Les salons de 2021

L’année 2020 aura vu l’annulation ou le décalage de tous nos salons d’art textile,  salons qui nous permettent d’apprécier pleinement cette passion dévorante qu’est le patchwork. Même si les faits nous font croire que l’année 2021 s’annonce plutôt mal, tâchons de garder l’espoir de pouvoir très vite sortir de cette crise sanitaire et désormais économique également. Si tout va mieux d’ici là et que nos salons ne sont pas reprogrammés, voici les nouvelles dates à retenir :

 

L’aiguille en fête / Paris

Grand marché du fil et  fenêtre ouverte sur l’art et la culture textile, l’Aiguille en fête, c’est 600m² dédié aux expositions d’artistes et de musées mais aussi plus de 1000 heures de cours et d’ateliers dispensés par des professeurs de renommée internationale. Vous y trouverez aussi bars à couture, à broder, à patch .. et enfin le Speed Knitting où vous pourrez vous mesurer aux tricoteuses les plus rapides de France. Sur le site actuellement, pas de nouvelles infos sur un report éventuel …

 

 

B.I.A.T. / Villefranche sur Saône

Pour les lyonnaises, ce salon ne cesse de grandir et s’il reste à taille humaine, il n’en est pas moins chaleureux et accueillant. Des expositions venues du monde entier, des artistes qui restent facilement disponibles, des animations sur stand, des ateliers au « bar à couture » et enfin, des copines que l’on retrouve facilement au coin d’une artère.  Dans le hall d’accueil, quelques produits régionaux à déguster vous donneront un aperçu du savoir-faire de notre région. Pour celles et ceux d’entre-vous qui aiment marcher, je ne peux que vous conseiller d’aller faire un tour sur les sentiers du Beaujolais à la découverte de nos beaux villages des Pierres dorées. A très vite, au coin d’une allée du B.I.A.T. 😉

 

 

carrefour européen du patchwork/Sainte-Marie-aux Mines

 

L’histoire du Carrefour Européen du Patchwork débute en 1993 lorsque l’Association Française d’Histoire Anabaptiste et Mennonite célèbre le 300ème anniversaire de la communauté Amish, à Sainte-Marie-aux-Mines. A l’époque, les quelques milliers de visiteurs et les 18 chaînes du monde entier qui retransmettent l’évènement découvrent les quilts Amish de Jacques Légeret.

Depuis, ce salon est devenu la référence européenne à l’international  pour l’art du patchwork contemporain et traditionnel. Expositions, cours, conférences, séminaire, les 4 villages du Val d’Argent mettent tout en oeuvre  pour que le Carrefour vous donne des petites étoiles dans les yeux!

 

ID créatives / lyon

 

 

Le salon du « Do It Yourself  » par excellence! Que vous soyez fan de patchwork, broderie, pochoirs, peinture, déco d’intérieur, rénovation de meubles, origami, kits cosmétiques etc…ce salon est fait pour vous! Vous y trouverez, en plus de tout le matériel nécessaire à vos envies de créations, des ateliers d’initiation ou de perfectionnement. Un petit conseil toutefois, attention à votre carte bleue, elle risque de chauffer !

Autres dates pour ID créatives:

7 au 10 octobre 2021

Reims / Centre des congrès

11 au 14 novembre 2021

Lille/Grand Palais

 

 

 

Pour l’amour du fil /Nantes

 

Cette année, le salon nantais aura pour thème les îles britanniques ! Mais ce n’est pas un salon! Non! C’est un grand spectacle à lui seul! 800 oeuvres exposées sur 1700 m², des artistes venus du monde entier, près de 100 cours et ateliers, des conférences traduites, un plateau TV qui permet au public de découvrir en live des démonstrations de techniques et de matériel mais aussi, l’espace Make & Take proposant au public de s’initier durant 30 minutes aux diverses étapes de la création. Et cerise sur le gâteau : le coin des blogueuses, ces passionnées qui vont font découvrir leurs créations, qui mettent en place des challenges auxquels vous participez avec bonheur, qui vous font découvrir l’histoire et l’évolutions du patchwork sous toutes ces facettes, une belle façon de les rencontrer en vrai!

 

 

 

Les manifestations malheureusement annulées ou reportées :

 

Aiguilles en Lubéron

Ils manquent de bénévoles!!!!!!!! Mesdames du Lubéron, nous comptons sur vous!

 

 

Tissus et lin en pays d’aude /Pexiora 

reporté au 25, 26 et 27 février 2022…avec le coeur lourd!

 

Ne laissons pas mourir nos salons non plus! Soyons nombreuses, dans la mesure de nos possibilités, à les soutenir par notre présence! 

 

Source : Pinterest

 

 A très vite, 

Prenez soin de vous.

 

N@tacha Ramora

Meilleurs voeux d’Alsace!

Très chères lectrices et lecteurs,

par ce petit post, je tiens à vous souhaiter une année douce, bienveillante avec vous, vous espérant toutes et tous en bonne santé pour 2021! Celle qui se termine a été éprouvante et à mis nos nerfs à rude épreuve et nos petits coeurs en vrac. Mais gardons l’espoir que le vaccin permette de sortir de cette crise sanitaire et que nous puissions enfin recommencer à sortir au restaurant, à faire un ciné, à embrasser nos proches, à voyager, à inviter nos amis autour d’une grande tablée et que chacun puisse échanger à propos du Covid sans agressivité aucune…

 

Source : Freepik.com

 

A présent, afin de bien commencer cette nouvelle année, je vous emmène en balade en Alsace, chez mes amis Corinne et Dominique (Corinne est la trésorière actuelle de la délégation du 68 – Haut-Rhin – que j’ai connu grâce à ce blog et à une recette de Marrons glacés postée).  J’ai passé quelques jours bien agréables chez eux afin de démarrer cette nouvelle année sous les meilleurs auspices.

 

Le village viticole de Rodern se trouve au pied du château du Haut-Koenigsbourg et il est réputé pour son Pinot noir ainsi que pour son grand cru Gloeckelberg

 

Le château domine les vignes des villages alentours

 

 

Rodern

 

Son église

 

 

Quelques décos de Noël

 

Tendre duo

 

 

Balade en forêt

 

Couleurs de fin d’automne

 

Collines finement recouvertes de neige

 

Enfin, pour bien commencer l’année, une bonne choucroute alsacienne le soir du 1er de l’an!

 

Merci à Corinne, Dominique et Pauline pour leur accueil chaleureux! 

