La communauté Amish selon Jacques et Catherine Légeret, seconde partie

Reprenons où nous nous étions arrêtés chers lectrices et lecteurs. Je venais de relater la période de scolarisation des enfants.

Quelques temps après vient le « rumspringa », qui signifie « sauter de gauche à droite », autrement dit aller au contact des autres américains et qui permet aux jeunes Amish d’aller se confronter au monde moderne pendant deux ans.  Durant la préparation de cette étape, l’Evèque Amish rassure les jeunes sur le fait qu’ils ont le choix car la communauté préfère « Un bon américain à un  mauvais Amish ».  Ils partent donc à la découverte du monde pendant deux ans.

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Kate, Jeremiah, Sabrina, Abe and Rebecca from TLC's Breaking Amish.

Source : Discovery.com

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Certains goûtent aux excès du monde moderne bien sûr : alcool, vitesse, drogue aussi parfois. Pourtant, selon les études sociologiques concernant l’Etat d’Indiana, si dans les années 70,    60% des jeunes  choisissaient de devenir Amish, aujourd’hui ils sont 93% à préférer la vie parmi les leurs. A la fin de leur « rumspringa », les jeunes entérinent leur décision de devenir Amish par le baptême ou restent dans le monde moderne.

J’ai demandé à Jacques Légeret son analyse de ces chiffres, il me répond qu’un jeune Amish, dans son environnement , est pris en charge, de la naissance à la mort, affectivement, matériellement et psychologiquement alors qu’un jeune américain devra faire face à la compétition, la violence etc… d’où ces chiffres si parlant. Malgré tout, une infime partie d’entre eux choisit la vie moderne. C’est ainsi qu’un jour, dans la cuisine de sa « grand-mère » Amish Barbara, Jacques a vu un américain, d’une belle corpulence, qui détonnait dans cette pièce. Il s’agissait du fils de celle-ci, aujourd’hui pilote, qui avait choisi le monde moderne. elle espère toujours qu’il finira par devenir Amish mais ce ne sera sans doute jamais le cas. Comment le pourrait-il alors qu’il a fait sien notre mode de vie?

Les Amish vivent dans de grandes et belles fermes isolées  dans la campagne. Contrairement à ce qui est dit, il n’y a pas de village Amish. Ils vivent à côté des américains moyens. Les fermes sont agrandries au fil du temps et selon les besoins des évènements familiaux tels que les naissances, la retraite et l’hébergement des anciens.

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Ferme amsih

bourlingueurs.com

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C’est ainsi que l’on peut trouver pour une même ferme jusqu’à trois corps d’habitation : celui du jeune couple, celui du fermier retraité qui a cédé à l’un de ses fils ou beaux-fils son exploitation et enfin, l’appartement des arrières grands-parents. Un système de portes coulissantes permet de relier les appartements les uns avec les autres lorsque c’est nécessaire. Le culte dominical se déroulant à tour de rôle dans les diverses fermes, chacun aura la place suffisante pour accueillir tout le monde en faisant coulisser les cloisons de l’habitation. Il est capital pour les Amish de vivre dans des fermes afin de travailler la terre, l’outil que Dieu leur a donné. Au sein de ces générations qui vivent ensemble sous un même toit, chacun trouve sa place et ses propres occupations, y compris l’arrière grand-mère que l’on peut trouver,  en train d’éplucher les légumes ou d’écosser les petits pois dans la cuisine et dont chacun apprécie le travail!

Ce qui a profondément frappé Catherine et Jacques lorsqu’ils sont arrivés pour la première fois dans la communauté Amish, ce fut la forte odeur de cheval, décuplée sans doute par la chaleur du mois de juillet, puis le bruit des sabots sur le sol. Le cheval occupe une place très importante pour les Amish puisqu’ils se déplacent en buggy (carriole).

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Buggy Amish

Source : telegraph.co.uk

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Comme vous le savez, la communauté refuse presque toutes les nouvelles technologies qui font aujourd’hui parti de notre quotidien et dont nous ne pouvons nous passer. En effet, comment ferions-nous pour vivre sans nos voitures, nos téléphones portables, nos congélateurs, nos écrans…? Eux s’en accommodent comme ils le peuvent et l’emploi de telle ou telle technologie est discuté longuement dans chaque district religieux. C’est ainsi que vous pourrez voir l’électricité dans certaines fermes Amish et pas dans d’autres; même chose pour l’insémination artificielle des vaches.

