GR 97, le mur de la peste – étape 3/4

L’étape de la journée fait résonance à notre actualité si chamboulée depuis quelques mois, je vais longer le mur de la peste un grand moment. Cette terrible épidémie toucha la Provence pour la énième fois de 1720 à 1722 et progressa de 45 kilomètres par mois.

 

Source : passionprovence.org

 

 En 1720, le navire nommé  » grand Saint-Antoine » transportant des soieries pour la foire de Beaucaire introduisit la peste à Marseille. L’épidémie se propagea rapidement et atteignit Apt.

L’année suivante, afin que la maladie ne rattrape pas le Comtat Venaissin, le légat du pape réquisitionna plus de 500 hommes durant 5 mois pour élever un rempart de pierres sèches comprenant 50 postes de garde sur 27 km de Monieux au Taillades. Ce mur servi de frontière entre le Comté de Provence et le Comtat Venaissin.

 

Source : Wikipédia

 

Il reste quelques vestiges de cette muraille près de Cabrières d’Avignon.

 

 

 

 

Comment ne pas songer à cette étrange coïncidence en longeant ce mur qui témoigne d’un terrible fléau ? À chaque époque ses solutions pour combattre les épidémies mortifères : mur s’érigeant en frontière à l’époque, fermeture des frontières aujourd’hui et port du masque recommandé voire obligatoire. Quel que soit le siècle, le bilan est désastreux. Malgré tout, la note d’espoir est que dans les années 1720, la peste a pu être éradiquée. L’humanité s’est relevée de cette épidémie et j’espère qu’il en sera de même pour le monde d’aujourd’hui et de demain. Mais reprenons le cours des choses…

 

 

 

 

Rassurez-vous ! Ce n’est pas la peste 😊! Voici la mauvaise nouvelle du jour, depuis la veille au soir, j’ai une éruption de boutons sur les chevilles et les mollets. Je pense aussitôt à d’éventuelles plantes urticantes présentes dans la garrigue, en montant au Bastidon du Pradon. Je me rends donc à la pharmacie la plus proche mais ces plaques laissent perplexe la personne qui me reçoit. Je ne suis pas certaine de repartir avec le traitement adéquat. Je prends la sage décision de remettre les jambes de mes pantalons, transformés  jusqu’ici  en shorts. Tant pis pour le bronzage estival ! J’arrive à Fontaine-de-Vaucluse sans être particulièrement charmée par le lieu, je crois que la fatigue accumulée et l’inquiétude pour mon éruption sur les jambes altèrent un peu mon jugement.

 

 

Fontaine de Vaucluse

 

À l’autre bout de ce village, en suivant le sentier aménagé, on peut admirer la résurgence de la Sorgue,  au pied d’une falaise de 240 mètres des hauteur. Ce site que l’on dit exceptionnel appeler Vallis clausa, la Vallée close, a donné son nom au département du Vaucluse et aurait inspiré de nombreux auteurs tels que Chateaubriand ou René Char.

 

 

Résurgence de la Sorgue, Fontaine de Vaucluse. Source : Wikipédia

 

 Frédéric Mistral l’évoque quant à lui dans son œuvre capitale,  Mireille.  Il y compte cette belle légende : »

“Parti pour faire danser les filles de l’Isle sur Sorgue, le vieux ménétrier Basile s’endormit à l’ombre un chaud jour, sur le chemin de Vaucluse. Apparut une nymphe qui, belle comme l’onde claire, prit la main du dormeur et le conduisit au bord de la Vasque où s’épanouit la Sorgue. Devant eux, l’eau s’entrouvrit et les laissa descendre entre deux murailles de liquide cristal au fond du gouffre. Après une longue course souterraine, la nymphe, au milieu d’une souriante prairie, semée de fleurs surnaturelles arrêta le ménétrier devant 7 gros diamants. Soulevant l’un deux, elle fit jaillir un puissant jet d’eau. Voilà dit-elle, le secret de la source dont je suis la gardienne, pour la gonfler je retire les diamants, au septième, l’eau atteint “le figuier qui ne boit qu’une fois l’an” et elle disparût en réveillant Basile.”

 

 

 « Nymphes dans une grotte » Gaston Bussière, 1924

 

Lorsque j’aperçois la foule accumulé à l’entrée de la grotte, je préfère rebrousser chemin. J’avoue qu’en cette d’après-midi, il me tarde de trouver un bon lit douillet dans un hôtel charmant ainsi qu’une bonne table.  Mon sac à dos me paraît lourd aujourd’hui.