 

Quant à vous chères lectrices et lecteurs, prenez soin de vous!                                                 .                                                       N@tacha ramora

Le petit manteau de toutes les couleurs de Dolly Parton

 

Aujourd’hui, au travers  ce « manteau de toutes les couleurs », fait de petits bouts de tissus cousus les uns aux autres, je souhaite vous parler de harcèlement, de pauvreté, de résilience, de détermination, de combats féministes  et de bienveillance.

C’est l’histoire d’une petite fille très pauvre du Tennessee, issue d’une fratrie de 12 enfants, une enfant si pauvre que sa maman lui avait confectionné un petit manteau de patchwork fait de mille couleurs pour lui tenir chaud l’hiver. Elle s’appelait Dolly Parton.

 

« Coat Of Many Colors » par Dolly Parton

« J’ère à nouveau à travers les années passées
A travers les saisons de ma jeunesse
Et je me souviens d’une boîte à chiffons que quelqu’un
nous avait donnée
Et comment ma maman avait utilisé les chiffons
Il y avait des chiffons de toutes les couleurs et chaque
morceau était petit
Et je n’avais pas de manteau et l’automne était bien
avancé
Maman a cousu les chiffons ensemble, cousant chaque morceau
avec amour
Elle m’a fait mon manteau multicolore dont j’étais si
fière

Alors avec des pièces raccommodées aux trous de mes
chaussures
Dans mon manteau multicolore je me dépêchais d’aller à
l’école
pour finalement trouver les autres rire et se moquer de moi
et de mon manteau multicolore que maman avait fait pour moi
Et oh je ne comprenais pas car je pensais que j’étais
riche
Et puis je leur ai dit tout l’amour que ma maman avait cousu
à chaque point
Et puis je leur ai raconté toute l’histoire que maman
m’avait racontée pendant qu’elle cousait
et pourquoi mon manteau multicolore valait plus que tous
leurs vêtements

Ils ne comprenaient pas cela et j’ai tenté de leur faire
voir
qu’on est pauvre seulement si on choisit de l’être
C’est vrai que nous n’avions pas d’argent mais j’étais
aussi riche qu’on pouvait l’être
dans mon manteau multicolore que maman avait fait pour moi
fait juste pour moi. »

 

 

Le film « Coat Of  Many Colors » sorti en 2015, retrace l’enfance de Dolly. Elle n’a jamais caché ses origines modestes et elles l’ont probablement portée tout au long de sa vie. Et pour cause, lorsque l’on découvre ses combats et sa force de caractère, on comprend aisément pourquoi elle occupe une place si importante aujourd’hui et qu’elle est qualifiée de « Queen of Country Music ».

Comme probablement beaucoup de français, je ne connaissais d’elle que le fait qu’elle soit une célèbre chanteuse de Country et quelques-uns de ces titres célèbres. Mais un soir, en fouillant sur Netflix à la recherche d’un bon programme, je suis tombée, totalement par hasard, sur la série « Heart Strings ». Chaque épisode (8 au total) est centré sur une chanson du répertoire de Dolly et s’en  inspire pour conter une belle histoire autour de ce thème qui résonne à nos oreilles de femmes modernes. Au début de chaque histoire, Dolly raconte quel est le lien entre cet épisode, la chanson qu’il représente, mais aussi, parfois, la relation avec sa propre vie. Je suis tombée sous le charme de cette blonde plantureuse, un tout petit bout de femme en réalité, elle mesure 1,52 m et  possède de multiples talents: auteure, compositrice, interprète, musicienne multi-instrumentiste (guitare acoustique, guitare électrique, banjo à 5 cordes, violon, dulcimer, piano, et autoharpe*). Sa guitare reste pour elle un des meilleurs remèdes lorsque le moral est en berne. 

 

Elle se définit elle-même comme une femme extravagante, tapageuse, sympathique, chaleureuse et agréable avec une tête bizarre. Détentrice de 9 Grammy Awards (avec 45 nominations), elle possède sa place au Country Music Hall of Fame, Temple de la renommée et Musée du country  depuis 2000. 

 

Bâtiment du Country Music Hall of Fame à Nashville, dans le Tennessee

 

Si elle a toujours fait perdurer ce qu’elle a connu petite, c’est-à-dire l’entraide entre les femmes; elle a aussi mené des combats lui tenant à coeur tel que le Dolly’s Parton Imagination Library, un programme d’envois de livres gratuits aux enfants, de leur naissance jusqu’à leur entrée à l’école, pour lutter contre l’illettrisme. Elle a créé ce programme en 1995, en souvenir de son papa, un homme très intelligent mais illettré. Les premiers livres n’ont été distribués qu’aux enfants vivant dans le comté de Sevier, dans le Tennessee, où Dolly a grandi. C’est devenu un tel succès qu’il y a eu un effort national pour étendre ce programme et c’est ainsi qu’en 2003, le Dolly’s Parton Imagination Library avait envoyé un million de livres. Ce programme existe à présent au Canada, Royaume-Uni, Australie et Irlande.

Toujours dans un souci de bienveillance et de chaleur humaine, elle est devenue co-propriétaire, en 1986, d’un parc d’attractions, rebaptisé en son honneur Dollywood, situé à Pigeon Forge, dans le parc national des Great Smoky Mountains. Dollywood a reçu le prix de l’Applause Award,  meilleur Parc de loisirs du monde.

 

Welcome to Dollywood!

 

Outre les attractions et les thématiques évoquant l’histoire du Tennessee et des Appalaches, le parc propose  concerts et évènements musicaux tout au long de l’année avec des artistes nationaux, locaux mais aussi parfois, avec Dolly en personne. 

 

Concert de Bluegrass* à Dollywood

 

C’est grâce à sa force de caractère que Dolly est aujourd’hui une chanteuse de renommée internationale reconnue et respectée. Cette petite fille pauvre a commencé à chanter à 10 ans et très tôt elle a espéré vivre de la musique. Elle a arrêté ses études après le lycée et elle est partie sur les routes avec son oncle Bill, qui travaillait dans une radio locale. Elle raconte qu’à l’époque, elle se lavait les cheveux à la station service et se maquillait dans le rétroviseur. 

 

Dolly Parton au début des années 70

 

Elle a intégré le Porter Waggoner Show à 20 ans, la première émission musicale syndiquée de country mais aussi  l’une des plus célèbres de l’époque. Composant elle-même ses chansons, elle y  connut un succès grandissant. Mais malgré cela, le salaire n’a jamais évolué et elle voulait se lancer seule, avoir son propre groupe.

