Exposition d’Isabelle Grosjean annulée!

 C’est avec beaucoup de regret qu’Isabelle Grosjean a dû annuler son exposition au dernier moment, alors qu’elle venait d’ouvrir ses portes une heure plus tôt. En effet, lorsque je suis arrivée à la chapelle Saint-Cyprien, elle venait de recevoir un appel de la mairie lui précisant que la préfecture interdisait désormais ce genre de manifestation.

 

Annulée

 

Que les temps sont durs pour nos artistes, nos boutiques de patch et nos salons d’art textile!

La seule petite note d’optimisme dans tout cela, c’est que j’ai eu le temps de prendre des photos et de discuter avec Isabelle Grosjean. Alors dès mardi prochain, je vous promets un article avec de belles photos pour vous faire vivre l’expo virtuellement!

J’espère que vous serez nombreuses mardi prochain à mettre des commentaires de soutien pour Isabelle qui était tellement déçue!  Tant d’heures de préparation du lieu d’exposition….pour rien ! 

 

A très vite !

Natacha R@mora

GR 97, l’ultime étape

Mon périple touche presque à sa fin, il me reste 3 jours de marche pour le boucler définitivement et je sais qu’aujourd’hui et demain seront des journées exceptionnelles, le clou du spectacle en quelque sorte. Au programme : Gordes, Roussillon et le Colorado Provençal. 

Ce matin, avant de rejoindre Gordes, je suis censée remonter sur les sommets, à 632 mètres d’altitude. Le sentier est situé entre le Moure de la Belle Etoile et la Pouraque, deux massifs montagneux,  puis redescends vers l’Abbaye de Sénanque qui a l’air superbe. 

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Abbaye de Sénanque, source le Point.fr

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Cependant, vu le dénivelé et l’état de mes jambes, ne sachant toujours pas si ce sont les plantes urticantes qui déclenchent de telles plaques de plus en plus nombreuses, je préfère ne pas prendre le risque de remonter sur les hauteurs et je décide de me rendre à Gordes directement en tendant le pouce. D’une manière générale, le stop marche plutôt bien pour moi. Une jeune femme me prend à son bord . Nous arrivons déjà presque à destination et sur le plateau d’en face, le village perché de Gordes est splendide. Déposée au pied du château, je reviens sur mes pas pour pouvoir prendre la photo de la route. Je suis ici devant un des fleurons de la Provence, classé parmi les plus beaux villages de France. 

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Gordes

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Son patrimoine est riche et varié : château, bories (cabane en pierres sèches), moulin à eau et à vent, lavoirs, calades… Que de belles choses à découvrir. Je ne suis pas étonnée qu’il ait servi de décor à de nombreux films ou feuilletons qui ont jalonné ma vie et que j’ai aimé : « L’été meurtrier », « L’amour en héritage »,  « Gazon maudit » ou encore, « Une grande année » de Ridley Scott.

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J’arpente le village et j’emprunte ses petites ruelles, redescends  de belles calades jusqu’au lavoir qui dégage une grande sérénité et je reste là un grand moment, profitant de l’instant. 

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Pourtant, bien qu’éblouie par la beauté de Gordes, ce n’est pas ce lieu qui me charmera le plus. Mon cœur balance davantage pour Roussillon, prochaine destination. 

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Roussillon

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Ah Roussillon ! Ses ocres, ses petit Venelles, ses terrasses surplombant un paysage gorgé de soleil aux nuances allant du blanc nacré au fauve, de la terre de Sienne à l’acajou. 

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Où que vous posiez les yeux, c’est un ravissement! J’ai choisi un logement qui finit de me combler, un petit studio niché et creux d’un escalier de pierres couleur safran. Je dépose rapidement mon sac à dos dans mon logis et, avant même de prendre une douche, je parcours déjà le village.

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Je repère un petit restaurant avec une terrasse dominant les ocres et je réserve une table bien placée pour plus tard. Ma soirée est à l’image de l’endroit, splendide. Je ne me lasse pas d’immortaliser les moindres recoins. 

 

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Situé au cœur du plus grand gisement ocrier du monde, la renommée de Roussillon et l’industrie qui y est associé n’est plus à faire. C’est à la fin du XVIIIe siècle que Jean Étienne Astier eut l’idée de laver le sable ocreux pour en extraire le pigment. C’est ainsi que de grandes carrières de sable ont été exploitées jusqu’en 1930. Aujourd’hui, afin de stopper la dégradation du site, il est interdit d’en ramasser le moindre grain.

Le lendemain matin, je fais le choix de ne pas visiter les carrières d’ocre, je préfère me réserver pour le Colorado provençal et en attendant, je fais la queue devant la pharmacie pour soigner mes jambes qui sont plus moches et enflées que jamais. Pas vraiment sexy la randonneuse! Mais cette fois-ci, la pharmacienne me donne un traitement nettement plus efficace : crème à la cortisone et antihistaminiques. 

Je reprends la route et traverse de petites communes charmantes et une forêt aux couleurs de la région. Puis, je fais une halte à Apt avant de rejoindre Rustrel où je passe la nuit. 

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Il est temps à présent de fouler à nouveau les sables du Colorado provençal que j’avais déjà visité lorsque j’avais 20 ans. Depuis, une association s’est formée pour préserver ce site exceptionnel et gérer l’afflux touristique. Si cette année je n’ai pu admirer les dunes du Sahara mauritanien comme prévu, voici une consolation sur notre propre territoire et une belle façon de terminer mon trek. 

