Rendez-vous à l’Atelier des coeurs de Florence Chambe

Florence Chambe

 

Si j’aime plus que tout aller à la rencontre d’artistes et de commercantes passionnées de patchwork afin de vous faire partager mes coups de coeur, j’aime aussi découvrir les lieux où elles expriment leur art. Ce matin là, je peux dire que j’ai été autant charmée par ce petit coin de paradis niché au coeur d’une ancienne remise que par l’hôtesse des lieux.

.

IMG_20151205_120417

.

Chères lectrices et lecteurs, aujourd’hui nous poussons la porte de « l’Atelier des coeurs », comme promis. Et nous voilà tout d’un coup transportés dans l’univers country de Florence Chambe.

 

Exterieur Atelier

 

Tandis que Florence me prépare une grande tasse de café, je me laisse imprégner par cet endroit qui me donnerait envie de coudre pendant des heures, un chat lové à mes pieds, tout en observant les reliefs environnants. Pourtant, ce n’est pas ici que Florence a commencé son parcours. Revenons quelques années en arrière…

Avant d’être la créatrice que nous connaissons, Florence est avant tout une tendre maman. Ainsi, à la naissance de son premier enfant, elle a pris un congé parental afin de se consacrer à son nouveau-né, choix d’autant plus important pour elle qu’elle venait de perdre son papa. A la naissance du second, son mari ayant  aménagé entièrement leur maison – une ancienne remise –  d’où le titre de son livre « Au coeur de ma remise », elle avait besoin de mettre sa patte pour se sentir bien dans cette jolie bâtisse de pierres et de bois. C’est ainsi qu’ elle a débuté le point de croix.

.

Coeurs brodés

Source : « Garbotou.wordpress.com

.

Enceinte de ses deux petits derniers, ses jumeaux, elle est tombée sur un kit de patchwork en flânant dans la boutique de l’Atelier des Abcdaires. Sous le charme, elle ne s’est pas laissé tenter tout de suite mais s’est promis de s’y mettre un jour. Lorsqu’elle a enfin pris son premier cours de patchwork, ce fut une révélation! Elle n’en revenait pas de se dire qu’elle serait capable, dans quelques temps,  de réaliser de belles choses de ses mains. Comptable de profession elle n’avait toujours été que dans les chiffres. Tout s’est enchaîné assez vite. A la fin de cet ultime congé parental, elle ne se voyait pas refaire de la comptabilité. Elle avait envie d’autre chose. Pourquoi ne pas ouvrir une boutique de patchwork? C’est ainsi que son projet a vu le jour, à Brignais, dans le Rhône, dans un commerce sur deux niveaux. Elle s’occupait essentiellement  de la gestion. Mais son associée de l’époque l’a encouragée à donner des cours. Pour chaque cours donné, elle a donc proposé un petit ouvrage a réaliser. Malheureusement, suite à un imprévu, la boutique a dû fermer ses portes au bout de deux ans. Ce fut une épreuve douloureuse pour Florence car elle s’est beaucoup investie dans ce projet. Pourtant, elle a décidé de ne pas baisser les bras et a donc ouvert un second magasin seule, au centre de Brignais. Encore un projet dans lequel notre créatrice à mis tout son coeur. Afin de l’aider au mieux, elle a demandé à Françoise, l’une de ses clientes avec laquelle le contact était excellent, de la seconder au magasin. Elles ont pu ainsi mettre en place un planning qui lui permette  de s’occuper de ses quatre enfants dès la sortie de l’école. Parallèlement, ses amies lui conseillaient de faire des salons. C’était un nouveau challenge qui l’effrayait un peu. Après un premier petit salon plutôt réussi, elles l’ont aussi encouragée à faire saintes-Marie aux Mines. Elle n’y pensait même pas tant cela lui paraissait inaccessible. Mais portée également par son mari Philippe, Florence a présenté sa candidature, pensant qu’elle ne serait acceptée que l’année suivante. Cependant, les nouveaux chapiteaux ayant été installés, au bout de quelques semaines, elle a reçu un appel lui annonçant qu’il restait un dernier emplacement pour elle, si elle le souhaitait.

.

Atelier des coeurs salons

.