 

 

Fontaine de Vaucluse, la roue à aubes du moulin à papier

 

Avant cela, je m’accorde une pause gourmande en dégustant une glace qui soigne un peu le découragement. C’est une excellente idée car je ne suis pas au bout de mes surprises. Je charge mon sac sur mes épaules et je repars. Je marche au bord d’une nationale très fréquentée et je ne suis pas rassurée pour ma sécurité lorsque les trottoirs se terminent et que je dois marcher sur la chaussée. Cela m’oblige à réfléchir à ma position d’automobiliste lorsque je suis au volant de mon véhicule et que je râle contre des cyclistes trop lents à mon goût ou que je croise des piétons qui cheminent le long d’une route étroite. Je crois que dorénavant, je serai plus attentive à cela. À bout de force, j’arrive enfin à mon hôtel, situé en retrait de la nationale. C’est un établissement familial où l’accueil est très chaleureux. Certes, les mobiliers et la tapisserie sont un peu fanés mais pour le prix dans un lieu si touristique, c’est plus que correct. Je discute longuement avec le jeune homme qui m’accompagne à ma chambre sur ce trek qui semble l’impressionner.  Je lui demande ensuite où je peux dîner dans le coin et malheureusement, sans véhicule, il me dit que cela va être difficile. Il part se renseigner pour voir si les pizzaiolos du coin peuvent livrer jusqu’ici mais c’est peu probable. Je me résigne déjà à me coucher sans manger : « Qui dort, dîne ». C’est habituellement ce que l’on dit mais ce soir, je ne suis pas vraiment convaincue de la véracité de cette maxime. L’état de mes jambes qui s’est aggravé fini de me démoraliser.

Heureusement, la Providence est avec moi. Mon hôtelier revient avec une excellente nouvelle! Il me dit que sa famille ayant l’intention de commander des pizzas, il en prendra une pour moi si je le souhaite. Quelle gentillesse ! Et le geste est d’autant plus touchant que c’est un vrai délice ! je m’endors en remerciant la Providence et le « dieu » des pizzaiolos qui a certainement élu domicile dans le Vaucluse, à l’Isle-sur-Sorgue !

Demain est un autre jour, les Ocres de Roussillon enchanteront mon cœur, j’en suis sûre.

 

A mardi prochain pour la dernière étape,

Natacha

 

J’en profite pour vous conseiller ce film excellent à l’affiche actuellement : l’histoire d’Antoinette, une institutrice follement  amoureuse, qui va suivre les chemins de Stevenson avec un âne, dans les Cévennes, sans y être préparée. Des aventures rocambolesques et une actrice à la fois émouvante et drôle!  Ne le ratez pas si vous voulez rire de bon coeur!

 

 

GR 97, Le testament de Robert Laurent-Vibert

L’oliveraie du château de Lourmarin

Après une bonne nuit de repos, il est temps de repartir. Isabelle, mon adorable hôtesse de couch-surfing me prépare une délicieuse salade pour mon pique-nique puis me dépose à Lourmarin. Je me promène un moment dans le champ d’oliviers attenant au château puis je visite ce superbe édifice dans lequel on peut admirer une exposition sur Albert Camus qui a vécu les dernières années de sa courte vie à Lourmarin et y est enterré.

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Albert Camus, né le 7 novembre 1913 à Mondovi en Algérie et décédé en 1960,à l’âge de 47 ans, dans un accident de voiture.

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Le château de Lourmarin échappa par miracle en 1920, à la vente aux enchères pour servir de carrière de pierres. Il fut racheté par l’industriel lyonnais Robert Laurent-Vibert qui le fit restaurer par des artisans lourmarinois. Tout comme A. Camus, R. Laurent-Vibert disparut tragiquement dans un accident de voiture mais avait pris soin de faire un testament pour  léguer cette demeure à l’Académie des Sciences, Agriculture, Arts et Belles Lettres d’Aix-en-Provence qui créa une fondation à son nom. Aujourd’hui, cette fondation continue de remplir sa mission, c’est ainsi que ce bel édifice est devenu un pôle culturel et économique important.

 

Les coursives de bois sont admirables

 

 

La bibliothèque du château, source : Francebleu

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De nombreux touristes viennent se recueillir sur la tombe d’Albert Camus chaque année. Certes, comme beaucoup, j’ai lu « L’étranger » : « Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas ». Comment ne pas se souvenir de cette première phrase? Quel dommage que je ne sois pas allée plus loin dans ses oeuvres car grâce à l’exposition, je découvre quelques passages de ses romans qui résonnent en moi. J’ajoute mentalement Camus à ma liste d’auteurs à découvrir.

