L’apprentissage de Marlow – Conte de Noël – seconde partie

Le Père Noël le tira de sa rêverie. Il avait revêtu  son grand habit rouge et tenait une belle hotte en osier dans ses mains. Habillé ainsi, d’un simple papy sympathique aux joues rouges, il se transformait en un personnage à la fois majestueux et magique.

 

Il avait revêtu son grand habit rouge

Il avait revêtu son grand habit rouge

 

Il lança un joyeux : « prêts les petits? ». Puis il monta à l’avant de son traineau et s’assit lourdement sur le siège de bois et de cuir patiné par les ans et la rudesse du climat scandinave. Au diapason, Marlow et Juliana se mirent en route, la peur au ventre et la joie au coeur. Le jeune renne partait enfin vers la grande aventure.

Il en rêvait depuis des années de cette grande tournée. Déjà, du temps de sa maman et tandis qu’il était encore tout petit, il restait ébahit et rêveur quand il la voyait si fière de prendre le départ. Il aimait tant voir briller les mille petites paillettes dorées dans ses yeux !

Le voyage fut fantastique. Quelle magie de trotter dans le ciel, parmi les nuages et d’apercevoir en bas les lumières des villes et villages éclairer chaque maison ! La première descente impressionna Marlow qui eut le sentiment que son cœur se soulevait dans sa poitrine. Le traîneau se posa délicatement sur le toit d’une petite maison de pierre dont la cheminée fumait joyeusement. Père Noël enfila sa hotte et chaussa ses lunettes cerclées d’or. Il relut alors rapidement la lettre de la petite fille vivant ici afin de vérifier que les cadeaux prévus correspondaient bien à sa demande. Pendant ce temps, Marlow s’interrogeait. Comment ce grand bonhomme rouge allait-il faire pour entrer dans le conduit de cheminée sans se brûler. Peut-être qu’en réalité, il entrait simplement par la porte ou qu’il enjambait une fenêtre ! Non, rien de tout cela ! Il sortit de sa poche un petit sac en tissu matelassé, y plongea la main et en ressortit une pincée de poudre verte qu’il jeta dans la cheminée. Comme par enchantement, le feu cessa et il se glissa dans le conduit.

 

Coloriage de Lola, ma petite puce

Coloriage de Lola, ma petite puce

 

Il posa doucement les cadeaux de l’enfant et bu la tasse de chocolat au lait qu’elle lui avait laissé près de l’âtre. Marlow n’en croyait pas ses yeux et affichait un air éberlué qui fit rire Juliana :
– T’as vu ça ?!
– Oui, oui !!! C’est impressionnant n’est-ce pas ? Lui répondit-elle en ouvrant ces grands yeux de biche.
– Ben…wouahhh ! C’est géant !

Il y avait là encore un grand mystère dut à la magie de Noël. Maman renne s’était bien gardée de lui conter tout cela et il comprit très vite qu’elle avait voulu préserver entier son émerveillement. Elle aimait tant le voir s’étonner d’un rien, rire de choses qui le surprenait.
Les cheminées qui fumait fébrilement, les milliers de lumières, les sapins brillants dans le noir succédaient les uns aux autres et la tournée s’effectuait tranquillement. Cette année encore, Noël ferait la joie des petits et des grands ! Père Noël, fou de joie et entrainé par la bonne humeur de son équipage poussa un grand cri de satisfaction en levant ses mains au ciel. Il en perdit ses lunettes qui étaient au bout de son nez, prêtes à tomber justement ! Et là ! Catastrophe ! N’y voyant plus rien, il se baissa pour les chercher au fond de son traîneau. Mais il déstabilisa l’engin qui alla s’écraser contre le plus grand sapin de la forêt :
– Wouchhhhhh ! fit le Père Noël.
– Aïeeeee ! fit le sapin.

L’équipage tomba au sol avec fracas en soulevant de grandes gerbes de neige. Dans les bois on n’entendit soudain plus rien. Chaque animal retenait son souffle et les arbres évitaient de faire craquer leur tronc. Marlow se releva avec peine et regarda autour de lui. Il s’approcha de Père Noël qui était étendu sur le sol, inanimé, puis de Juliana qui lui murmura faiblement que sa patte était très douloureuse et qu’elle ne pouvait pas bouger. Bien qu’il lui demanda de l’aide, elle ne trouvait pas la force suffisante pour réfléchir et trouver une solution. Que faire ? Il se sentait soudain seul et sans expérience. Il secoua le grand bonhomme rouge tout doucement d’abord puis avec plus de vigueur. Mais il n’obtint pas de réponse. Père Noël était assommé et ne répondait pas à son appel. Marlow sentit alors monter en lui un profond chagrin et une grande peur. Il fut secoué de sanglots, se mit à gémir, puis laissa enfin exploser ses pleurs qui finirent en un long brame triste et plaintif.