Ce premier grand salon fut  une étape importante dans l’évolution de son entreprise. Car, peu à peu, un choix s’est imposé pour notre créatrice. La boutique, les cours du lundi au magasin, les salons, les créations…..cela faisait beaucoup de choses à gérer tandis que ses enfants réclamaient eux aussi leur maman et ressentaient le manque. Elle a donc dû prendre une décision difficile mais nécessaire au bout des deux années de travail intensif au magasin, celle de le fermer afin de s’orienter désormais vers les expos de patchwork et loisirs créatifs et de pouvoir davantage se consacrer à ses enfants. Depuis, elle participe à une bonne dizaine de salons par an, des salons importants tel que Saintes-Marie,  les ID créatives de Lyon ou Grenoble ou des petits salons régionaux.

.

Salon atelier des coeurs

.

 Sur son stand, c’est un univers country que vous découvrez, un univers qui lui ressemble. Dans ses créations, elle essaye toujours de se mettre à la place de ses clientes pour proposer des produits abordables et des fiches créatives qui leur permette d’utiliser leur chutes de tissus sans devoir forcément acheter un kit complet qui revient cher. Florence m’avoue ne pas être une bonne dessinatrice mais elle souhaitait rajouter quelques appliqués aux formes géométriques qu’elle affectionne. C’est donc son mari Philippe qui dessine les belles courbes de ses appliqués et exprime ainsi son propre côté créatif. Elle me dit en riant qu’ils se chamaillent parfois un peu gentiment car Philippe aurait tendance à se laisser emporter dans son élan créatif tandis que Florence lui demande quelque chose de précis. A n’en pas douter, ils forment tous deux un joli duo et il n’est pas rare de les voir ensembles sur un salon. Plus libre désormais de profiter de sa famille depuis qu’elle a fermé boutique, Florence a créé un bel atelier attenant à sa maison, petit chalet de bois  aménagé par Philippe où elle m’a reçue ce jour-là. L’endroit est chaleureux et le cadre est exceptionnel, entouré des monts du Lyonnais ou règne une luminosité et un calme apaisants, loin du brouhaha de la vie citadine.

.

IMGP4902

.

Tout est si joliment mit en valeur dans son atelier que l’on aurait envie de tout toucher, de tout acheter et l’on se projette sans difficulté sur un nouvel ouvrage à créer. Notre charmante créatrice  espère mettre en place quelques stages dans ce joli cadre. je ne manquerai pas de vous en faire part et je vous recommande même de vous y rendre pour passer un moment de plaisir absolu, hors du temps!

.

IMGP4901

.

Avant de refermer cet article, je tiens à remercier vivement Florence pour ce bon moment passé avec elle à échanger sur sa passion mais aussi sur les petites choses de la vie qui touchent les mamans que nous sommes avant tout. Elle m’a offert son livre « Au coeur de ma remise », que je vais garder précieusement parmi mes ouvrages préférés.

.

Vous pouvez suivre l’actualité de Florence Chambe sur sa page Facebook :

https://www.facebook.com/LAtelier-des-Coeurs-545550372170551/?fref=ts

.
Florence possède aussi un site de vente internet, toutefois, sachez qu’il sera bientôt mis à jour :

http://www.atelierdescoeurs.com/

.
Vous pouvez vous procurer son livre sur son stand ou à l’atelier mais aussi auprès des Editions de Saxe, sur les salons et magasins de patchs, en librairie et sur les sites de vente en ligne :

.

Au coeur de ma remise

.
Et pour terminer, un petit bonus :

.

.

.

IMGP4907

En repartant de chez Florence,

un moment hors du temps vous dis-je!

.

.

Je vous souhaite de tres joyeuses fetes de noël

à toutes et tous,

qu’elles soient pleines de tendresse, entouré(e)s de vos proches!

Natacha

STUPEFACTION !

Oui, en effet je peux bien avouer que je suis stupéfaite et un peu déçue. Il y a quelques jours, j’ai consulté le site de quiltexpobeaujolais pour glaner quelques infos sur la prochaine édition 2015. Quelle ne fut pas ma surprise de lire sur le site que, désormais, quiltexpobeaujolais devenait une biennale, autrement dit, le prochain rendez-vous n’aura lieu qu’en avril 2016.

Quiltexpobeaujolais

Quiltexpobeaujolais

 

Petite rétrospective :

Après avoir été responsable artistique durant 4 ans du salon « Expo Magic Quilt » à la Sucrière de Lyon et suite à une forte demande des quilteuses de Rhône-Alpes, Monique Bonnet a organisé, en partenariat avec l’association B&B Arts Textiles de Beaujolais & Brionnais, un nouveau salon dédié au patchwork et à l’art textile contemporain. C’est ainsi qu’est né Quiltexpobeaujolais en 2010.