 

 

 

Je reprends ma route et je visite un peu plus loin le village de Lauris qui possède également un  château situé sur un éperon rocheux. Ses terrasses surplombent la Durance et accueillent deux jardins en un :  le jardin blanc et  celui des Plantes tinctoriales qui comprend plus de 250 espèces de plantes dont on extrait des colorants pour la teinture, la peinture, la cosmétique et l’alimentation.

 

Les jardins de Lauris

 

Le large fleuve en contrebas sert ici de frontière entre le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône et je l’admire le temps d’un coucher de soleil avant de regagner ma chambre d’hôtes située à Mallemort.

 

 

Le lendemain, après ce déjeuner copieux, mon hôtesse a la gentillesse de me déposer à l’entrée des Gorges du Régalon. Je ne m’en doute pas encore, pourtant cette journée de randonnée sera la plus éprouvante de mon trek. Mais pour le moment, tout à mon insouciance, je crapahute dans les gorges, non sans mal, avec mon sac à dos. 

 

 

 

Les cairns des gorges du Régalon

 

Je sors des gorges et continue de suivre mon GR. Je m’amuse de l’appellation du vallon que je vais devoir traverser.

 

Au lieu de rire, je ferais mieux de me méfier : « Vallon de la galère »… un signe annonciateur ?

Je le franchis sans trop d’inquiétude, puis je commence à grimper. J’arrive sur un plateau, royaume des oliviers et des cigales qui stridulent à qui mieux mieux. Un peu plus loin, à quelques mètres de là, j’aperçois le panneau de balisage blanc et rouge, je lève les yeux et je comprends que la journée sera longue. 

 

Voyez-vous où je veux en venir ?

 

Je vais devoir monter au sommet de ce bloc de calcaire pour rejoindre le Bastidon du Pradon, petit refuge qui culmine à 700 m d’altitude, sur un sentier désert, en pleine canicule. Mais je ne suis pas une personne qui baisse les bras. Ma patience de quilteuse et ma persévérance sont mes atouts. Je gravis ce dénivelé pas à pas, je pousse sur mes précieux bâtons de marche, je fais des pauses régulières dès que je trouve un coin d’ombre sous quelques arbustes qui parviennent à survivre dans cette garrigue aride. Je me fixe comme objectif de pique-niquer au sommet. 

 

 

Mon déjeuner ce jour-là a une saveur de victoire et une odeur d’herbes odorantes de mon enfance. Je contemple au loin la région qui m’a vu naître, le département aux accents chantants, terrain de jeu du petit Marcel Pagnol : les Bouches-du-Rhône. 

Je ne dois pas trop tarder pour redescendre sur l’autre versant. Je fais un arrêt au Bastidon du Pradon, un vrai havre de paix après une telle ascension. 

 

 

 

Je prends le temps de graver dans ma mémoire toutes ces petites choses mises là comme une récompense à ceux qui viennent jusqu’ici. Je lis quelques messages sur le livre d’or en cours et  y  inscrit le mien, pleine de gratitude pour ceux qui ont pensé ce lieu. Puis je me hâte. La pente est très escarpée, un sentier rocailleux que la terre et les graviers rendent glissant. Les pierres roulent sous mes chaussures et je peste plus d’une fois en manquant tomber tout en m’ accrochant à mes bâtons.  

Néanmoins, le jeu en vaut la chandelle. En contrebas j’aperçois les ruines majestueuse du château d’Oppède le Vieux qui culminent au-dessus du village ainsi que l’église du 12e siècle, Notre-Dame d’Alidon, qui domine ce panorama.

 

Oppède-le-Vieux

 

Je suis immédiatement charmée par le passage que j’emprunte pour accéder au bourg médiéval.

 

Oppède-le-Vieux, accès par l’arrière du village, à l’opposé du parking

 

En parcourant certaines ruelles, j’ai presque le sentiment que le village n’est plus habité. Mais les chambres d’hôtes et restaurants attestent du contraire, tout comme le petit snack qui porte le logo « recommandé par le guide du Routard », ma bible de voyage selon les destinations. On nous vend une bouteille d’eau de 50 cl trois euros cinquante et le personnel est peu accueillant ! Quel dommage ! 

 

 

Tant pis, je ne veux pas m’attarder sur les petits désagréments, je charge mon sac à dos et je repars. En voulant gagner du temps pour ne pas arriver trop tard à ma chambre d’hôtes, je me perds dans des chemins sans issue. Il est temps de ressortir mon fantastique gps : l’application Visorando qui m’aura montré la bonne route bien des fois.