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Après ses paysages émouvants, j’avale les derniers kilomètres, combative comme jamais. Me voici enfin arrivée ! Je viens de boucler 170 kms dans une région magnifique. Je suis fière de moi, de cet accomplissement, d’avoir su dépasser mes limites physiques mais aussi de ne pas avoir eu peur de me retrouver seule avec moi-même. Vous n’imaginez pas mes chers lectrices et lecteurs tout ce que l’on peut entendre lorsqu’on entame un tel périple :  » tu pars seule? Tu n’as pas peur ? C’est dangereux ! Et s’il t’arrive quelque chose ?  » . Bien sûr, j’ai conscience que cela part d’un bon sentiment. Mais il faut prendre garde à ne pas se laisser couper les ailes par l’inuiétude des autres. D’autant que lorsque nous ne sommes pas en couple, quelle qu’en soit la raison (divorce, veuvage ou par choix), ce n’est pas toujours simple de trouver quelqu’un qui va vous accompagner dans de telles aventures. Alors que faire dans ce cas-là ? Se résoudre à ne pas partir? Ou choisir d’accomplir ses rêves ?😉

Une fois de plus, je tiens à remercier tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ont contribué à la réussite de ce trek! MERCI!

 

The end……Fatiguée mais heureuse!

 

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Nos salons sont annulés les uns après les autres tout comme les occasions de se retrouver entre quilteuses. Malgré tout, il nous reste encore quelques expos de ci de là et en voici une à ne pas rater dans le Beaujolais.

 

 

Isabelle Grosjean a été professeur de Patchwork pendant plus de 10 ans, plusieurs fois déléguée de la fédération dans les différentes régions ou elle a résidé. Elle a exposé de nombreuses fois et participé a plusieurs concours internationaux. Elle se tourne aujourd’hui vers une version plus contemporaine de créations textiles, et expose pour la première fois dans le beaujolais. Pour celles qui sont bien loin de notre région, un petit reportage photos s’impose !

 

A très vite,

Natacha Ramora

 

GR 97, le mur de la peste – étape 3/4

L’étape de la journée fait résonance à notre actualité si chamboulée depuis quelques mois, je vais longer le mur de la peste un grand moment. Cette terrible épidémie toucha la Provence pour la énième fois de 1720 à 1722 et progressa de 45 kilomètres par mois.

 

Source : passionprovence.org

 

 En 1720, le navire nommé  » grand Saint-Antoine » transportant des soieries pour la foire de Beaucaire introduisit la peste à Marseille. L’épidémie se propagea rapidement et atteignit Apt.

L’année suivante, afin que la maladie ne rattrape pas le Comtat Venaissin, le légat du pape réquisitionna plus de 500 hommes durant 5 mois pour élever un rempart de pierres sèches comprenant 50 postes de garde sur 27 km de Monieux au Taillades. Ce mur servi de frontière entre le Comté de Provence et le Comtat Venaissin.

 

Source : Wikipédia

 

Il reste quelques vestiges de cette muraille près de Cabrières d’Avignon.

 

 

 

 

Comment ne pas songer à cette étrange coïncidence en longeant ce mur qui témoigne d’un terrible fléau ? À chaque époque ses solutions pour combattre les épidémies mortifères : mur s’érigeant en frontière à l’époque, fermeture des frontières aujourd’hui et port du masque recommandé voire obligatoire. Quel que soit le siècle, le bilan est désastreux. Malgré tout, la note d’espoir est que dans les années 1720, la peste a pu être éradiquée. L’humanité s’est relevée de cette épidémie et j’espère qu’il en sera de même pour le monde d’aujourd’hui et de demain. Mais reprenons le cours des choses…

 

 

 

 

Rassurez-vous ! Ce n’est pas la peste 😊! Voici la mauvaise nouvelle du jour, depuis la veille au soir, j’ai une éruption de boutons sur les chevilles et les mollets. Je pense aussitôt à d’éventuelles plantes urticantes présentes dans la garrigue, en montant au Bastidon du Pradon. Je me rends donc à la pharmacie la plus proche mais ces plaques laissent perplexe la personne qui me reçoit. Je ne suis pas certaine de repartir avec le traitement adéquat. Je prends la sage décision de remettre les jambes de mes pantalons, transformés  jusqu’ici  en shorts. Tant pis pour le bronzage estival ! J’arrive à Fontaine-de-Vaucluse sans être particulièrement charmée par le lieu, je crois que la fatigue accumulée et l’inquiétude pour mon éruption sur les jambes altèrent un peu mon jugement.

 

 

Fontaine de Vaucluse

 

À l’autre bout de ce village, en suivant le sentier aménagé, on peut admirer la résurgence de la Sorgue,  au pied d’une falaise de 240 mètres des hauteur. Ce site que l’on dit exceptionnel appeler Vallis clausa, la Vallée close, a donné son nom au département du Vaucluse et aurait inspiré de nombreux auteurs tels que Chateaubriand ou René Char.

 

 

Résurgence de la Sorgue, Fontaine de Vaucluse. Source : Wikipédia

 

 Frédéric Mistral l’évoque quant à lui dans son œuvre capitale,  Mireille.  Il y compte cette belle légende : »

“Parti pour faire danser les filles de l’Isle sur Sorgue, le vieux ménétrier Basile s’endormit à l’ombre un chaud jour, sur le chemin de Vaucluse. Apparut une nymphe qui, belle comme l’onde claire, prit la main du dormeur et le conduisit au bord de la Vasque où s’épanouit la Sorgue. Devant eux, l’eau s’entrouvrit et les laissa descendre entre deux murailles de liquide cristal au fond du gouffre. Après une longue course souterraine, la nymphe, au milieu d’une souriante prairie, semée de fleurs surnaturelles arrêta le ménétrier devant 7 gros diamants. Soulevant l’un deux, elle fit jaillir un puissant jet d’eau. Voilà dit-elle, le secret de la source dont je suis la gardienne, pour la gonfler je retire les diamants, au septième, l’eau atteint “le figuier qui ne boit qu’une fois l’an” et elle disparût en réveillant Basile.”

 

 

 « Nymphes dans une grotte » Gaston Bussière, 1924

 

Lorsque j’aperçois la foule accumulé à l’entrée de la grotte, je préfère rebrousser chemin. J’avoue qu’en cette d’après-midi, il me tarde de trouver un bon lit douillet dans un hôtel charmant ainsi qu’une bonne table.  Mon sac à dos me paraît lourd aujourd’hui.