 

L’équipe du « Porter Wagoner Show »

 

C’est à ce moment-là qu’elle a écrit  » I Will Always Love you », qui sera repris bien plus tard par la talentueuse Whitney Houston. Lorsqu’elle  chanta cette chanson à Porter, il s’est mis à pleurer et il a enfin donné sa bénédiction à Dolly pour qu’elle vole de ses propres ailes. Quelques années plus tard, Elvis souhaita chanter cette mélodie et Dolly en fut très heureuse. Mais quelques jours avant l’enregistrement, le King a exigé  d’en obtenir les droits. Dolly a refusé car c’était cette chanson qui lui rapportait les plus gros droits d’auteur, elle dit en avoir beaucoup pleuré de déception. En revanche, elle a été profondément émue par l’interprétation de Whitney Houston.

Dolly est encore aujourd’hui une femme très ambitieuse et elle affirme que nous  pouvons toutes réussir dans la vie, mais que cela demande des sacrifices et de travailler parfois plus dur que les autres. Elle est l’exemple même de la réussite. En tant que figure publique, elle tente d’apparaître toujours sous son meilleur jour : costumes de scène magnifiques et perruques. D’ailleurs, personne ne l’a vue sans perruque depuis 1973. Elle protège énormément sa vie privée et s’entoure de mystère afin de vivre en paix lorsqu’elle est en dehors de la scène. C’est ainsi que, bien que mariée à Carl Dean depuis 1966, ce dernier  est totalement absent de la vie publique de sa femme, au point que certains fans pensent qu’il n’existe pas en réalité. Mais Dolly affirme que son mari avait peur de ne pas avoir une minute de paix et qu’il a préféré rester dans l’ombre de son épouse. J’aime à penser qu’il lui arrive de pouvoir voyager incognito au bras de Carl à travers la planète et peut-être venir boire une bière dans un petit  bar à musique local pour y trouver l’inspiration, qui sait? 

 

Une des rares photos des époux Dean/Parton

 


Restons confiants et positifs dans cette période trouble et laissons nous porter par la magie de Noël,

N@tacha Ramora

 

 

Pour celles d’entre vous qui ont Netflix, vous pouvez aussi  visionner le programme « La paroles aux femmes  » de Reese Witherspoon où il y a une superbe interview de Dolly Parton et d’autres beaux portraits de femmes de manière générale…

 

* »L’autoharpe est une variation nord-américaine de la cithare autrichienne ; elle est jouée dans la région des Appalaches pour accompagner la musique folk ou bluegrass ». Source Wikipédia

* Le Bluegrass est un style musical qui constitue une branche de la musique country. Le terme bluegrass provient du nom du groupe musical dirigé par Bill Monroe : The Blue Grass Boys, dont le nom est lui-même inspiré du surnom de l’État du Kentucky (The Bluegrass State), source Wikipédia.

« Et soudain la liberté » de Evelyne Pisier et Caroline Laurent

Dans cette chronique littéraire,  j’aimerai aujourd’hui vous présenter un livre qui m’a profondément touchée, une petite pépite qui a remué en moi mon esprit de femme indépendante et libre de mes choix, de française qui mesure sa chance d’être née dans un pays où nos droits ne sont pas sans cesse bafoués. Ce livre m’a fait rire, m’a fait pleurer, m’a révoltée, m’a fait réfléchir et enfin, m’a enseigné ou rappelé certains épisodes du colonialisme et des évènements mondiaux des sixties et seventies. 

 

« Et soudain, la liberté » d’Evelyne Pisier et Caroline Laurent, paru en août 2017.      Grand Prix des lycéennes de Elle, Prix Marguerite Duras, Prix Première Plume.

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Il s’intitule « Et soudain la liberté » , ouvrage dans lequel Caroline Laurent relate la vie de manière romancée d’Evelyne Pisier, l’une des premières femmes agrégées de droit public et de science politique, professeur émérite à la Sorbonne mais aussi directrice du livre et de la culture sous le ministère de Jack Lang.

 

 

Evelyne, fille d’un haut fonctionnaire dans les colonies françaises et soeur de la regrettée Marie-France, a été  l’épouse de Bernard Kouchner puis d’Olivier Duhamel. Elle se sera battue pour de nombreux combats féministes, entraînant sa mère avec elle. Elle aura été la jeune amante de Fidel Castro, qui était fou d’elle, mais avant cela une petite fille terrorisée par les accès de colère de son père et qui a su, malgré tout, se construire, forte et indépendante en dépit des drames personnels vécus . 

 

Fidel Castro et Evelyne Pisier en 1964. Photo Una Liutkus. Editions Les Escales

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L’histoire de ce livre est né du manuscrit qu’Evelyne Pisier a envoyé à son éditrice, Caroline Laurent, dans lequel  elle relatait sa vie tumultueuse. Les deux femmes ont eu un véritable coup de foudre amical.

« Evelyne voulait raconter l’histoire de sa mère, et à travers elle, la sienne. Une histoire fascinante qui couvrait soixante ans de vie politique, de combats, d’amour et de drames –  le portrait d’une certaine France aussi, celle des colonies et des révolutions, de la libération des femmes. Son texte oscillait encore entre le témoignage et le récit autobiographique. Nous étions toutes deux d’accord : il fallait  en faire un roman. Non pas chercher l’exactitude biographique mais la vérité romanesque d’un destin. S’autoriser à changer les noms, laisser respirer l’imaginaire, explorer les sentiments profonds. Faire oeuvre universelle. Evelyne battait des mains. Ensemble, nous y arriverions ». Extrait de « Et soudain la liberté »,  Evelyne Pisier et Caroline Laurent.

Ce roman magnifique m’a été offert par mes enfants pour Noël et c’est ma fille ainée qui la choisi pour moi avec beaucoup de justesse car elle est aujourd’hui une jeune femme éprise de liberté qui se bat, à son petit niveau, pour un monde meilleur et plus juste tant sur le plan écologique et politique que social et culturel. Etant moi-même une citoyenne libre  ayant mené des combats personnels douloureux pour gagner mon indépendance et mon bien-être, ce texte ne peut que raisonner en moi!  Il n’est pas étonnant qu’il ait gagné de si nombreux prix qui sont, selon moi, bien mérités!

Si d’aventure l’envie vous prenait d’ouvrir les pages de ce livre, je sais que vous serez emportées Mesdames, par cette vie romanesque et que vous vibrerez, tout comme moi, au fil des pages, de joie, de rage, de tristesse, de colère, de revanche et bien plus encore! Une merveilleuse (auto) biographie romancée à offrir à Noël…

Alors, prêtes pour le combat?