Vous seriez surpris d’apprendre qu’ils utilisent parfois le congélateur d’un voisin américain ou encore, un congélateur public qu’ils louent.

Pour la bonne marche de leur exploitation et la vente de leurs produits, ils sont obligés de trouver des « passerelles » entre notre monde régi par la technologie et le leur.

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Agriculture Amish

Source : courrierinternational.com

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Afin d’être en harmonie avec l’enseignement de la bible, les ministres du culte soulignent l’importance de vivre « séparés du monde » : « Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait » (Romains 12:2). Ainsi, toutes les lignes directrices du comportement des membres sont incluses dans l’Ordnung, code de conduite la plupart du temps oral qui se base sur les traditions de la communauté.

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Jacques est en train d’écrire son 4ème livre et il aimerait pouvoir passer plusieurs mois  parmi ses amis mais ce n’est pas compatible avec la santé de son fils. Lui qui a été journaliste, il m’assure que, aussi curieux que cela puisse paraître, lorsqu’il est avec eux, les journaux et les médias ne lui manquent pas. S’il est fasciné par leur mode de vie, il reconnait néanmoins qu’il ne pourrait pas vivre comme ils le font. L’un de ses amis, évêque Amish, lui a recommandé d’ailleurs de ne pas les idéaliser mais plutôt d’appliquer chez lui ce qui lui plaît dans leur façon de vivre. Jacques n’a pas son pareil pour nous donner envie de connaître davantage cette communauté fascinante à nos yeux tant il est passionné par son sujet d’étude. Je ne peux donc que vous recommander de vous procurer les trois livre de Jacques Légeret où, en plus du contexte historique qui a mené certains anabaptistes à choisir de devenir Amish, vous trouverez  une foule d’informations sur les us et coutumes de cette communauté qui prône la paix et l’amour de Dieu mais aussi une présentation férue de quilts Amish.

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Légeret quilts amish et quelques autres

Edité en 2001 chez Labor et Fides

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amish et leurs quilts

Ouvrage de 2006, publié à l’occasion de la grande exposition organisée au Musée du Tissu de Clermond-Ferrand.

Je vous recommande vivement ce dernier ouvrage que je possède moi-même, un joli cadeau d’un couple d’amis qui se reconnaitra…

 

Portrait-Jacques Légeret

Source : patchwork-europe.eu

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Je remercie avec beaucoup de chaleur Jacques Légeret de m’avoir accordé du temps pour une interview qui fut pour moi passionnante…

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Enfin , avant de terminer, je ne peux  omettre  le lien pour que vous puissiez écouter l’émission de radio de RTL où Jacques et sa femme étaient interviewés à propos de la communauté Amish. Je ne vous cache pas que Jacques Légeret a déploré de n’avoir pu s’exprimer comme il le souhaitait sur la non-violence Amish, d’autant que cet interview venait juste après les attentats de Bruxelles. Malgré tout, j’ai trouvé cette émission fort intéressante, comme toujours. Quelques émissions de radio culturelles, que je choisis en fonction de mon envie du moment, rythment mon quotidien professionnel et j’avoue que cela me fait passer d’excellents moments tout en me cultivant. J’étais par conséquent ravie ce jour-là de constater combien parfois, le hasard fait bien les choses…

http://www.rtl.fr/culture/medias-people/les-amish-dans-la-curiosite-7782496688

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à bientôt pour un nouvel article,Logo Chroniquepatchwork

N@tacha Ramora

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Si vous le voulez bien, je vais reprendre un rythme de publication un peu plus constant car j’admets que ces dernières semaines, j’étais très occupée. 

Désormais, retrouvez-moi tous les 1ers et 3èmes mardis du mois.

 

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8 réflexions sur “La communauté Amish selon Jacques et Catherine Légeret, seconde partie

  1. Corinne dit :

    Comme toujours un article très intéressant. Merci pour le lien, je vais écouter cette émission. Et bien sûr nous sommes ravis que le livre te plaise comme nous avons apprécié le week-end chez toi. Bises.

    • chroniquepatchwork dit :

      Bonjour Corinne, Oui je me régale avec ce livre bien sûr! Je suis certaine que l’émission de radio te plaira, nous pourrions les écouter parler des Amish des heures durant, hélas, ils étaient limités en temps. Je vais surveiller la prochaine conférence de Jacques à Sainte-Marie, je tiens absolument à y assister! Bises

  2. marijo.m dit :

    Merci pour ces deux articles très passionnants et merci aussi pour le lien de l’émission sur les Amish. Bon week-end.

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