 

 

Fontaine de Vaucluse, la roue à aubes du moulin à papier

 

Avant cela, je m’accorde une pause gourmande en dégustant une glace qui soigne un peu le découragement. C’est une excellente idée car je ne suis pas au bout de mes surprises. Je charge mon sac sur mes épaules et je repars. Je marche au bord d’une nationale très fréquentée et je ne suis pas rassurée pour ma sécurité lorsque les trottoirs se terminent et que je dois marcher sur la chaussée. Cela m’oblige à réfléchir à ma position d’automobiliste lorsque je suis au volant de mon véhicule et que je râle contre des cyclistes trop lents à mon goût ou que je croise des piétons qui cheminent le long d’une route étroite. Je crois que dorénavant, je serai plus attentive à cela. À bout de force, j’arrive enfin à mon hôtel, situé en retrait de la nationale. C’est un établissement familial où l’accueil est très chaleureux. Certes, les mobiliers et la tapisserie sont un peu fanés mais pour le prix dans un lieu si touristique, c’est plus que correct. Je discute longuement avec le jeune homme qui m’accompagne à ma chambre sur ce trek qui semble l’impressionner.  Je lui demande ensuite où je peux dîner dans le coin et malheureusement, sans véhicule, il me dit que cela va être difficile. Il part se renseigner pour voir si les pizzaiolos du coin peuvent livrer jusqu’ici mais c’est peu probable. Je me résigne déjà à me coucher sans manger : « Qui dort, dîne ». C’est habituellement ce que l’on dit mais ce soir, je ne suis pas vraiment convaincue de la véracité de cette maxime. L’état de mes jambes qui s’est aggravé fini de me démoraliser.

Heureusement, la Providence est avec moi. Mon hôtelier revient avec une excellente nouvelle! Il me dit que sa famille ayant l’intention de commander des pizzas, il en prendra une pour moi si je le souhaite. Quelle gentillesse ! Et le geste est d’autant plus touchant que c’est un vrai délice ! je m’endors en remerciant la Providence et le « dieu » des pizzaiolos qui a certainement élu domicile dans le Vaucluse, à l’Isle-sur-Sorgue !

Demain est un autre jour, les Ocres de Roussillon enchanteront mon cœur, j’en suis sûre.

 

A mardi prochain pour la dernière étape,

Natacha

 

J’en profite pour vous conseiller ce film excellent à l’affiche actuellement : l’histoire d’Antoinette, une institutrice follement  amoureuse, qui va suivre les chemins de Stevenson avec un âne, dans les Cévennes, sans y être préparée. Des aventures rocambolesques et une actrice à la fois émouvante et drôle!  Ne le ratez pas si vous voulez rire de bon coeur!

 

 

GR 97, Le testament de Robert Laurent-Vibert

L’oliveraie du château de Lourmarin

Après une bonne nuit de repos, il est temps de repartir. Isabelle, mon adorable hôtesse de couch-surfing me prépare une délicieuse salade pour mon pique-nique puis me dépose à Lourmarin. Je me promène un moment dans le champ d’oliviers attenant au château puis je visite ce superbe édifice dans lequel on peut admirer une exposition sur Albert Camus qui a vécu les dernières années de sa courte vie à Lourmarin et y est enterré.

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Albert Camus, né le 7 novembre 1913 à Mondovi en Algérie et décédé en 1960,à l’âge de 47 ans, dans un accident de voiture.

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Le château de Lourmarin échappa par miracle en 1920, à la vente aux enchères pour servir de carrière de pierres. Il fut racheté par l’industriel lyonnais Robert Laurent-Vibert qui le fit restaurer par des artisans lourmarinois. Tout comme A. Camus, R. Laurent-Vibert disparut tragiquement dans un accident de voiture mais avait pris soin de faire un testament pour  léguer cette demeure à l’Académie des Sciences, Agriculture, Arts et Belles Lettres d’Aix-en-Provence qui créa une fondation à son nom. Aujourd’hui, cette fondation continue de remplir sa mission, c’est ainsi que ce bel édifice est devenu un pôle culturel et économique important.

 

Les coursives de bois sont admirables

 

 

La bibliothèque du château, source : Francebleu

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De nombreux touristes viennent se recueillir sur la tombe d’Albert Camus chaque année. Certes, comme beaucoup, j’ai lu « L’étranger » : « Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas ». Comment ne pas se souvenir de cette première phrase? Quel dommage que je ne sois pas allée plus loin dans ses oeuvres car grâce à l’exposition, je découvre quelques passages de ses romans qui résonnent en moi. J’ajoute mentalement Camus à ma liste d’auteurs à découvrir.

 

 

 

Je reprends ma route et je visite un peu plus loin le village de Lauris qui possède également un  château situé sur un éperon rocheux. Ses terrasses surplombent la Durance et accueillent deux jardins en un :  le jardin blanc et  celui des Plantes tinctoriales qui comprend plus de 250 espèces de plantes dont on extrait des colorants pour la teinture, la peinture, la cosmétique et l’alimentation.

 

Les jardins de Lauris

 

Le large fleuve en contrebas sert ici de frontière entre le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône et je l’admire le temps d’un coucher de soleil avant de regagner ma chambre d’hôtes située à Mallemort.

 

 

Le lendemain, après ce déjeuner copieux, mon hôtesse a la gentillesse de me déposer à l’entrée des Gorges du Régalon. Je ne m’en doute pas encore, pourtant cette journée de randonnée sera la plus éprouvante de mon trek. Mais pour le moment, tout à mon insouciance, je crapahute dans les gorges, non sans mal, avec mon sac à dos. 

 

 

 

Les cairns des gorges du Régalon

 

Je sors des gorges et continue de suivre mon GR. Je m’amuse de l’appellation du vallon que je vais devoir traverser.

 

Au lieu de rire, je ferais mieux de me méfier : « Vallon de la galère »… un signe annonciateur ?

