GR 97, l’ultime étape

Mon périple touche presque à sa fin, il me reste 3 jours de marche pour le boucler définitivement et je sais qu’aujourd’hui et demain seront des journées exceptionnelles, le clou du spectacle en quelque sorte. Au programme : Gordes, Roussillon et le Colorado Provençal. 

Ce matin, avant de rejoindre Gordes, je suis censée remonter sur les sommets, à 632 mètres d’altitude. Le sentier est situé entre le Moure de la Belle Etoile et la Pouraque, deux massifs montagneux,  puis redescends vers l’Abbaye de Sénanque qui a l’air superbe. 

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Abbaye de Sénanque, source le Point.fr

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Cependant, vu le dénivelé et l’état de mes jambes, ne sachant toujours pas si ce sont les plantes urticantes qui déclenchent de telles plaques de plus en plus nombreuses, je préfère ne pas prendre le risque de remonter sur les hauteurs et je décide de me rendre à Gordes directement en tendant le pouce. D’une manière générale, le stop marche plutôt bien pour moi. Une jeune femme me prend à son bord . Nous arrivons déjà presque à destination et sur le plateau d’en face, le village perché de Gordes est splendide. Déposée au pied du château, je reviens sur mes pas pour pouvoir prendre la photo de la route. Je suis ici devant un des fleurons de la Provence, classé parmi les plus beaux villages de France. 

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Gordes

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Son patrimoine est riche et varié : château, bories (cabane en pierres sèches), moulin à eau et à vent, lavoirs, calades… Que de belles choses à découvrir. Je ne suis pas étonnée qu’il ait servi de décor à de nombreux films ou feuilletons qui ont jalonné ma vie et que j’ai aimé : « L’été meurtrier », « L’amour en héritage »,  « Gazon maudit » ou encore, « Une grande année » de Ridley Scott.

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J’arpente le village et j’emprunte ses petites ruelles, redescends  de belles calades jusqu’au lavoir qui dégage une grande sérénité et je reste là un grand moment, profitant de l’instant. 

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Pourtant, bien qu’éblouie par la beauté de Gordes, ce n’est pas ce lieu qui me charmera le plus. Mon cœur balance davantage pour Roussillon, prochaine destination. 

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Roussillon

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Ah Roussillon ! Ses ocres, ses petit Venelles, ses terrasses surplombant un paysage gorgé de soleil aux nuances allant du blanc nacré au fauve, de la terre de Sienne à l’acajou. 

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Où que vous posiez les yeux, c’est un ravissement! J’ai choisi un logement qui finit de me combler, un petit studio niché et creux d’un escalier de pierres couleur safran. Je dépose rapidement mon sac à dos dans mon logis et, avant même de prendre une douche, je parcours déjà le village.

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Je repère un petit restaurant avec une terrasse dominant les ocres et je réserve une table bien placée pour plus tard. Ma soirée est à l’image de l’endroit, splendide. Je ne me lasse pas d’immortaliser les moindres recoins. 

 

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Situé au cœur du plus grand gisement ocrier du monde, la renommée de Roussillon et l’industrie qui y est associé n’est plus à faire. C’est à la fin du XVIIIe siècle que Jean Étienne Astier eut l’idée de laver le sable ocreux pour en extraire le pigment. C’est ainsi que de grandes carrières de sable ont été exploitées jusqu’en 1930. Aujourd’hui, afin de stopper la dégradation du site, il est interdit d’en ramasser le moindre grain.

Le lendemain matin, je fais le choix de ne pas visiter les carrières d’ocre, je préfère me réserver pour le Colorado provençal et en attendant, je fais la queue devant la pharmacie pour soigner mes jambes qui sont plus moches et enflées que jamais. Pas vraiment sexy la randonneuse! Mais cette fois-ci, la pharmacienne me donne un traitement nettement plus efficace : crème à la cortisone et antihistaminiques. 

Je reprends la route et traverse de petites communes charmantes et une forêt aux couleurs de la région. Puis, je fais une halte à Apt avant de rejoindre Rustrel où je passe la nuit. 

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Il est temps à présent de fouler à nouveau les sables du Colorado provençal que j’avais déjà visité lorsque j’avais 20 ans. Depuis, une association s’est formée pour préserver ce site exceptionnel et gérer l’afflux touristique. Si cette année je n’ai pu admirer les dunes du Sahara mauritanien comme prévu, voici une consolation sur notre propre territoire et une belle façon de terminer mon trek. 

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Après ses paysages émouvants, j’avale les derniers kilomètres, combative comme jamais. Me voici enfin arrivée ! Je viens de boucler 170 kms dans une région magnifique. Je suis fière de moi, de cet accomplissement, d’avoir su dépasser mes limites physiques mais aussi de ne pas avoir eu peur de me retrouver seule avec moi-même. Vous n’imaginez pas mes chers lectrices et lecteurs tout ce que l’on peut entendre lorsqu’on entame un tel périple :  » tu pars seule? Tu n’as pas peur ? C’est dangereux ! Et s’il t’arrive quelque chose ?  » . Bien sûr, j’ai conscience que cela part d’un bon sentiment. Mais il faut prendre garde à ne pas se laisser couper les ailes par l’inuiétude des autres. D’autant que lorsque nous ne sommes pas en couple, quelle qu’en soit la raison (divorce, veuvage ou par choix), ce n’est pas toujours simple de trouver quelqu’un qui va vous accompagner dans de telles aventures. Alors que faire dans ce cas-là ? Se résoudre à ne pas partir? Ou choisir d’accomplir ses rêves ?😉

Une fois de plus, je tiens à remercier tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ont contribué à la réussite de ce trek! MERCI!

 

The end……Fatiguée mais heureuse!

 

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Nos salons sont annulés les uns après les autres tout comme les occasions de se retrouver entre quilteuses. Malgré tout, il nous reste encore quelques expos de ci de là et en voici une à ne pas rater dans le Beaujolais.

 

 

Isabelle Grosjean a été professeur de Patchwork pendant plus de 10 ans, plusieurs fois déléguée de la fédération dans les différentes régions ou elle a résidé. Elle a exposé de nombreuses fois et participé a plusieurs concours internationaux. Elle se tourne aujourd’hui vers une version plus contemporaine de créations textiles, et expose pour la première fois dans le beaujolais. Pour celles qui sont bien loin de notre région, un petit reportage photos s’impose !

 

A très vite,

Natacha Ramora