N@tacha Ramora

 

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J’en profite pour vous lancer un  appel qui me tient vraiment à coeur ! Peut-être que nombre d’entre vous qui êtes des lectrices et lecteurs passionnés n’ont pas eu le temps de constituer leur stock d’ouvrages avant ce nouveau confinement. Vous trouverez donc ci-dessous le lien pour découvrir  la librairie la plus proche de chez vous qui pratique le click-and-collect !  N’engraissons pas les géants, soutenons nos petits libraires, ils ont besoin de nous! 

 

https://www.livreshebdo.fr/article/la-carte-des-librairies-qui-proposent-du-click-collect

L’exposition d’Isabelle Grosjean

Allez savoir pourquoi, moi qui suis toujours très longue à faire les choses, je me suis dit, pour une fois, que j’irai voir l’exposition d’Isabelle Grosjean, dans la chapelle Saint-Cyprien, dès l’ouverture. Petit signe du destin? Eh bien je crois que oui!

Sitôt arrivée, Isabelle m’annonçait avoir reçu un appel de la Mairie de Anse lui imposant de fermer son exposition -ouverte depuis seulement une heure – à la demande de la Préfecture. Elle était dépitée! Déçue!

 

 

Elle m’a laissé malgré tout le temps d’admirer son exposition et nous avons pu discuter longuement. Elle espère pouvoir exposer à la prochaine B.I.A.T., mais tout est tellement incertain….

Dans cette vilaine crise sanitaire qui touche aussi le monde du quilt, il nous faut soutenir nos boutiques, nos organisatrices de salons, nos magasines, nos clubs, associations et enfin nos artistes! C’est pourquoi je vous demande, à vous toutes et tous qui me lisez sans forcément mettre un commentaire de faire une exception pour un fois. Le but est de faire savoir à Isabelle Grosjean que oui, son expo n’aura pas été en vain puisque vous toutes l’aurez vue! Je pense vraiment que cela lui fera chaud au cœur. Son interview suivra dans quelques semaines afin que nous fassions pleinement connaissance avec cette artiste.

Voici un bel échantillon de son exposition …

 

Selon la coutume, en Nouvelle-Calédonie, lorsque nous sommes invités, il faut apporter des présents et notamment un morceau de tissu, le « Manou ».          « Manou L, I et H », initiales des amies qui ont proposé les grilles. Voici les versions d’Isabelle.

 

 

Abécédaires fait avec des linges anciens déjà brodés. Isabelle a confectionnés de nombreux ouvrages sur demande pour mettre en valeur des linges de familles.

 

 

Pour ce modèle, elle a travaillé les tissus en y rajoutant des bijoux

 

 

Tissu teint au glaçon et ajout d’aluminium entourant les bouchons de champagne

 

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Adaptation dun tableau de Tom Schulten, qui travaille sur la lumière et sur la ville

 

 

« Bali » , Isabelle a utilisé deux tissus ramenés des Bali par ses enfants ainsi que des tissus teints par ses soins

 

 

Hawaïen dessiné par Isabelle, pour un quart seulement, le papier a ensuite été plié en huit

 

 

Détail du quilting de l’Hawaïen

 

 

Fleurs dessinées par Isabelle

 

Et quelques autres …

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je compte sur vous pour laisser un petit mot qui sera transmis à Isabelle 😉

Je vais retrouver mon rythme de publications habituel du 1er et 3ème mardi de chaque mois. Je vous dis à bientôt pour un prochain article et en attendant, prenez bien soin de vous.

 

                                             

                                                                                                              N@tacha Ramora

Exposition d’Isabelle Grosjean annulée!

 C’est avec beaucoup de regret qu’Isabelle Grosjean a dû annuler son exposition au dernier moment, alors qu’elle venait d’ouvrir ses portes une heure plus tôt. En effet, lorsque je suis arrivée à la chapelle Saint-Cyprien, elle venait de recevoir un appel de la mairie lui précisant que la préfecture interdisait désormais ce genre de manifestation.

 

Annulée

 

Que les temps sont durs pour nos artistes, nos boutiques de patch et nos salons d’art textile!

La seule petite note d’optimisme dans tout cela, c’est que j’ai eu le temps de prendre des photos et de discuter avec Isabelle Grosjean. Alors dès mardi prochain, je vous promets un article avec de belles photos pour vous faire vivre l’expo virtuellement!

J’espère que vous serez nombreuses mardi prochain à mettre des commentaires de soutien pour Isabelle qui était tellement déçue!  Tant d’heures de préparation du lieu d’exposition….pour rien ! 

 

A très vite !

Natacha R@mora

GR 97, l’ultime étape

Mon périple touche presque à sa fin, il me reste 3 jours de marche pour le boucler définitivement et je sais qu’aujourd’hui et demain seront des journées exceptionnelles, le clou du spectacle en quelque sorte. Au programme : Gordes, Roussillon et le Colorado Provençal. 

Ce matin, avant de rejoindre Gordes, je suis censée remonter sur les sommets, à 632 mètres d’altitude. Le sentier est situé entre le Moure de la Belle Etoile et la Pouraque, deux massifs montagneux,  puis redescends vers l’Abbaye de Sénanque qui a l’air superbe. 

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Abbaye de Sénanque, source le Point.fr

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Cependant, vu le dénivelé et l’état de mes jambes, ne sachant toujours pas si ce sont les plantes urticantes qui déclenchent de telles plaques de plus en plus nombreuses, je préfère ne pas prendre le risque de remonter sur les hauteurs et je décide de me rendre à Gordes directement en tendant le pouce. D’une manière générale, le stop marche plutôt bien pour moi. Une jeune femme me prend à son bord . Nous arrivons déjà presque à destination et sur le plateau d’en face, le village perché de Gordes est splendide. Déposée au pied du château, je reviens sur mes pas pour pouvoir prendre la photo de la route. Je suis ici devant un des fleurons de la Provence, classé parmi les plus beaux villages de France. 

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Gordes

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Son patrimoine est riche et varié : château, bories (cabane en pierres sèches), moulin à eau et à vent, lavoirs, calades… Que de belles choses à découvrir. Je ne suis pas étonnée qu’il ait servi de décor à de nombreux films ou feuilletons qui ont jalonné ma vie et que j’ai aimé : « L’été meurtrier », « L’amour en héritage »,  « Gazon maudit » ou encore, « Une grande année » de Ridley Scott.

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J’arpente le village et j’emprunte ses petites ruelles, redescends  de belles calades jusqu’au lavoir qui dégage une grande sérénité et je reste là un grand moment, profitant de l’instant. 

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Pourtant, bien qu’éblouie par la beauté de Gordes, ce n’est pas ce lieu qui me charmera le plus. Mon cœur balance davantage pour Roussillon, prochaine destination. 