 

Malgré toute ma bonne volonté, je suis très en retard pour rejoindre Robion, à tel point que mon hôtesse propose de venir me chercher. Je refuse car je ne veux pas la déranger mais je termine l’étape avec la solution « Pékin Express » : la conductrice d’une voiture a sa fenêtre ouverte et s’apprête à partir, je lui demande donc si elle peut m’avancer. Comme la petite mamie du Sud quelques jours plus tôt, la jeune femme me dépose à deux pas de mon logis. Cette journée harassante se termine paisiblement puisque ma logeuse m’attend avec un petit verre de rosé bien frais puis me montre ma chambre. Elle m’a fait la surprise de me réserver celle possédant un lit avec matelas à eau. Je dîne dans l’auberge conseillé par ses soins et ma table jouxte celle de mes voisins pour une nuitée, un couple de Belges et leurs jeunes enfants. Nous passons une soirée extrêmement sympathique à parler de nos pays respectifs et à en comparer les différences. Je rentre me coucher et je m’enfonce dans les remous bienfaisant de mon matelas qui m’enveloppe délicatement. Ce soir, je mérite un vrai sommeil réparateur je crois…d’autant que demain, il me faudra longer le Mur de la Peste….Brrrr, cela fait froid dans le dos!

 

A mardi prochain pour la suite…

Natacha

GR 97, le Luberon dans toute sa splendeur!

Pour la plupart des régions, la rentrée s’est annoncée cette année sous un beau soleil d’été indien. Pourtant il y a une morosité ambiante générale. Le masque est devenu le nouvel objet incontournable dont on ne peut se passer, l’économie est vacillante et beaucoup de Français ont choisi de ne pas partir en vacances cet été. Nous vivons malheureusement dans un climat  d’incertitude et de stress. C’est la raison pour laquelle, tout à ma joie de vous retrouver après cette pause estivale, je vous emmène avec moi pour une belle escapade en Luberon durant quelques semaines, histoire de sortir de  cette grisaille et de s’évader un instant. Je laisse mes copines blogueuses vous parler d’art textile pour emprunter d’autres chemins le temps d’une échappée dans le sud de la France.

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Source : French Riviera Tourism

 

Le Luberon, à prononcer sans l’accent, est une région superbe où les cigales chantent sans cesse leur amour de ces belles terres ocres de Provence.

Les villages, souvent perchés, sont tous plus éblouissants les uns que les autres, au point qu’il est difficile d’en distinguer un parmi d’autres : Gordes, Lourmarin, Roussillon, Cucuron,  Chacun d’eux essaye, par sa splendeur, d’obtenir la distinction du plus incontournable à visiter. Riche de cette information et prenant en compte les restrictions de voyages dans certains pays étrangers, j’ai donc décidé, pour cet été, de rester dans notre  pays et de faire le tour du Luberon, à pieds, en sac à dos. Toutefois, je me suis autorisée à le faire en mode doux, c’est-à-dire pas de tente, pas de sac de couchage ni de réchaud à porter. J’ai organisé mes étapes en fonction des hôtels et des chambres d’hôtes réservés à l’avance, en dînant dans des auberges ou des restaurants aux cartes alléchantes sentant bon les herbes de Provence et le petit rosé bien frais.

C’était un challenge important pour moi car même si j’ai l’habitude de randonner régulièrement, partir marcher en itinérance sur dix jours est un tout autre défi. Je l’ai pourtant relevé avec plaisir, presque déçue de voir ce trek s’achever.

Des Alpes de Haute-Provence au Vaucluse; des Gorges de Régalon à Oppède le Vieux en passant par les crêtes; de Gordes aux couleurs ocres du Roussillon; des fontaines rafraîchissantes à la sérénité des vieux lavoirs désertés par les lavandières, chaque kilomètre a apporté son lot d’émerveillement malgré la canicule et un dénivelé quelquefois élevé.

Je vous emmène avec moi à la découverte des sentiers provençaux qui sentent  la lavande, le thym et le romarin. Prenez vos bâtons, chaussez vos lunettes de soleil, nous partons…

Mais avant de débuter le GR, il nous faut tout d’abord faire une petite étape pédestre de Saint-Michel l’Observatoire (dans les Alpes de Haute Provence, où se trouve l’observatoire du même nom) jusqu’à Céreste, point de départ de mon GR afin de laisser mon véhicule sous bonne garde.