Je le franchis sans trop d’inquiétude, puis je commence à grimper. J’arrive sur un plateau, royaume des oliviers et des cigales qui stridulent à qui mieux mieux. Un peu plus loin, à quelques mètres de là, j’aperçois le panneau de balisage blanc et rouge, je lève les yeux et je comprends que la journée sera longue. 

 

Voyez-vous où je veux en venir ?

 

Je vais devoir monter au sommet de ce bloc de calcaire pour rejoindre le Bastidon du Pradon, petit refuge qui culmine à 700 m d’altitude, sur un sentier désert, en pleine canicule. Mais je ne suis pas une personne qui baisse les bras. Ma patience de quilteuse et ma persévérance sont mes atouts. Je gravis ce dénivelé pas à pas, je pousse sur mes précieux bâtons de marche, je fais des pauses régulières dès que je trouve un coin d’ombre sous quelques arbustes qui parviennent à survivre dans cette garrigue aride. Je me fixe comme objectif de pique-niquer au sommet. 

 

 

Mon déjeuner ce jour-là a une saveur de victoire et une odeur d’herbes odorantes de mon enfance. Je contemple au loin la région qui m’a vu naître, le département aux accents chantants, terrain de jeu du petit Marcel Pagnol : les Bouches-du-Rhône. 

Je ne dois pas trop tarder pour redescendre sur l’autre versant. Je fais un arrêt au Bastidon du Pradon, un vrai havre de paix après une telle ascension. 

 

 

 

Je prends le temps de graver dans ma mémoire toutes ces petites choses mises là comme une récompense à ceux qui viennent jusqu’ici. Je lis quelques messages sur le livre d’or en cours et  y  inscrit le mien, pleine de gratitude pour ceux qui ont pensé ce lieu. Puis je me hâte. La pente est très escarpée, un sentier rocailleux que la terre et les graviers rendent glissant. Les pierres roulent sous mes chaussures et je peste plus d’une fois en manquant tomber tout en m’ accrochant à mes bâtons.  

Néanmoins, le jeu en vaut la chandelle. En contrebas j’aperçois les ruines majestueuse du château d’Oppède le Vieux qui culminent au-dessus du village ainsi que l’église du 12e siècle, Notre-Dame d’Alidon, qui domine ce panorama.

 

Oppède-le-Vieux

 

Je suis immédiatement charmée par le passage que j’emprunte pour accéder au bourg médiéval.

 

Oppède-le-Vieux, accès par l’arrière du village, à l’opposé du parking

 

En parcourant certaines ruelles, j’ai presque le sentiment que le village n’est plus habité. Mais les chambres d’hôtes et restaurants attestent du contraire, tout comme le petit snack qui porte le logo « recommandé par le guide du Routard », ma bible de voyage selon les destinations. On nous vend une bouteille d’eau de 50 cl trois euros cinquante et le personnel est peu accueillant ! Quel dommage ! 

 

 

Tant pis, je ne veux pas m’attarder sur les petits désagréments, je charge mon sac à dos et je repars. En voulant gagner du temps pour ne pas arriver trop tard à ma chambre d’hôtes, je me perds dans des chemins sans issue. Il est temps de ressortir mon fantastique gps : l’application Visorando qui m’aura montré la bonne route bien des fois.

 

Malgré toute ma bonne volonté, je suis très en retard pour rejoindre Robion, à tel point que mon hôtesse propose de venir me chercher. Je refuse car je ne veux pas la déranger mais je termine l’étape avec la solution « Pékin Express » : la conductrice d’une voiture a sa fenêtre ouverte et s’apprête à partir, je lui demande donc si elle peut m’avancer. Comme la petite mamie du Sud quelques jours plus tôt, la jeune femme me dépose à deux pas de mon logis. Cette journée harassante se termine paisiblement puisque ma logeuse m’attend avec un petit verre de rosé bien frais puis me montre ma chambre. Elle m’a fait la surprise de me réserver celle possédant un lit avec matelas à eau. Je dîne dans l’auberge conseillé par ses soins et ma table jouxte celle de mes voisins pour une nuitée, un couple de Belges et leurs jeunes enfants. Nous passons une soirée extrêmement sympathique à parler de nos pays respectifs et à en comparer les différences. Je rentre me coucher et je m’enfonce dans les remous bienfaisant de mon matelas qui m’enveloppe délicatement. Ce soir, je mérite un vrai sommeil réparateur je crois…d’autant que demain, il me faudra longer le Mur de la Peste….Brrrr, cela fait froid dans le dos!

 

A mardi prochain pour la suite…

Natacha

GR 97, le Luberon dans toute sa splendeur!

Pour la plupart des régions, la rentrée s’est annoncée cette année sous un beau soleil d’été indien. Pourtant il y a une morosité ambiante générale. Le masque est devenu le nouvel objet incontournable dont on ne peut se passer, l’économie est vacillante et beaucoup de Français ont choisi de ne pas partir en vacances cet été. Nous vivons malheureusement dans un climat  d’incertitude et de stress. C’est la raison pour laquelle, tout à ma joie de vous retrouver après cette pause estivale, je vous emmène avec moi pour une belle escapade en Luberon durant quelques semaines, histoire de sortir de  cette grisaille et de s’évader un instant. Je laisse mes copines blogueuses vous parler d’art textile pour emprunter d’autres chemins le temps d’une échappée dans le sud de la France.

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Source : French Riviera Tourism

 

Le Luberon, à prononcer sans l’accent, est une région superbe où les cigales chantent sans cesse leur amour de ces belles terres ocres de Provence.

Les villages, souvent perchés, sont tous plus éblouissants les uns que les autres, au point qu’il est difficile d’en distinguer un parmi d’autres : Gordes, Lourmarin, Roussillon, Cucuron,  Chacun d’eux essaye, par sa splendeur, d’obtenir la distinction du plus incontournable à visiter. Riche de cette information et prenant en compte les restrictions de voyages dans certains pays étrangers, j’ai donc décidé, pour cet été, de rester dans notre  pays et de faire le tour du Luberon, à pieds, en sac à dos. Toutefois, je me suis autorisée à le faire en mode doux, c’est-à-dire pas de tente, pas de sac de couchage ni de réchaud à porter. J’ai organisé mes étapes en fonction des hôtels et des chambres d’hôtes réservés à l’avance, en dînant dans des auberges ou des restaurants aux cartes alléchantes sentant bon les herbes de Provence et le petit rosé bien frais.

