, il est postier pour l’United States Postal Service et vit dans le quartier de Harlem, au nord de Manhattan où le mouvement « Renaissance de Harlem » s’exprime dans des arts tels  musique, peinture, littérature, photographie ou encore, le patchwork.

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« Mama Can Sing, Papa Can Blow » , quilt de Faith Ringgold

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Vous pouvez lire ici un article de Katell qui évoque l’oeuvre et les combats de Faith Ringgold,  artiste de Harlem, icône culturelle, auteure, activiste, féministe, possédant une carrière  prolifique et diversifiée.

Pour en revenir au « Negro Motorist Green Book », un tel guide existait déjà pour le public juif, lui aussi victime de discrimination mais parvenant plus aisément à se fondre dans la population blanche. La première édition vit le jour en 1936 et ne couvrait que New York.  Mais très vite, au vu de leur succès, les publications s’étendirent à tous les Etats-Unis ainsi qu’à une partie des Caraïbes, du Mexique et du Canada.

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Le « Green book » de 1956 avec toujours pour devise ceci « Emportez votre Green Book avec vous, vous pourriez en avoir besoin ».

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Une grande majorité des établissements étaient gérés par des Afro-américains, qui, contre paiement, voyaient leur entreprise recommandée par le guide à l’aide d’une petite étoile ou avec leur nom imprimé en gras. Les lecteurs qui partageaient leurs informations à propos des bonnes adresses étaient, quant à eux, récompensés par la somme de 5 dollars (1 dollar avant 1941).

Le Civil Rights Act promulgué en 1964 et interdisant toute discrimination raciale mit fin à la publication de l’ouvrage dès 1966. Malheureusement, Victor Hugo Green,décédé en 1960, ne connut pas la fin de la ségrégation à l’encontre des gens de couleur. Nul doute qu’il aurait été heureux de cette belle avancée, porteuse d’espoir.

 

Toutefois, je crois qu’il ne faut pas perde de vue que partout aux Etats-Unis comme ailleurs, la discrimination continue d’exister et actuellement plus que jamais en cette période de pandémie: envers un voisin atteint du Covid-19 ou  une infirmière à qui l’on envoie une lettre anonyme lui demandant de bien vouloir déménager…..

Restons dans la bienveillance!

 

A mardi prochain pour un article plus léger,

N@tacha Ramora.