Lors des deux premières éditions de 2010 et 2011, le salon s’est déroulé dans les superbes caves voutées de l’ancien chaix du Domaine de Douzes Communes à Anse, avec un espace commercial sous chapiteau :

Caves de l'ancien chai

Caves de l’ancien chai

 

Mais, fort de son succès, le salon a dû trouver un lieu d’accueil plus grand qui puisse à la fois recevoir les visiteurs de plus en plus nombreux,  les artistes invités et leur permettre d’exposer leurs oeuvres, ainsi que tous les stands commerciaux d’arts textiles. C’est donc le Parc Expo de Villefranche-sur-Saône qui a été choisi.

.

Parc expo de Villefranche sur Saône

Parc expo de Villefranche sur Saône

 

Affiche de quiltexpobeaujolais 2012

Affiche de quiltexpobeaujolais 2012

 

Ainsi, depuis quelques années, cette exposition internationale d’Art textile reçoit des artistes venant des quatre coins du monde pour le plus grand plaisir des quilteuses de Rhône-Alpes et des autres régions de France. Hélas, il nous faudra à présent attendre presque 18 mois pour assister à la prochaine édition et j’aimerai comprendre pourquoi ce changement…… La crise toucherait-elle aussi le monde du patchwork?  Nous ne sommes pas sans savoir que ces dernières années, nombre de merceries et de magasins de tissus ont fermé leurs portes.

Je me dois de mener une enquête minutieuse qui me prendra un peu de temps…. Restez attentives chères lectrices et chers lecteurs, dans quelques mois, j’espère vous apportez une réponse à cette interrogation. Si parmi vous certains ont quelques infos ou suggestions, merci de les mettre en commentaire, j’y répondrai avec plaisir!

@ bientôt

Natacha Ramora

 

 

Un moment avec Jane Rollason

Dès que j’ai eu connaissance de la 5ème édition du salon QuiltexpoBeaujolais, j’ai farfouillé sur le net pour voir quels événements majeurs étaient prévus et  quels étaient  les artistes invités.

Après quelques échanges de mails avec Jane Rollason et une fois mon inscription à son stage de piqué libre en poche, me voici donc un vendredi après-midi  d’avril devant le Parc Expo de Villefranche sur Saône. Beaucoup de dames déjeunent aux abords du bâtiment, les unes au soleil, les autres à l’ombre, certaines en groupe, d’autres seules. Je me dis que quelques-unes d’entre elles viennent sans doute de loin pour assister à cet événement et à en croire les diverses plaques d’immatriculation, je semble être dans le vrai.

Je pénètre dans le grand hall d’accueil, jette un oeil distrait au stand du chocolatier et m’avance timidement avec mon sésame en main, l’inscription au stage de Jane. Un petit coup de tampon sur la main et l’on m’indique le lieu où se déroule l’atelier choisi. Me voici au coeur des différents stands de vente mais je ne m’attarde pas pour ne pas être en retard. J’arrive devant un grand box où nombre de machines à coudre attendent leur brodeuse d’un jour. Nous arrivons toutes progressivement et, tout en me mêlant aux conversations en cours, je scrute l’arrivée de notre professeur émérite. Je la reconnais tout de suite! Facile me direz-vous! Jane porte un grand tablier où figure son nom!

 

 

Elle me charme tout de suite avec son bel accent british et ses efforts pour nous parler en Français. Cela donne une jolie couleur à son discours. Mais je crois que ce qui mon charme encore plus, c’est le fait qu’elle soit pieds nus! J’adore cette petite touche d’originalité. Chacune d’entre nous s’installe de part et d’autre de notre professeur et nous découvrons sur le petit livret distibué le travail que nous allons effectuer aujourd’hui. Sur le papier, cela à l’air si simple…….
La réalité est tout autre!
Je fais connaissance avec ma machine à coudre et les premiers déboires passés, je me rends compte combien elle est souple et agréable à utiliser par rapport à la mienne qui est une machine toute simple. Je ne suis déjà pas habile en piqué libre, alors m’entraîner chez moi à la demande de Jane va être un exercice de haut vol!