C’était un challenge important pour moi car même si j’ai l’habitude de randonner régulièrement, partir marcher en itinérance sur dix jours est un tout autre défi. Je l’ai pourtant relevé avec plaisir, presque déçue de voir ce trek s’achever.

Des Alpes de Haute-Provence au Vaucluse; des Gorges de Régalon à Oppède le Vieux en passant par les crêtes; de Gordes aux couleurs ocres du Roussillon; des fontaines rafraîchissantes à la sérénité des vieux lavoirs désertés par les lavandières, chaque kilomètre a apporté son lot d’émerveillement malgré la canicule et un dénivelé quelquefois élevé.

Je vous emmène avec moi à la découverte des sentiers provençaux qui sentent  la lavande, le thym et le romarin. Prenez vos bâtons, chaussez vos lunettes de soleil, nous partons…

Mais avant de débuter le GR, il nous faut tout d’abord faire une petite étape pédestre de Saint-Michel l’Observatoire (dans les Alpes de Haute Provence, où se trouve l’observatoire du même nom) jusqu’à Céreste, point de départ de mon GR afin de laisser mon véhicule sous bonne garde.

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Le moulin de Saint-Michel l’observatoire a été rénové il y a plus de 10 ans

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Les chemins de Saint-Jacques de Compostelle ont déclenché un déplacement de foule considérable. Riches ou pauvres, nombres de pèlerins se mettaient en chemin, parfois depuis le fin fond de l’Europe. Les voies romaines facilitaient ces grands déplacements. C’est donc une d’entre elles que nous avons suivi pour rejoindre Céreste. Les villages traversés ont hébergé, nourri et soigné de nombreux voyageurs. Nous pouvons d’ailleurs apercevoir le symbole de la coquille sur certaines sépultures du prieuré de Carluc.

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Le Prieuré de Carluc : la chapelle ainsi qu’une partie des restes du Prieuré sont classés Monuments Historiques

 

 

Les sépultures du Prieuré

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Nous avons aussi découvert le petit village de Lincel où il n’y avait âme qui vive.

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Peu de touristes à Lincel qui possède pourtant des chambres d’hôtes.

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De nombreux villages de Provence ont conservé leurs lavoirs.

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Voilà, nous y sommes enfin à Céreste ! le temps d’une nuit réparatrice et ma fille embarque pour de nouvelles aventures sur l’île de beauté tandis que je me prépare pour un trek de longue haleine de 10 jours riche en émotions.

 

Allons-y !

 Me voici fraîche et dispose, piaffant presque d’impatience. Je me mets en route, l’objectif du jour est d’atteindre Cucuron mais je sais que cela va être difficile car il y a énormément de kilomètres à parcourir. Je grimpe sur un sentier forestier jusqu’à Montjustin puis je traverse le Bois de Madame. j’ai vraiment été mise en garde sur les risques d’incendie dans la région qui allie sécheresse et canicule . Tandis que je rejoins tranquillement Vitrolles-en-Luberon, je prends quelques photos.

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J’aperçois une épaisse fumée en contrebas dans la forêt et un bombardier d’eau qui la survole. Je sais que je dois prendre une décision rapide car je suis isolée dans un petit village silencieux, c’est à peine si j’entends quelques discussions feutrées derrière des volets clos. J’abandonne donc le GR à regret et dès la sortie du village, je guette une voiture sur cette route désertée. Mais la chance est avec moi, c’est la première fois que je tends le pouce depuis de nombreuses années – oserais-je même dire plusieurs décennies – et une petite citadine blanche s’arrête. À son bord, une mamie du sud, qui me fait immédiatement penser à ma grand-mère paternelle, Mémé. Je lui explique le problème tandis que nous redescendons et croisons plusieurs véhicules de pompiers qui remontent.

Attendrie, la vieille dame se détourne de sa route pour m’emmener jusqu’à Cucuron et je suis touchée par ce premier geste de solidarité. Je crois que je suis prête pour m’inscrire à Pékin Express. 

La soirée est plus douce, une belle chambre d’hôte climatisée et une piscine qui permet de se rafraîchir sont un havre de paix. Je sors dîner tôt près de l’étang et je m’en félicite lorsque je vois l’affluence dans les restaurants sur la place un quart d’heure plus tard, avec beaucoup de touristes dépités de ne pas pouvoir dîner.

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Tapenade et rosé de Provence

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La place de l’étang

 

Je flâne ensuite dans les rues de Cucuron et admire le coucher de soleil de cette douce soirée provençale avant de rentrer me coucher.

 

La nuit tombe sur Cucuron

 

 

 

 

Le lendemain est une journée de repos et je l’apprécie pleinement. J’ai convenu avec mon hôtesse de couchsurfing Isabelle, qu’elle viendrait me chercher dans l’après-midi à Cucuron pour rejoindre son domicile à Cadenet. En attendant je profite de la piscine. J’ai rencontré Isabelle sur un groupe Facebook qui permet aux femmes qui voyagent seules d’échanger plein de bons plans et de conseils sur toutes destinations, y compris à l’étranger, et de demander ou de proposer éventuellement un couchsurfing. Cette communauté est un formidable moteur pour les femmes qui aiment découvrir le monde en solo.