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Roussillon

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Ah Roussillon ! Ses ocres, ses petit Venelles, ses terrasses surplombant un paysage gorgé de soleil aux nuances allant du blanc nacré au fauve, de la terre de Sienne à l’acajou. 

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Où que vous posiez les yeux, c’est un ravissement! J’ai choisi un logement qui finit de me combler, un petit studio niché et creux d’un escalier de pierres couleur safran. Je dépose rapidement mon sac à dos dans mon logis et, avant même de prendre une douche, je parcours déjà le village.

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Je repère un petit restaurant avec une terrasse dominant les ocres et je réserve une table bien placée pour plus tard. Ma soirée est à l’image de l’endroit, splendide. Je ne me lasse pas d’immortaliser les moindres recoins. 

 

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Situé au cœur du plus grand gisement ocrier du monde, la renommée de Roussillon et l’industrie qui y est associé n’est plus à faire. C’est à la fin du XVIIIe siècle que Jean Étienne Astier eut l’idée de laver le sable ocreux pour en extraire le pigment. C’est ainsi que de grandes carrières de sable ont été exploitées jusqu’en 1930. Aujourd’hui, afin de stopper la dégradation du site, il est interdit d’en ramasser le moindre grain.

Le lendemain matin, je fais le choix de ne pas visiter les carrières d’ocre, je préfère me réserver pour le Colorado provençal et en attendant, je fais la queue devant la pharmacie pour soigner mes jambes qui sont plus moches et enflées que jamais. Pas vraiment sexy la randonneuse! Mais cette fois-ci, la pharmacienne me donne un traitement nettement plus efficace : crème à la cortisone et antihistaminiques. 

Je reprends la route et traverse de petites communes charmantes et une forêt aux couleurs de la région. Puis, je fais une halte à Apt avant de rejoindre Rustrel où je passe la nuit. 

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Il est temps à présent de fouler à nouveau les sables du Colorado provençal que j’avais déjà visité lorsque j’avais 20 ans. Depuis, une association s’est formée pour préserver ce site exceptionnel et gérer l’afflux touristique. Si cette année je n’ai pu admirer les dunes du Sahara mauritanien comme prévu, voici une consolation sur notre propre territoire et une belle façon de terminer mon trek. 

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Après ses paysages émouvants, j’avale les derniers kilomètres, combative comme jamais. Me voici enfin arrivée ! Je viens de boucler 170 kms dans une région magnifique. Je suis fière de moi, de cet accomplissement, d’avoir su dépasser mes limites physiques mais aussi de ne pas avoir eu peur de me retrouver seule avec moi-même. Vous n’imaginez pas mes chers lectrices et lecteurs tout ce que l’on peut entendre lorsqu’on entame un tel périple :  » tu pars seule? Tu n’as pas peur ? C’est dangereux ! Et s’il t’arrive quelque chose ?  » . Bien sûr, j’ai conscience que cela part d’un bon sentiment. Mais il faut prendre garde à ne pas se laisser couper les ailes par l’inuiétude des autres. D’autant que lorsque nous ne sommes pas en couple, quelle qu’en soit la raison (divorce, veuvage ou par choix), ce n’est pas toujours simple de trouver quelqu’un qui va vous accompagner dans de telles aventures. Alors que faire dans ce cas-là ? Se résoudre à ne pas partir? Ou choisir d’accomplir ses rêves ?😉

Une fois de plus, je tiens à remercier tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ont contribué à la réussite de ce trek! MERCI!

 

The end……Fatiguée mais heureuse!

 

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Nos salons sont annulés les uns après les autres tout comme les occasions de se retrouver entre quilteuses. Malgré tout, il nous reste encore quelques expos de ci de là et en voici une à ne pas rater dans le Beaujolais.

 

 

Isabelle Grosjean a été professeur de Patchwork pendant plus de 10 ans, plusieurs fois déléguée de la fédération dans les différentes régions ou elle a résidé. Elle a exposé de nombreuses fois et participé a plusieurs concours internationaux. Elle se tourne aujourd’hui vers une version plus contemporaine de créations textiles, et expose pour la première fois dans le beaujolais. Pour celles qui sont bien loin de notre région, un petit reportage photos s’impose !

 

A très vite,

Natacha Ramora

 

GR 97, le mur de la peste – étape 3/4

L’étape de la journée fait résonance à notre actualité si chamboulée depuis quelques mois, je vais longer le mur de la peste un grand moment. Cette terrible épidémie toucha la Provence pour la énième fois de 1720 à 1722 et progressa de 45 kilomètres par mois.

 

Source : passionprovence.org

 

 En 1720, le navire nommé  » grand Saint-Antoine » transportant des soieries pour la foire de Beaucaire introduisit la peste à Marseille. L’épidémie se propagea rapidement et atteignit Apt.

L’année suivante, afin que la maladie ne rattrape pas le Comtat Venaissin, le légat du pape réquisitionna plus de 500 hommes durant 5 mois pour élever un rempart de pierres sèches comprenant 50 postes de garde sur 27 km de Monieux au Taillades. Ce mur servi de frontière entre le Comté de Provence et le Comtat Venaissin.

 

Source : Wikipédia

 

Il reste quelques vestiges de cette muraille près de Cabrières d’Avignon.

 

 

 

 

Comment ne pas songer à cette étrange coïncidence en longeant ce mur qui témoigne d’un terrible fléau ? À chaque époque ses solutions pour combattre les épidémies mortifères : mur s’érigeant en frontière à l’époque, fermeture des frontières aujourd’hui et port du masque recommandé voire obligatoire. Quel que soit le siècle, le bilan est désastreux. Malgré tout, la note d’espoir est que dans les années 1720, la peste a pu être éradiquée. L’humanité s’est relevée de cette épidémie et j’espère qu’il en sera de même pour le monde d’aujourd’hui et de demain. Mais reprenons le cours des choses…

 

 

 

 

Rassurez-vous ! Ce n’est pas la peste 😊! Voici la mauvaise nouvelle du jour, depuis la veille au soir, j’ai une éruption de boutons sur les chevilles et les mollets. Je pense aussitôt à d’éventuelles plantes urticantes présentes dans la garrigue, en montant au Bastidon du Pradon. Je me rends donc à la pharmacie la plus proche mais ces plaques laissent perplexe la personne qui me reçoit. Je ne suis pas certaine de repartir avec le traitement adéquat. Je prends la sage décision de remettre les jambes de mes pantalons, transformés  jusqu’ici  en shorts. Tant pis pour le bronzage estival ! J’arrive à Fontaine-de-Vaucluse sans être particulièrement charmée par le lieu, je crois que la fatigue accumulée et l’inquiétude pour mon éruption sur les jambes altèrent un peu mon jugement.