Notre professeur est attentive à chacune d’entre nous, elle papillonne d’une élève à l’autre selon les demandes et donne des conseils judicieux. Après chaque exercice réalisé, elle nous réunit autour d’elle pour nous expliquer la prochaine étape. Elle nous parle aussi des critères qui sont pris en compte par les jurys pour la réalisation de patchwork puisqu’elle fait parfois  parti de l’un d’entre eux. Elle a l’habitude d’évaluer les points positifs ou négatifs d’un ouvrage.

Les minutes s’écoulent trop vite, le stage touche à sa fin et chacune plie ses affaires pour repartir vers d’autres aventures créatives. Je promets à Jane de lui envoyer d’ici trois mois des photos de mes progrès en piqué libre mais je pense que je vais m’accorder un délai plus long tant il est nécessaire que j’investisse dans une nouvelle machine.

En sortant de ce cours passionnant, je me sens l’âme créatrice. Je commence à arpenter tranquillement l’exposition et je savoure la chance d’avoir pris un après-midi de semaine pour être ici. En effet, il y a moins de monde que le week-end et je peux admirer les oeuvres tout à loisir. Beaucoup d’artistes sont là, auprès de leurs ouvrages, mais je n’ose pas encore les aborder. Pourtant, elles sont attentives, il me semble, à nos ressentis de quilteuses confirmées ou débutantes. Je ne pense pas que ce soit de la timidité de ma part, je crois plutôt que je suis trop impressionnée par le travail et la passion fournis pour ces oeuvres et je me sens bien humble face à tout ceci.

Afin de vous faire partager ma balade, voici quelques-uns de mes coups de coeur!

J’ai tout d’abord aimé ce beau dégradé de bleu et de couleurs vives du « Wir Vier » d’Heidi Forster. Heidi s’est essayée à l’art du quilt dans les années 80 et a suivi des cours auprès de grands noms tels que Michel James, Pauline Burbidge, Deirdre Amsden, Irene Kahmann ou Dorle Stern-Straeter. Elle est aujourd’hui exposée en Europe, aux USA, au Japon et en Israël. Elle est membre de la Guilde du patchwork d’Allemagne.

 

"Wir Vier" d'Heïdi Forster

« Wir Vier » d’Heïdi Forster

 

 

En continuant ma promenade, j’ai été très impressionnée par le panneau « l’homme qui traverse le mur » d’Anna Urusova dont le relief est assez époustouflant. Elle l’a créé en 2011  pour le concours «Les aventures insolites en France». Anna, d’origine russe, fait du patchwork depuis 15 ans et participe à de nombreux concours et festivals dans lesquels elle a gagné plusieurs prix.

 

L'homme qui traverse le mur, d'Anna Urusova

« L’homme qui traverse le mur » d’Anna Urusova

 

 

Puis une envie d’admirer la délicate transparence de cet ouvrage fait sur tulle par le groupe Modern Movment de Hongrie

 

"Beginnings" du groupe Modern movment

« Beginnings » du groupe Modern movment

 

Ainsi que les couleurs éclatantes et l’originalité de cet ouvrage réalisé par Els Mommers, Hollandaise.

 

"Egypt" d'els Mommers

« Egypt » d’Els Mommers

 

Mais malgré toutes ces belles oeuvres, mon vrai coup de foudre va à Barbara Lange et son fantastique « Sing-sing » que je trouve tellement drôle et plein de fantaisie! Ces smileys espiègles qui se cachent dans des petites poches, avec des zips qui les laissent entrevoir sont un vrai régal des yeux et de l’âme.  Merci Barbara pour cette touche d’humour et d’imagination!

 

"Sing-sing" de Barbara Lange

« Sing-sing » de Barbara Lange

 

 

Derrière les zips il y a....

Derrière les zips il y a….

 

Quelques coeurs pour nous charmer, cela ne fait pas de doute!

Mais aussi quelques coeurs pour nous charmer, cela ne fait pas de doute!

 

Cette artiste allemande quilte à la machine et crée  ses propres dessins afin de les réaliser par la suite. Elle a suivi des cours avec de grands noms tels que Laura Cater-Woods, Mickael James, Jane Sassanam et Nancy Crow. Nous pourrons admirer d’autres de ses oeuvres au Carrefour Européen du Patchwork en 2014 et 2015.

Je tiens à remercier vivement toutes les artistes citées plus haut qui ont eu la gentillesse de m’autoriser à publier des photos de leurs oeuvres ou d’elles-même et je dis un  merci tout particulier à Jane Rollason. J’espère avoir su, au travers ces quelques lignes rendre hommage à ces artistes.

 

Natacha Ramora