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Le moulin de Saint-Michel l’observatoire a été rénové il y a plus de 10 ans

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Les chemins de Saint-Jacques de Compostelle ont déclenché un déplacement de foule considérable. Riches ou pauvres, nombres de pèlerins se mettaient en chemin, parfois depuis le fin fond de l’Europe. Les voies romaines facilitaient ces grands déplacements. C’est donc une d’entre elles que nous avons suivi pour rejoindre Céreste. Les villages traversés ont hébergé, nourri et soigné de nombreux voyageurs. Nous pouvons d’ailleurs apercevoir le symbole de la coquille sur certaines sépultures du prieuré de Carluc.

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Le Prieuré de Carluc : la chapelle ainsi qu’une partie des restes du Prieuré sont classés Monuments Historiques

 

 

Les sépultures du Prieuré

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Nous avons aussi découvert le petit village de Lincel où il n’y avait âme qui vive.

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Peu de touristes à Lincel qui possède pourtant des chambres d’hôtes.

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De nombreux villages de Provence ont conservé leurs lavoirs.

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Voilà, nous y sommes enfin à Céreste ! le temps d’une nuit réparatrice et ma fille embarque pour de nouvelles aventures sur l’île de beauté tandis que je me prépare pour un trek de longue haleine de 10 jours riche en émotions.

 

Allons-y !

 Me voici fraîche et dispose, piaffant presque d’impatience. Je me mets en route, l’objectif du jour est d’atteindre Cucuron mais je sais que cela va être difficile car il y a énormément de kilomètres à parcourir. Je grimpe sur un sentier forestier jusqu’à Montjustin puis je traverse le Bois de Madame. j’ai vraiment été mise en garde sur les risques d’incendie dans la région qui allie sécheresse et canicule . Tandis que je rejoins tranquillement Vitrolles-en-Luberon, je prends quelques photos.

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J’aperçois une épaisse fumée en contrebas dans la forêt et un bombardier d’eau qui la survole. Je sais que je dois prendre une décision rapide car je suis isolée dans un petit village silencieux, c’est à peine si j’entends quelques discussions feutrées derrière des volets clos. J’abandonne donc le GR à regret et dès la sortie du village, je guette une voiture sur cette route désertée. Mais la chance est avec moi, c’est la première fois que je tends le pouce depuis de nombreuses années – oserais-je même dire plusieurs décennies – et une petite citadine blanche s’arrête. À son bord, une mamie du sud, qui me fait immédiatement penser à ma grand-mère paternelle, Mémé. Je lui explique le problème tandis que nous redescendons et croisons plusieurs véhicules de pompiers qui remontent.

Attendrie, la vieille dame se détourne de sa route pour m’emmener jusqu’à Cucuron et je suis touchée par ce premier geste de solidarité. Je crois que je suis prête pour m’inscrire à Pékin Express. 

La soirée est plus douce, une belle chambre d’hôte climatisée et une piscine qui permet de se rafraîchir sont un havre de paix. Je sors dîner tôt près de l’étang et je m’en félicite lorsque je vois l’affluence dans les restaurants sur la place un quart d’heure plus tard, avec beaucoup de touristes dépités de ne pas pouvoir dîner.

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Tapenade et rosé de Provence

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La place de l’étang

 

Je flâne ensuite dans les rues de Cucuron et admire le coucher de soleil de cette douce soirée provençale avant de rentrer me coucher.

 

La nuit tombe sur Cucuron

 

 

 

 

Le lendemain est une journée de repos et je l’apprécie pleinement. J’ai convenu avec mon hôtesse de couchsurfing Isabelle, qu’elle viendrait me chercher dans l’après-midi à Cucuron pour rejoindre son domicile à Cadenet. En attendant je profite de la piscine. J’ai rencontré Isabelle sur un groupe Facebook qui permet aux femmes qui voyagent seules d’échanger plein de bons plans et de conseils sur toutes destinations, y compris à l’étranger, et de demander ou de proposer éventuellement un couchsurfing. Cette communauté est un formidable moteur pour les femmes qui aiment découvrir le monde en solo.

Isabelle m’a proposé spontanément de m’héberger et elle a été un véritable coup de cœur pour moi.  La soirée chez elle est donc sympathique et bien entendu, nous parlons de voyages : ceux déjà faits, ceux à venir et ceux espérés. Mais il est temps de prendre du repos, demain j’ai rendez-vous avec Albert Camus…

 

à   mardi prochain pour la suite…

Natacha