 

 

Fontaine de Vaucluse

 

À l’autre bout de ce village, en suivant le sentier aménagé, on peut admirer la résurgence de la Sorgue,  au pied d’une falaise de 240 mètres des hauteur. Ce site que l’on dit exceptionnel appeler Vallis clausa, la Vallée close, a donné son nom au département du Vaucluse et aurait inspiré de nombreux auteurs tels que Chateaubriand ou René Char.

 

 

Résurgence de la Sorgue, Fontaine de Vaucluse. Source : Wikipédia

 

 Frédéric Mistral l’évoque quant à lui dans son œuvre capitale,  Mireille.  Il y compte cette belle légende : »

“Parti pour faire danser les filles de l’Isle sur Sorgue, le vieux ménétrier Basile s’endormit à l’ombre un chaud jour, sur le chemin de Vaucluse. Apparut une nymphe qui, belle comme l’onde claire, prit la main du dormeur et le conduisit au bord de la Vasque où s’épanouit la Sorgue. Devant eux, l’eau s’entrouvrit et les laissa descendre entre deux murailles de liquide cristal au fond du gouffre. Après une longue course souterraine, la nymphe, au milieu d’une souriante prairie, semée de fleurs surnaturelles arrêta le ménétrier devant 7 gros diamants. Soulevant l’un deux, elle fit jaillir un puissant jet d’eau. Voilà dit-elle, le secret de la source dont je suis la gardienne, pour la gonfler je retire les diamants, au septième, l’eau atteint “le figuier qui ne boit qu’une fois l’an” et elle disparût en réveillant Basile.”

 

 

 « Nymphes dans une grotte » Gaston Bussière, 1924

 

Lorsque j’aperçois la foule accumulé à l’entrée de la grotte, je préfère rebrousser chemin. J’avoue qu’en cette d’après-midi, il me tarde de trouver un bon lit douillet dans un hôtel charmant ainsi qu’une bonne table.  Mon sac à dos me paraît lourd aujourd’hui.

 

 

Fontaine de Vaucluse, la roue à aubes du moulin à papier

 

Avant cela, je m’accorde une pause gourmande en dégustant une glace qui soigne un peu le découragement. C’est une excellente idée car je ne suis pas au bout de mes surprises. Je charge mon sac sur mes épaules et je repars. Je marche au bord d’une nationale très fréquentée et je ne suis pas rassurée pour ma sécurité lorsque les trottoirs se terminent et que je dois marcher sur la chaussée. Cela m’oblige à réfléchir à ma position d’automobiliste lorsque je suis au volant de mon véhicule et que je râle contre des cyclistes trop lents à mon goût ou que je croise des piétons qui cheminent le long d’une route étroite. Je crois que dorénavant, je serai plus attentive à cela. À bout de force, j’arrive enfin à mon hôtel, situé en retrait de la nationale. C’est un établissement familial où l’accueil est très chaleureux. Certes, les mobiliers et la tapisserie sont un peu fanés mais pour le prix dans un lieu si touristique, c’est plus que correct. Je discute longuement avec le jeune homme qui m’accompagne à ma chambre sur ce trek qui semble l’impressionner.  Je lui demande ensuite où je peux dîner dans le coin et malheureusement, sans véhicule, il me dit que cela va être difficile. Il part se renseigner pour voir si les pizzaiolos du coin peuvent livrer jusqu’ici mais c’est peu probable. Je me résigne déjà à me coucher sans manger : « Qui dort, dîne ». C’est habituellement ce que l’on dit mais ce soir, je ne suis pas vraiment convaincue de la véracité de cette maxime. L’état de mes jambes qui s’est aggravé fini de me démoraliser.

Heureusement, la Providence est avec moi. Mon hôtelier revient avec une excellente nouvelle! Il me dit que sa famille ayant l’intention de commander des pizzas, il en prendra une pour moi si je le souhaite. Quelle gentillesse ! Et le geste est d’autant plus touchant que c’est un vrai délice ! je m’endors en remerciant la Providence et le « dieu » des pizzaiolos qui a certainement élu domicile dans le Vaucluse, à l’Isle-sur-Sorgue !

Demain est un autre jour, les Ocres de Roussillon enchanteront mon cœur, j’en suis sûre.

 

A mardi prochain pour la dernière étape,

Natacha

 

J’en profite pour vous conseiller ce film excellent à l’affiche actuellement : l’histoire d’Antoinette, une institutrice follement  amoureuse, qui va suivre les chemins de Stevenson avec un âne, dans les Cévennes, sans y être préparée. Des aventures rocambolesques et une actrice à la fois émouvante et drôle!  Ne le ratez pas si vous voulez rire de bon coeur!

 

 

GR 97, Le testament de Robert Laurent-Vibert

L’oliveraie du château de Lourmarin

Après une bonne nuit de repos, il est temps de repartir. Isabelle, mon adorable hôtesse de couch-surfing me prépare une délicieuse salade pour mon pique-nique puis me dépose à Lourmarin. Je me promène un moment dans le champ d’oliviers attenant au château puis je visite ce superbe édifice dans lequel on peut admirer une exposition sur Albert Camus qui a vécu les dernières années de sa courte vie à Lourmarin et y est enterré.

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Albert Camus, né le 7 novembre 1913 à Mondovi en Algérie et décédé en 1960,à l’âge de 47 ans, dans un accident de voiture.

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Le château de Lourmarin échappa par miracle en 1920, à la vente aux enchères pour servir de carrière de pierres. Il fut racheté par l’industriel lyonnais Robert Laurent-Vibert qui le fit restaurer par des artisans lourmarinois. Tout comme A. Camus, R. Laurent-Vibert disparut tragiquement dans un accident de voiture mais avait pris soin de faire un testament pour  léguer cette demeure à l’Académie des Sciences, Agriculture, Arts et Belles Lettres d’Aix-en-Provence qui créa une fondation à son nom. Aujourd’hui, cette fondation continue de remplir sa mission, c’est ainsi que ce bel édifice est devenu un pôle culturel et économique important.

 

Les coursives de bois sont admirables

 

 

La bibliothèque du château, source : Francebleu

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De nombreux touristes viennent se recueillir sur la tombe d’Albert Camus chaque année. Certes, comme beaucoup, j’ai lu « L’étranger » : « Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas ». Comment ne pas se souvenir de cette première phrase? Quel dommage que je ne sois pas allée plus loin dans ses oeuvres car grâce à l’exposition, je découvre quelques passages de ses romans qui résonnent en moi. J’ajoute mentalement Camus à ma liste d’auteurs à découvrir.