C’est alors qu’un lapin à fourrure blanche pointa le bout de sa truffe hors de son terrier pour voir qui faisait un tel raffut et osait réveiller ses lapereaux. Il s’approcha du jeune renne et le renifla, ce qui fit sursauter Marlow.

 

lapin-blanc
– Tu as l’air d’avoir beaucoup de chagrin jeune renne !
– Oui…snif…
Le lapin regarda longuement les débris éparpillés du traîneau et laissa échapper un sifflement de surprise.
– Whouaaaaah ! Ben dis donc ! Que s’est-il passé ici ? Un ouragan ? Qui es-tu ?
– Je suis Marlow, le renne du Père Noël. Nous venons d’avoir un accident. Il faut que tu m’aides à trouver un médecin pour soigner mes amis…et il faut aussi trouver quelqu’un qui puisse réparer le traîneau parce que les enfants nous attendent ! Nous devons repartir au plus vite !
– Attends ! Attends ! Moi je veux bien t’aider mais je ne peux pas laisser mes lapereaux seuls. Ils vont être inquiets. Réfléchissons un peu…voyons…hum…
Il s’approcha du traîneau, puis tenta de réveiller le Père Noël, mais n’y parvint pas. Juliana releva la tête avec peine et chuchota faiblement qu’elle avait très froid. Des larmes roulaient le long de sa truffe pour se perdre dans son pelage.
– Tes amis ont l’air d’avoir très froid, il faut se dépêcher de les réchauffer. Voici ce que je te propose jeune renne, mes petits et moi nous nous occuperons de tes amis pendant que tu iras chercher du secours.
– Chercher du secours ? Moi ? Tout seul ?
– Oui, toi…tout seul !
– Mais je ne connais pas la forêt, je vais me perdre ou mourir de froid. Et puis où dois-je aller ?
– Tu dois traverser entièrement le bois puis la grande clairière enneigée au bout de laquelle tu apercevras le village de Santa-Claus…
– Le village de Santa-Claus ?!
– Oui, oui, le village de Santa-Claus ! Dans la grande rue, cherche une belle enseigne dorée, tu trouveras les secours dont nous avons besoin.
– D’accord mais…
– File jeune renne et presse-toi car le temps nous est compté…allez ouste !
Marlow s’approcha de son amie pour la rassurer et lui dire qu’il reviendrait très vite, puis il s’ébroua en faisant voler autour de lui la neige accrochée à son pelage et s’élança dans les airs. Pendant ce temps, le beau lapin blanc et ses lapereaux entouraient Juliana et le Père Noël pour les réchauffer de leurs fourrures et de leurs souffles tièdes.
Il galopa longtemps à travers la forêt, rencontrant des résineux, tous plus hauts les uns que les autres, quelques oiseaux cherchant de la nourriture et un énorme ours brun qui avait oublié d’hiberner tant il était affamé. Pendant un instant, enchanté par le spectacle qui s’offrait à ses yeux, il avait oublié sa peur. Mais hélas, il avait aussi oublié les recommandations du lapin blanc et ne trouva pas la clairière enneigée. Il ralentit l’allure tout d’abord, puis il s’arrêta au pied d’un grand sapin, épuisé et les pattes douloureuses. Il espérait se reposer un instant et rencontrer un habitant de la forêt qui lui indiquerait son chemin. Mais il ne vint personne, les lieux étaient silencieux et lugubres. Quant aux arbres, ils étaient si rapprochés les uns des autres qu’aucune étoile n’était visible. L’endroit était si sombre ! Le courage de notre jeune renne s’envola rapidement, le laissant tremblant de peur. Il erra un moment, s’avançant avec prudence dans le bois, mais il se perdit davantage. Aucun bruit, aucune lumière dans ce lieu sinistre ! Il se remit à pleurer en silence, se demandant comment il pouvait retrouver son chemin et sauver ses amis. Il ne voyait aucune solution ! Par sa faute, les enfants n’auraient pas de cadeaux cette année et Père Noël et Juliana mourraient de froid ! Quel désastre ! Il allait en faire des malheureux !

Tout à coup, une lumière très vive traversa les arbres et illumina une partie du bois, une lumière céleste !

 

blue-night-sky

 

Marlow, surpris, fit un bond de côté. Il écarquilla les yeux lorsqu’il crut apercevoir une image très floue dans la lumière, un renne avec des bois magnifiques, de grands yeux affectueux, une truffe humide…sa maman ?! …………………..

 @ suivre

 

Natacha Ramora

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