Isabelle m’a proposé spontanément de m’héberger et elle a été un véritable coup de cœur pour moi.  La soirée chez elle est donc sympathique et bien entendu, nous parlons de voyages : ceux déjà faits, ceux à venir et ceux espérés. Mais il est temps de prendre du repos, demain j’ai rendez-vous avec Albert Camus…

 

à   mardi prochain pour la suite…

Natacha

 

La vie reprend son cours…

Il y a quelques semaines, je vous montrais quelques ouvrages terminés ainsi que mes encours.  J’avoue que je n’ai pas beaucoup avancé, très occupée tout d’abord par la fabrication de masques, comme nombre d’entre vous, mais aussi par la vie qui reprend ses droits. Mais malgré tout, j’ai pu terminer ma housse de machine à coudre et j’en suis plutôt contente car le rendu est joli, même si la qualité de la photo est très moche et je m’en excuse.  J’ai suivi les explications du livre de Sabine Ptitboutdfil.

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et donc, le tissu au style amérindien ci-dessous, que j’ai matelassé au préalable :

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est devenu cette jolie housse de machine à coudre :

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J’espère que chacune et chacun de vous aura pu reprendre une vie à peu près normale. Pour ma part, hormis, le fait de mettre un masque lorsque je vais faire des courses et de devoir trouver des solutions pour ma fille cadette qui n’a cours que deux jours par semaine, j’avoue que ce vilain virus qui a fait tant de dégâts occupe moins mon esprit. Même si j’ai dû remettre à plus tard beaucoup de mes projets, j’ai eu la chance de ne pas avoir de proche atteint par la maladie et il vrai que là où je vis, nous ressentons moins les effets de nombreuses règles à respecter : peu de transports en commun et des centres commerciaux à échelle humaine où le port du masque reste obligatoire, bien sûr.

Pourtant, cette parenthèse confinée a laissé des traces en chacun de nous et il ne nous faudra pas perdre de vue cet épisode pour en tirer les enseignements, tout comme les méfaits mais aussi les bienfaits pour la planète.

Je vous souhaite à tous de reprendre le cours de vos vies le plus normalement possible, même si je me doute bien que pour certains, les choses ne seront plus jamais comme avant.

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Prenez soin de vous,

à très vite.

N@tacha Ramora

 

 

 

Quiche à la roquette et au jambon cru pour fêter le déconfinement!

 

Le temps du déconfinement est enfin là et chacun et chacune de nous reprend peu à peu  le cours de sa vie. Pourtant, il nous faut éviter désormais et  jusqu’à nouvel ordre, les embrassades et les poignées de main. Malgré cette distanciation sociale, on sent que par chez nous, les gens sont heureux de pouvoir sortir à nouveau longuement pour de grandes balades.

Mercredi dernier, j’ai profité d’une accalmie entre deux averses pour aller faire une longue promenade à vélo le long de la Saône et, chose rare, les gens se saluaient et se souriaient, échangeaient parfois quelques mots, tout à leur bonheur de pouvoir flâner longuement. J’espère que ce changement bénéfique durera dans le temps, savoir apprécier la douceur du quotidien. Nombre d’entre nous allons pouvoir revoir nos proches, ceux qui habitent à moins de 100 kms. Je vous souhaite donc de belles retrouvailles et, tout en respectant les gestes barrières, de profiter pleinement de toutes ces personnes qui vont ont manqué. Je vous propose une petite recette printanière voire estivale à déguster avec vos proches retrouvés.

 

Quiche à la roquette et au jambon cru

Ingrédients

– 1 pâte feuilletée

– 200 g de roquette

– 50 g de beurre

– 2 échalotes

– 150 g de jambon cru

– 60 g de parmesan (ou 100 g fromage chèvre frais)

– 2 dl de crème fraîche

– 2 dl de lait

– 2 oeufs

– Sel, poivre

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Préchauffez le four à 210 °C pendant 10 minutes. Coupez grossièrement la roquette. Faites revenir dans le beurre les échalotes coupées finement. Ajoutez la roquette en veillant à ne pas la cuire entièrement pour la garder croquante.

Déroulez la pâte feuilletée dans un moule avec sa feuille de cuisson. Piquez le fond à la fourchette. Découpez le jambon cru en larges rubans. Disposez le mélange de roquette et d’échalotes puis le jambon sur le fond de tarte. Saupoudrez de parmesan ou rajoutez le fromage de chèvre selon goût.

Mélangez la crème fraîche, les oeufs et le lait. Salez, poivrez.

Versez la préparation sur la pâte, enfournez pendant 25 à 30 minutes à 210 ° (th7).

Régalez-vous !

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Tout comme vous, je vais reprendre le cours de ma vie et, par conséquent, le rythme du blog, les premiers et troisièmes mardis du mois.

A bientôt pour un nouvel article, en attendant, prenez bien soin de vous!

 

N@tacha Ramora

Chantal Baquin « Quilte pour vous »

Si certaines d’entre nous ont découvert le patchwork ou le travail du fil tardivement, pour d’autres, en revanche, ce fut inscrit très tôt dans leur parcours de vie, avec parfois un extraordinaire goût de liberté. Ce fut le cas pour Chantal Baquin, long-armeuse aux commandes de l’entreprise « Je quilte pour vous ».

Le premier ouvrage de Chantal fut un bout d’écharpe au crochet pour sa peluche préférée lorsqu’elle était enfant. Mais très vite, comme sa maman lui demandait de ne pas rester sans rien faire sur la plage, l’été, elle opta pour le canevas plutôt que pour les devoirs de vacances.

La couture fut pour elle un vent de liberté. Sa mère cousant la même robe pour sa soeur ainée comme pour  elle, autant dire qu’elle portait des tenues identiques pendant des années, d’abord celles qui lui était destinée puis, une fois trop petites, celles de sa soeur!  C’est donc pour échapper à la lassitude de porter le même modèle qu’elle s’est mise à coudre ses propres vêtements. Grâce aux patrons trouvés dans les magazines  « 100 idées » et  « Modes & travaux », elle s’est confectionné une robe vert flashy, une cape, des vêtements extravagants, sans rien dire à personne, en empruntant la machine de sa soeur quant celle-ci ne s’en servait pas. Ainsi, Chantal  a appris à coudre seule, en observant sa maman et en glanant des astuces dans les revues : un peu d’espièglerie et déjà des mains douées pour faire ressortir le meilleur des tissus.