 

 

 

Je reprends ma route et je visite un peu plus loin le village de Lauris qui possède également un  château situé sur un éperon rocheux. Ses terrasses surplombent la Durance et accueillent deux jardins en un :  le jardin blanc et  celui des Plantes tinctoriales qui comprend plus de 250 espèces de plantes dont on extrait des colorants pour la teinture, la peinture, la cosmétique et l’alimentation.

 

Les jardins de Lauris

 

Le large fleuve en contrebas sert ici de frontière entre le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône et je l’admire le temps d’un coucher de soleil avant de regagner ma chambre d’hôtes située à Mallemort.

 

 

Le lendemain, après ce déjeuner copieux, mon hôtesse a la gentillesse de me déposer à l’entrée des Gorges du Régalon. Je ne m’en doute pas encore, pourtant cette journée de randonnée sera la plus éprouvante de mon trek. Mais pour le moment, tout à mon insouciance, je crapahute dans les gorges, non sans mal, avec mon sac à dos. 

 

 

 

Les cairns des gorges du Régalon

 

Je sors des gorges et continue de suivre mon GR. Je m’amuse de l’appellation du vallon que je vais devoir traverser.

 

Au lieu de rire, je ferais mieux de me méfier : « Vallon de la galère »… un signe annonciateur ?

Je le franchis sans trop d’inquiétude, puis je commence à grimper. J’arrive sur un plateau, royaume des oliviers et des cigales qui stridulent à qui mieux mieux. Un peu plus loin, à quelques mètres de là, j’aperçois le panneau de balisage blanc et rouge, je lève les yeux et je comprends que la journée sera longue. 

 

Voyez-vous où je veux en venir ?

 

Je vais devoir monter au sommet de ce bloc de calcaire pour rejoindre le Bastidon du Pradon, petit refuge qui culmine à 700 m d’altitude, sur un sentier désert, en pleine canicule. Mais je ne suis pas une personne qui baisse les bras. Ma patience de quilteuse et ma persévérance sont mes atouts. Je gravis ce dénivelé pas à pas, je pousse sur mes précieux bâtons de marche, je fais des pauses régulières dès que je trouve un coin d’ombre sous quelques arbustes qui parviennent à survivre dans cette garrigue aride. Je me fixe comme objectif de pique-niquer au sommet. 

 

 

Mon déjeuner ce jour-là a une saveur de victoire et une odeur d’herbes odorantes de mon enfance. Je contemple au loin la région qui m’a vu naître, le département aux accents chantants, terrain de jeu du petit Marcel Pagnol : les Bouches-du-Rhône. 

Je ne dois pas trop tarder pour redescendre sur l’autre versant. Je fais un arrêt au Bastidon du Pradon, un vrai havre de paix après une telle ascension. 

 

 

 

Je prends le temps de graver dans ma mémoire toutes ces petites choses mises là comme une récompense à ceux qui viennent jusqu’ici. Je lis quelques messages sur le livre d’or en cours et  y  inscrit le mien, pleine de gratitude pour ceux qui ont pensé ce lieu. Puis je me hâte. La pente est très escarpée, un sentier rocailleux que la terre et les graviers rendent glissant. Les pierres roulent sous mes chaussures et je peste plus d’une fois en manquant tomber tout en m’ accrochant à mes bâtons.  

Néanmoins, le jeu en vaut la chandelle. En contrebas j’aperçois les ruines majestueuse du château d’Oppède le Vieux qui culminent au-dessus du village ainsi que l’église du 12e siècle, Notre-Dame d’Alidon, qui domine ce panorama.

 

Oppède-le-Vieux

 

Je suis immédiatement charmée par le passage que j’emprunte pour accéder au bourg médiéval.

 

Oppède-le-Vieux, accès par l’arrière du village, à l’opposé du parking

 

En parcourant certaines ruelles, j’ai presque le sentiment que le village n’est plus habité. Mais les chambres d’hôtes et restaurants attestent du contraire, tout comme le petit snack qui porte le logo « recommandé par le guide du Routard », ma bible de voyage selon les destinations. On nous vend une bouteille d’eau de 50 cl trois euros cinquante et le personnel est peu accueillant ! Quel dommage ! 

 

 

Tant pis, je ne veux pas m’attarder sur les petits désagréments, je charge mon sac à dos et je repars. En voulant gagner du temps pour ne pas arriver trop tard à ma chambre d’hôtes, je me perds dans des chemins sans issue. Il est temps de ressortir mon fantastique gps : l’application Visorando qui m’aura montré la bonne route bien des fois.

 

Malgré toute ma bonne volonté, je suis très en retard pour rejoindre Robion, à tel point que mon hôtesse propose de venir me chercher. Je refuse car je ne veux pas la déranger mais je termine l’étape avec la solution « Pékin Express » : la conductrice d’une voiture a sa fenêtre ouverte et s’apprête à partir, je lui demande donc si elle peut m’avancer. Comme la petite mamie du Sud quelques jours plus tôt, la jeune femme me dépose à deux pas de mon logis. Cette journée harassante se termine paisiblement puisque ma logeuse m’attend avec un petit verre de rosé bien frais puis me montre ma chambre. Elle m’a fait la surprise de me réserver celle possédant un lit avec matelas à eau. Je dîne dans l’auberge conseillé par ses soins et ma table jouxte celle de mes voisins pour une nuitée, un couple de Belges et leurs jeunes enfants. Nous passons une soirée extrêmement sympathique à parler de nos pays respectifs et à en comparer les différences. Je rentre me coucher et je m’enfonce dans les remous bienfaisant de mon matelas qui m’enveloppe délicatement. Ce soir, je mérite un vrai sommeil réparateur je crois…d’autant que demain, il me faudra longer le Mur de la Peste….Brrrr, cela fait froid dans le dos!

 

A mardi prochain pour la suite…

Natacha

GR 97, le Luberon dans toute sa splendeur!

Pour la plupart des régions, la rentrée s’est annoncée cette année sous un beau soleil d’été indien. Pourtant il y a une morosité ambiante générale. Le masque est devenu le nouvel objet incontournable dont on ne peut se passer, l’économie est vacillante et beaucoup de Français ont choisi de ne pas partir en vacances cet été. Nous vivons malheureusement dans un climat  d’incertitude et de stress. C’est la raison pour laquelle, tout à ma joie de vous retrouver après cette pause estivale, je vous emmène avec moi pour une belle escapade en Luberon durant quelques semaines, histoire de sortir de  cette grisaille et de s’évader un instant. Je laisse mes copines blogueuses vous parler d’art textile pour emprunter d’autres chemins le temps d’une échappée dans le sud de la France.

