Le patchwork de la vie ou le jour du patchwork de Whitney Otto

« How To Make an American Quilt » est le titre américain du merveilleux livre de Whitney Otto qui, traduit en français, donne :  « Le jour du patchwork ». A vous toutes quilteuses qui aimez lire, je vous conseille de vous plongez dans ce roman qui, tout en retraçant la vie amoureuse des héroïnes, parle magnifiquement du patchwork. Avec ses mots, l’auteur caresse cet art, lui donne toute sa noblesse, l’encense.

 

Whitney Otto, auteur de "How to make an american quilt"

 

Pour cette oeuvre, Whitney a été nominée en 1991 au « Los Angeles Times Book Prize », prix littéraire accordé chaque année pour cinq catégories par le Los Angeles Times, deuxième plus grand journal métropolitain aux USA. Elle a également fait partie de la liste de bests sellers du New York Times. Mais enfin et surtout, son livre a été adapté au cinéma par la réalisatrice Jocelyn Moorhouse et produit, entre autres, par Steven Spielberg toujours sous le même titre américain « How To Make an American Quilt » (en français « Le patchwork de la vie »).

 

Résumé :

Afin de réfléchir à la proposition de mariage qu’elle vient de recevoir de son petit ami,  Finn Dodd, rend visite à sa grand-mère, Hyacinthe, surnommée Hy et sa grand-tante Glady jo. Elle espère ainsi pouvoir terminer sa thèse. Elle se retrouve désemparée lorsqu’elle se rend compte que le groupe de quilting de ses parentes confectionne, comme le veux la tradition, un plaid de mariage qui lui est destiné. Finn n’est pas sûre de vouloir réellement se marier. Au fil des jours et de l’avancement du plaid, elle va connaitre le destin amoureux de chacune des quilteuses du groupe, ce qui la portera à réfléchir à la signification d’un tel engagement.

Tout d’abord il y a Hy et Glady jo, des soeurs qui sont toujours restées très proches et qui partagent désormais la même maison depuis qu’elles sont veuves. Malgré l’amour fraternel qui les unit, leur relation si forte est entachée par la trahison entrainant chacun des couples dans une situation complexe et douloureuse.

Puis il y a Anna, une afro-américaine descendante des esclaves, qui a été recueillie jeune et enceinte par la famille de Glady Joe et Hy. Elle a fait entrer le patchwork dans la vie des deux femmes et a vieilli avec elles, en étant à leur service. C’est elle désormais qui orchestre le club de quilting et la confection du plaid de mariée. Blessée, cette femme préferera consacrer son amour à sa fille Marianna plutôt qu’à un homme.

Marianna, sa fille, est une femme à la beauté féline qui se dit libre et aura  beaucoup d’amants. Elle garde de chacun d’eux un souvenir attendri et amical. Pourtant, le seul homme pour lequel elle aura le sentiment qu’il est l’âme soeur est un homme marié dont elle ne connaîtra même pas le prénom et qui se refusera à elle par fidélité à sa femme.

Constance, quant à elle, reste assez énigmatique. Jeune femme sans ambition ne souhaitant rien faire de particulier de sa vie, elle rencontre Howell avec qui elle se marie. Durant toutes ces années, elle s’accommodera parfaitement des nombreux déménagements dus au travail de son époux et aux absences de celui-ci pour affaires. Ne souhaitant pas d’enfants, Constance aimera sa solitude qu’elle comblera avec sa petite chienne offerte par son mari. Hélas, son bonheur conjugal s’éteindra à la mort de son mari.

Ensuite, il y a Em, qui est si attendrissante. Jeune, elle était une splendide jeune femme, modèle d’un peintre dont elle est devenue la muse et l’épouse. Mais elle déchante peu à peu le voyant faire fi de la fidélité sous prétexte de création et d’un besoin d’exprimer son art. Enceinte, elle décide de le quitter pour retourner vivre chez ses parents. Il faudra trois mois à son peintre d’époux pour venir la chercher. Toute sa vie Em sera malheureuse de voir les incartades de son mari. Elle découvrira pourtant un jour qu’il l’a beaucoup plus aimée que ce qu’elle ne pense. S’imaginant  que Constance a eu une aventure avec son mari, elle lui en voudra profondément.