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Puis, elle s’est offert avec malice son premier pantalon, un « jean », vers l’âge de 15 ans, grâce à l’argent gagné en faisant du baby-sitting. Ce pantalon, elle l’a usé  jusqu’à la corde, le transformant même en short pour l’amortir jusqu’au bout! Le symbole fort que représentait ce premier achat au goût de liberté était un pied de nez à  l’éducation reçue, stricte et parfois étouffante.

Elle aurait adoré préparer un CAP de couture mais au lieu de cela, elle a dû passer son bac. Puis elle a été admise en IUT d’animations socio-culturelles, IUT qu’elle a choisi  pour son éloignement à l’autre bout de Paris, faute de pouvoir se diriger vers l’histoire de l’art, selon son propre goût. Lorsque  son père, fut  chargé d’éclairer et de mettre en valeur  toutes les expositions du Petit et Grand Palais, elle  pu profiter de ce joli privilège pendant une quinzaine d’années, les visitant toutes, ce qui lui permit d’avoir de grands moments de complicité avec son papa avec qui elle déjeunait avant qu’ils ne se promènent ensemble dans les expos et leurs coulisses.

Elle a enfin pu accéder à des études d’histoire de l’art, si chères à son coeur . C’est pourquoi elle est partie sur Dijon et a travaillé, parallèlement à ses études, dans une association de restauration de patrimoine qui s’occupait de petits lavoirs en Bourgogne.

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Lavoir de Noyers-sur-Serein, Bourgogne

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.En outre, Chantal est aujourd’hui titulaire de la formation Rachel Boyer de  l’école du Louvre, cycle réputé et fortement demandé. C’est grâce à ce cursus qu’elle peut regarder et comprendre un tableau ou une oeuvre d’art, mais aussi un  patch, sachant immédiatement ce qu’elle va devoir mettre en valeur. Elle a ainsi rapidement un aperçu des différents quiltings qu’elle va pouvoir proposer.

Sa première approche du patchwork, elle l’a eu en tant que jeune fille au pair en Angleterre, dans une famille aristocratique. Tandis qu’elle  accompagnait la jeune maman à Londres, chez Harrod’s, elle a acheté des coupons de Laura Hasley fleuris avec lesquels elle a fait son premier ouvrage.

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Harrod’s, la « caverne d’Ali Baba », Londres

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.Puis, elle a créé un baby quilt pour son premier bébé :  une échelle de Jacob dans des tons de bleus. Par la suite, elle s’est surtout concentrée sur la couture utile pour ses enfants et sa maisonnée. Chantal s’est beaucoup investit dans son rôle de mère et d’épouse, mais c’était sans compter les vicissitudes de la vie. Son mari a choisi de continuer la route sans elle et Chantal a dû retrouver un emploi rapidement. Une cliente du magasin l’a mise en contact  avec Emma Coutancier et elle a pu intégrer sa boutique « Au fil d’Emma ».

Peu de temps après, elle a eu une belle révélation à Sainte-Marie-aux-Mines! Dans l’entrée du Carrefour Européen trônaient de magnifiques Long-arms. Au moment de la pause déjeuner, elle est restée longuement en admiration devant le travail minutieux de ces belles machines. Lorsqu’elle y est retournée le lendemain, ce fut pour investir dans son futur avenir professionnel de long-armeuse, repartant du Carrefour la tête pleine de projets. Un de ses fils s’est chargé de créer son site internet et c’est ainsi que l’aventure a débuté. Grâce à un excellent référencement sur internet ainsi qu’un coup de pouce d’Emma, elle est parvenue à se faire connaître. L’aventure de « Je quilte pour vous » prenait vie.

Désormais professionnelle impliquée dans son métier, il lui est primordial de connaître l’histoire de l’ouvrage qu’elle va installer sur sa long-arm pour affiner davantage son quilting. Elle souhaite qu’il corresponde complètement aux attentes de la quilteuse qui lui aura confié un patch si précieux pour elle. Bien sûr, quelquefois, l’idée d’un quilting peut prendre du temps et Chantal attend que l’ouvrage lui parle, restant parfois un long moment en admiration devant lui avant de se mettre au travail, pleine d’inspiration. Elle est animée d’une grande passion pour son travail  et lorsqu’elle a la chance de quilter un Dear Jane, l’enthousiasme est alors à son comble.

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Détail d’un Dear Jane

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.De temps à autre,  il lui arrive de remettre un ou deux coups d’aiguille de ci, de là, sur le patch d’une dame très âgée qui aura laissé filer quelques points. C’est de cette façon que Chantal aime son travail : magnifier un quilt, le mettre en valeur et rendre hommage à celle qui a passé tant d’heures à le confectionner.

Aujourd’hui, Elle donne régulièrement des cours de piqué libre dans les clubs de France patchwork par exemple  ou sur des salons et elle aime transmette et partager son savoir. Mais elle quilte également des patchs caritatifs tels que des baby-quilts, des caches-couveuse, ou encore des patchs pour des tombolas. Que ce soit dans son métier ou dans son quotidien, elle aime faire de petits gestes généreux pour prendre soin de son prochain et de la planète : utiliser des plats en pyrex plutôt qu’en plastique, privilégier les Bee’s wraps plutôt que le film alimentaire….de petites actions qui font du bien..

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Quilting d’un ouvrage traditionnel

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.Il y a quelques années, sur le Quilt Market de Houston, elle a rencontré le fondateur de  WonderFil Specialty Threads,  basé à Calgary, Canada, dont les variétés de fils et leurs utilisations sont nombreuses : quilting, broderie, art de la fibre,  dentelle aux fuseaux, crochet, couture… Chantal a été formée techniquement sur le choix  : fabrication, couleur, solidité, texture, tout ce qui permettra le meilleur rendu. C’est pourquoi elle est l’une des ambassadrices  Wonderfil. Mais nous pourrions également la définir comme une professionnelle impliquée, une long-armeuse passionnée par son métier ou encore une femme qui a su mener des combats pour s’affranchir d’une éducation stricte..