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Source : French Riviera Tourism

 

Le Luberon, à prononcer sans l’accent, est une région superbe où les cigales chantent sans cesse leur amour de ces belles terres ocres de Provence.

Les villages, souvent perchés, sont tous plus éblouissants les uns que les autres, au point qu’il est difficile d’en distinguer un parmi d’autres : Gordes, Lourmarin, Roussillon, Cucuron,  Chacun d’eux essaye, par sa splendeur, d’obtenir la distinction du plus incontournable à visiter. Riche de cette information et prenant en compte les restrictions de voyages dans certains pays étrangers, j’ai donc décidé, pour cet été, de rester dans notre  pays et de faire le tour du Luberon, à pieds, en sac à dos. Toutefois, je me suis autorisée à le faire en mode doux, c’est-à-dire pas de tente, pas de sac de couchage ni de réchaud à porter. J’ai organisé mes étapes en fonction des hôtels et des chambres d’hôtes réservés à l’avance, en dînant dans des auberges ou des restaurants aux cartes alléchantes sentant bon les herbes de Provence et le petit rosé bien frais.

C’était un challenge important pour moi car même si j’ai l’habitude de randonner régulièrement, partir marcher en itinérance sur dix jours est un tout autre défi. Je l’ai pourtant relevé avec plaisir, presque déçue de voir ce trek s’achever.

Des Alpes de Haute-Provence au Vaucluse; des Gorges de Régalon à Oppède le Vieux en passant par les crêtes; de Gordes aux couleurs ocres du Roussillon; des fontaines rafraîchissantes à la sérénité des vieux lavoirs désertés par les lavandières, chaque kilomètre a apporté son lot d’émerveillement malgré la canicule et un dénivelé quelquefois élevé.

Je vous emmène avec moi à la découverte des sentiers provençaux qui sentent  la lavande, le thym et le romarin. Prenez vos bâtons, chaussez vos lunettes de soleil, nous partons…

Mais avant de débuter le GR, il nous faut tout d’abord faire une petite étape pédestre de Saint-Michel l’Observatoire (dans les Alpes de Haute Provence, où se trouve l’observatoire du même nom) jusqu’à Céreste, point de départ de mon GR afin de laisser mon véhicule sous bonne garde.

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Le moulin de Saint-Michel l’observatoire a été rénové il y a plus de 10 ans

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Les chemins de Saint-Jacques de Compostelle ont déclenché un déplacement de foule considérable. Riches ou pauvres, nombres de pèlerins se mettaient en chemin, parfois depuis le fin fond de l’Europe. Les voies romaines facilitaient ces grands déplacements. C’est donc une d’entre elles que nous avons suivi pour rejoindre Céreste. Les villages traversés ont hébergé, nourri et soigné de nombreux voyageurs. Nous pouvons d’ailleurs apercevoir le symbole de la coquille sur certaines sépultures du prieuré de Carluc.

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Le Prieuré de Carluc : la chapelle ainsi qu’une partie des restes du Prieuré sont classés Monuments Historiques

 

 

Les sépultures du Prieuré

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Nous avons aussi découvert le petit village de Lincel où il n’y avait âme qui vive.

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Peu de touristes à Lincel qui possède pourtant des chambres d’hôtes.

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De nombreux villages de Provence ont conservé leurs lavoirs.

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Voilà, nous y sommes enfin à Céreste ! le temps d’une nuit réparatrice et ma fille embarque pour de nouvelles aventures sur l’île de beauté tandis que je me prépare pour un trek de longue haleine de 10 jours riche en émotions.

 

Allons-y !

 Me voici fraîche et dispose, piaffant presque d’impatience. Je me mets en route, l’objectif du jour est d’atteindre Cucuron mais je sais que cela va être difficile car il y a énormément de kilomètres à parcourir. Je grimpe sur un sentier forestier jusqu’à Montjustin puis je traverse le Bois de Madame. j’ai vraiment été mise en garde sur les risques d’incendie dans la région qui allie sécheresse et canicule . Tandis que je rejoins tranquillement Vitrolles-en-Luberon, je prends quelques photos.

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J’aperçois une épaisse fumée en contrebas dans la forêt et un bombardier d’eau qui la survole. Je sais que je dois prendre une décision rapide car je suis isolée dans un petit village silencieux, c’est à peine si j’entends quelques discussions feutrées derrière des volets clos. J’abandonne donc le GR à regret et dès la sortie du village, je guette une voiture sur cette route désertée. Mais la chance est avec moi, c’est la première fois que je tends le pouce depuis de nombreuses années – oserais-je même dire plusieurs décennies – et une petite citadine blanche s’arrête. À son bord, une mamie du sud, qui me fait immédiatement penser à ma grand-mère paternelle, Mémé. Je lui explique le problème tandis que nous redescendons et croisons plusieurs véhicules de pompiers qui remontent.

Attendrie, la vieille dame se détourne de sa route pour m’emmener jusqu’à Cucuron et je suis touchée par ce premier geste de solidarité. Je crois que je suis prête pour m’inscrire à Pékin Express. 

La soirée est plus douce, une belle chambre d’hôte climatisée et une piscine qui permet de se rafraîchir sont un havre de paix. Je sors dîner tôt près de l’étang et je m’en félicite lorsque je vois l’affluence dans les restaurants sur la place un quart d’heure plus tard, avec beaucoup de touristes dépités de ne pas pouvoir dîner.

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Tapenade et rosé de Provence

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La place de l’étang

 

Je flâne ensuite dans les rues de Cucuron et admire le coucher de soleil de cette douce soirée provençale avant de rentrer me coucher.

 

La nuit tombe sur Cucuron

 

 

 

 

Le lendemain est une journée de repos et je l’apprécie pleinement. J’ai convenu avec mon hôtesse de couchsurfing Isabelle, qu’elle viendrait me chercher dans l’après-midi à Cucuron pour rejoindre son domicile à Cadenet. En attendant je profite de la piscine. J’ai rencontré Isabelle sur un groupe Facebook qui permet aux femmes qui voyagent seules d’échanger plein de bons plans et de conseils sur toutes destinations, y compris à l’étranger, et de demander ou de proposer éventuellement un couchsurfing. Cette communauté est un formidable moteur pour les femmes qui aiment découvrir le monde en solo.

Isabelle m’a proposé spontanément de m’héberger et elle a été un véritable coup de cœur pour moi.  La soirée chez elle est donc sympathique et bien entendu, nous parlons de voyages : ceux déjà faits, ceux à venir et ceux espérés. Mais il est temps de prendre du repos, demain j’ai rendez-vous avec Albert Camus…

 

à   mardi prochain pour la suite…

Natacha