Enfin, il y a Sophia Darling, qui est une talentueuse plongeuse et qui trouve sa liberté dans cette activité. Elle espère échapper à sa mère dominatrice et aigrie envers les hommes. Elle rencontre Preston qui est charmé par son esprit libre et ses envies d’évasion. Amoureux, ils se marient rapidement mais Sophia se laisse vite étouffer par son rôle de maman de trois enfants et d’épouse qu’elle prend très au sérieux. Elle n’est plus cette jeune fille libre et son mari tente de lui rappeler ce qu’elle fut, en vain. Il finit par l’abandonner et Sophia, piégée dans une vie qu’elle ne voulait pas, devient autoritaire et aigrie comme sa mère.

Tous ces destins amoureux des femmes du groupe de quiltings et toutes les conversations qu’elle a pu avoir avec chacune d’entre elles permettront à Finn de prendre une décision sur ce qu’elle veut faire de sa vie, sur son engagement réel à l’encontre de Sam, son fiancé.

 

L'oeuvre de Whitney Otto traduite en français "le jour du patchwork"

L’oeuvre de Whitney Otto traduite en français : « le jour du patchwork »

 

Le film réalisé par Jocelyn Moorhouse

Le film réalisé par Jocelyn Moorhouse

 

Dans le livre comme dans le film, le patchwork est la trame de fond. Toutes ces vies de femmes qui s’entrecroisent, qui se lient, sont reconstituées un peu comme les morceaux d’étoffes d’un quilt. Il ne fait nul doute que Whitney Otto aime l’art du patchwork pour en parler aussi bien dans son oeuvre. Voici quelques extraits pour vous faire goûter au plaisir de ses mots si bien choisis :

 Premier extrait :

« Explications n°1

En choisissant vos couleurs, veillez à ce qu’elles aillent bien ensemble. Songez à la rosace des couleurs qu’on vous a montrée à l’école – les couleurs primaires, les phénomènes de lumière et d’ombre; évitez les teintes qui se heurtent – elles diminuent le plaisir que l’on prend à l’ouvrage. Pensez à la musique, en orchestrant les nuances et les formes ; racontez-vous que vous êtes un chef d’orchestre dans une luxueuse salle de concert……………….. Vos aiguilles devront être fines et pointues, afin de ne pas rompre la trame de votre tissu. Prenez de préférence celles qui viennent d’Angleterre. Ayez aussi en abondance du fil de bonne qualité, tant pour coudre ensemble les divers morceaux que pour orner l’ouvrage……………. Vous aurez besoin de tout ce fil pour assembler et maintenir le produit fini à l’intention des générations futures. »

 

Second extrait :

 » Le Crazy Quilt

Les femmes de votre cercle devront fournir toutes sortes de petits bouts de tout et de rien pour cet ouvrage. Elles devront s’asseoir à leur place, autour du large métier en bois, et assujettir leurs morceaux d’étoffe au fond de l’ouvrage et au molleton………….  D’ailleurs, vous pouvez arriver à comprendre d’autres choses concernant les femmes qui tirent l’aiguille rien qu’en les observant attentivement. Quelquefois il est possible de deviner ce qui les préoccupe en notant ce qu’elles évitent de dire ou la façon dont elles disent ce qu’elles ont à dire. Ou encore les places qu’elles choisissent d’occuper pour la soirée. On pourrait croire que ce sont toujours les mêmes mais il n’en est rien. »

 

Pour terminer, voici le lien pour le site de l’auteur si vous souhaitez en connaître davantage sur elle :

 

whitneyotto.com

whitneyotto.com

 

J’espère avoir donné à celles qui ne connaissaient pas le livre ou le film le désir de partir à leur découverte. Pour ma part, si j’ai beaucoup aimé les chapitres de l’ouvrage concernant le patchwork et la finesse de la trame de ce roman, il me semble que la réalisatrice du film a su pleinement donner vie aux personnages, un film dans l’esprit de « Miss Daisy et son chauffeur »…….

@ bientôt

 

Natacha Ramora

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