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Quilt Passaglia

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.Confiez-lui vos quilts, elle  mettra en valeur avec enthousiasme et dextérité vos ouvrages…

 

 https://www.jequiltepourvous.com/

 

Mail :    contact@jequiltepourvous.com

 

 

 

 

A bientôt pour un nouvel article !

A priori, il ne devrait pas y avoir de publication dans 15 jours. Si tout se passe comme prévu, je serai en Mauritanie pour un trek dans le Sahara, mais nous sommes dans l’attente de directives des autorités mauritaniennes qui vient d’expulser des touristes italiens n’ayant pas respecté le confinement demandé pour éviter la contamination par coronavirus sur leur sol. Affaire à suivre donc…

N@tacha Ramora

 

De retour !

Bonjour à toutes et tous,

.Je suis très heureuse de vous retrouver après de si longs mois d’absence. Je reviens avec de nombreux projets d’articles et une envie très forte d’attiser  votre curiosité et de satisfaire la mienne.
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Cette longue pause m’a été bénéfique. Elle a d’abord été studieuse dans un premier temps puisque j’ai entamé une formation par correspondance de journalisme, qui, si elle ne délivre pas de diplôme en fin de cursus,  permet toutefois d’avoir un aperçu général des médias et de leur influence. Je ne souhaite  pas  me reconvertir dans cette branche là, cela me semblerait bien imprudent. Mais c’est toutefois une formation qui me tenait à cœur depuis de nombreuses années. Elle m’a apporté une grande satisfaction personnelle et  me sera utile pour le blog.
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Cette interruption a aussi été synonyme de changement pour moi. Afin de me préserver, j’ai été contrainte de faire des choix douloureux et de laisser derrière moi des personnes que  j’aimais profondément pour mettre fin à une  situation complexe, de celles qui vous empêchent d’avancer et  vous font de la peine. Mais au bout du compte, après la tristesse vient le soulagement, la redécouverte de soi et la sérénité. Aujourd’hui, je suis une femme bien plus épanouie, qui a soif de découvertes et qui est curieuse des autres.  J’ai envie de vivre dans la joie et la tranquillité d’esprit, dans l’ouverture aux autres et vers  le monde qui m’entoure et je souhaite partager avec vous cette manière de voir le monde. C’est tellement gratifiant de voir le  » verre à moitié plein ».
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Alors je vous emmène avec moi, comme avant, à la découverte d’artistes en Art textile, de patcheuses et de chaleureuses boutiques de quilts. Mais je vous ferai découvrir également mes coups de cœur littéraires ou cinématographiques, les recettes de cuisine que j’affectionne particulièrement et qui réjouissent nos convives.
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Enfin, comme j’ai décidé de profiter de ma liberté pour faire de beaux voyages, sur notre continent ou un peu plus loin, je vous emmènerai dans mes belles escapades afin de vous faire voyager derrière votre écran.
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Comme à l’accoutumé, les publications se feront les 1ers et 3èmes mardis de chaque mois. J’espère que vous aimerez le nouveau look de ce site!
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.Si ce programme vous tente, je vous donne d’ores et déjà rendez-vous dans une petite quinzaine, le mardi 3 mars,  avec l’interview de Chantal Baquin, Long-armeuse aux commandes de « Je quilte pour vous ». J’espère que vous serez nombreuses et nombreux à retrouver le chemin de ce blog! Je vous embrasse …..
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à très bientôt……
N@atacha Ramora

Une longue pause !!!

Mon retour est repoussé de quelques jours, question de timing mais je reviens…..c’est promis, j’y travaille très, très activement !

Chères lectrices et lecteurs,

Je dois avouer que ces derniers mois, je me suis laissée happer par la vie et son tourbillon frénétique. Toute blogueuse vous dira combien la tenue d’un site peut-être chronophage et dans ces cas-là, lorsque vous avez mille choses à faire ou à vivre, préparer des articles, se documenter, les peaufiner puis les mettre en page devient difficile dans un emploi du temps chargé. Pourtant, c’est quelque chose que j’aime faire profondément car c’est passionnant et cela me correspond bien : écrire, observer, se cultiver sur un sujet précis, toutes ces étapes apportent leur lot de découvertes et de satisfaction personnelle.

Mais voilà, en dehors d’être la blogueuse que vous connaissez, je suis aussi une maman qui travaille beaucoup et qui est bien occupée par l’éducation de ses enfants et la logistique qui en découle. Cette année scolaire est une période importante dans la vie de mes enfants. Ma fille aînée Fanette, toute nouvelle bachelière, va démarrer sa première année de licence à la fac et ma petite dernière, Indiana, fait son entrée au collège, en 6ème. Les mois et les années passent si vite que je ne veux rater aucune de ces grandes étapes dans leur vie.

Mais en même temps, il faut désormais que je pense à moi car l’une d’elle s’apprête déjà à quitter le nid pour construire son avenir et l’autre va s’affirmer et réclamer peu à peu plus d’indépendance. Il  me faut donc vivre moi aussi et construire l’après. Il y a plusieurs projets que je souhaite voir se réaliser et parmi eux, il y en a un qui me tient particulièrement à cœur et qui concerne ce blog. Je souhaite améliorer mes écrits, progresser, rendre mes reportages plus vivants et pourquoi pas, ce blog un peu plus interactif. Je viens donc d’entamer une formation par correspondance de plus d’un an pour travailler sur tout cela, formation qui demande une certaine implication. c’est la raison principale pour laquelle je vais mettre mon blog en pause environ 18 mois. Mais je vous le promets, cette pose momentanée est pour mieux vous retrouver ensuite avec des reportages plus réalistes et de belles surprises !

En haut à droite du site, vous trouverez le décompte de temps pour la réouverture du blog.
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Et pour terminer :
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Ce n’est qu’un au revoir, c’est promis alors restez abonné(e)! 😉
Natacha